Une femme agite un drapeau de la Russie devant les bureaux du CIO à Lausanne, en Suisse, mardi.

Le CIO suspend la Russie des Jeux de Pyeongchang

LAUSANNE — Les athlètes russes seront autorisés à monter sur le podium aux Jeux olympiques de PyeongChang, mais sans leur hymne national ni leur drapeau. Le Comité international olympique (CIO) a exclu la Russie et ses leaders sportifs des JO d’hiver en Corée du Sud après que son enquêteur en chef ait conclu que les membres du gouvernement russe avaient mis en place un programme de dopage aux Jeux de Sotchi de 2014 qui «a causé des dommages sans précédent à l’Olympisme et au sport».

Le Comité olympique russe ou tout membre du ministère des Sports ne seront pas les bienvenus à PyeongChang en 2018, puisque selon les conclusions des enquêteurs, ils sont les grands responsables d’un plan de «manipulation et de tricherie» pour assurer le succès des athlètes russes aux Jeux olympiques présentés chez eux.

La sanction du CIO permettra tout de même à de nombreux Russes de concourir sous le nom d’«Athlète olympique de Russie» ou OAR. Ils devront toutefois se soumettre à des contrôles de dépistage pour prouver qu’ils sont propres et n’ont pas bénéficié du programme de Sotchi. S’ils gagnent, le drapeau olympique sera levé et l’hymne olympique joué pour honorer leur victoire. À condition que le président russe Vladimir Poutine leur permette d’aller aux Jeux du 9 au 25 février. Il a déjà déclaré qu’il serait humiliant pour la Russie de concourir sans ses symboles nationaux.

«Un boycottage olympique n’a jamais rien eu de positif, a déclaré le président du CIO, Thomas Bach, lors d’une conférence de presse. Je ne vois aucune raison pour un boycottage des athlètes russes parce que nous permettons aux athlètes propres d’y participer.»

Préserver le nom «Russie»

Alexander Zhukov, le président du Comité olympique russe qui a également été suspendu comme membre du CIO, a déclaré aux journalistes de la télévision à Lausanne que l’un des éléments clés était de préserver le nom «Russie» dans le nom de l’équipe. «Ils seront désignés athlètes russes et... c’est très important», a déclaré Zhukov.

S’il s’agit d’une victoire d’avoir le mot «Russie» dans le nom de l’équipe et d’inviter des athlètes russes à concourir, elle a un coût. Le CIO a également suspendu le Comité olympique russe au moins jusqu’à la cérémonie de clôture des Jeux de PyeongChang.

Dans l’embarras pour l’organisation de la Coupe du monde 2018 en Russie, le CIO a également banni à vie des Jeux olympiques le vice-premier ministre russe Vitali Moutko, qui dirige le comité organisateur de la prochaine Coupe du monde de soccer. En tant que ministre des Sports en 2014, il a été largement impliqué dans le scandale de dopage de Sotchi, selon deux commissions du CIO et une enquête de l’Agence mondiale antidopage (AMA). «La commission exécutive du CIO a très clairement établi la responsabilité de M. Moutko», a déclaré Bach.

Au palais du Kremlin, le 1er décembre, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec Moutko que la décision du CIO n’aurait aucune incidence sur la Coupe du monde. Le même message a été répété, mardi, par la FIFA dans un communiqué.

Le CIO a également imposé une amende de 19 millions $CAN au Comité olympique russe pour couvrir les frais encourus par le CIO pour mener ses enquêtes et contribuera à la mise sur pied de l’Autorité de contrôle indépendante (ACI). Ces sanctions pourraient maintenant être contestées devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

«Un boycottage olympique n’a jamais rien eu de positif, a déclaré le président du CIO, Thomas Bach, lors d’une conférence de presse. Je ne vois aucune raison pour un boycottage des athlètes russes parce que nous permettons aux athlètes propres d’y participer.»

Une première

C’est la première fois dans l’histoire de l’olympisme que le comité d’un pays est exclu dans son ensemble pour une édition des Jeux. Pour les Jeux de Rio en 2016, le CIO avait laissé le choix aux différentes fédérations d’exclure ou non les athlètes russes et seule la Fédération internationale d’athlétisme avait pris cette décision radicale.

En date de lundi, 25 athlètes russes ont été disqualifiés des Jeux de Sotchi et exclus à vie des Jeux olympiques. Onze médaillés ont perdu leur breloque. 

Le pays a nié à plusieurs reprises l’existence d’un programme de dopage parrainé par l’État. Elle blâme plutôt Grigory Rodchenkov, l’ancien directeur des laboratoires antidopage de Moscou et Sotchi, et demande l’extradition du scientifique des États-Unis, où il est un témoin protégé.

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«INJUSTE ET IMMORAL»

Désormais président de la Fédération russe de bobsleigh, Alexandre Zubkov était le porte-drapeau de la Russie lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi en 2014.

MOSCOU — «Punir des innocents est injuste et immoral», a déclaré mardi devant les membres de la Commission exécutive du Comité international olympique (CIO) le chef du Comité olympique russe, Alexandre Joukov.

«Chacun doit répondre de ses péchés. Punir des innocents est injuste et immoral», a-t-il déclaré alors que la Russie défendait le droit de ses athlètes à participer aux Jeux olympiques de PyeongChang en 2018.

«En tant que président, je présente mes excuses pour les violations des règles antidopage commises dans notre pays au cours des années précédentes», a-t-il ajouté devant le CIO, selon un communiqué publié par le Comité olympique russe.

S’exprimant devant les caméras de télévision russes, M. Joukov a déclaré après l’annonce de cette décision que les athlètes russes se décideraient le 12 décembre sur leur participation ou non sous drapeau neutre.

«Nous nous attendons à ce que ça soit discuté avec les athlètes lors de la prochaine réunion du Comité olympique russe» prévue le 12 décembre, en compagnie des sportifs, des entraîneurs et des dirigeants des fédérations sportives concernées, a-t-il déclaré au micro de la chaîne Pervy Kanal.

D’autres réactions, chez les autorités politiques comme chez certains responsables sportifs russes, étaient bien plus indignées, à commencer par celle du vice-président de la Douma (chambre des députés) Piotr Tolstoï. «C’est toute la Russie qu’on humilie en la privant de drapeau et d’hymne!» a-t-il déclaré à Pervy Kanal.

«En tant que président de la Fédération russe de freestyle, je suis pour que nous participions sous drapeau olympique [...], mais en tant que citoyen russe, j’estime que ce serait humiliant pour notre pays», a estimé Alexeï Kurashov, cité par l’agence R-Sport.

«C’est maintenant à chaque athlète de prendre la décision de participer ou pas aux Olympiques en Corée du Sud», a déclaré le président de la Fédération russe de bobsleigh Alexandre Zubkov, cité par l’agence Interfax.

«Comme ils ont peur de nous!» a commenté sur Twitter la légende soviétique du patinage artistique Irina Rodnina, trois fois championne olympique et aujourd’hui député du parti pro-Kremlin Russie unie.

Le vice-président du Comité des sports de la Douma, Valeri Gazzaev, cité par R-Sports a rejeté l’idée de participer sous les couleurs olympiques aux Jeux de PyeongChang : «Nous ne pouvons pas participer sous drapeau neutre. Chacun d’entre nous doit comprendre que c’est une humiliation».

Amateurs déçus

De leur côté, les amateurs de sport russes étaient déçus mardi après avoir pris connaissance de la décision du CIO.

«Il y a eu du dopage. Tout le monde le fait et il y en a toujours eu, c’est clair. Mais la question est de savoir si c’était un système de dopage organisé par l’État. Et à mes yeux, ce n’est pas prouvé», fait valoir Nikolaï, un retraité de 67 ans assis au Dark Patrick’s Pub, un bar du centre-ville de Moscou diffusant de nombreuses rencontres sportives.

Alors que seuls certains athlètes russes «propres» seront autorisés à participer aux Jeux olympiques prévus du 9 au 25 février 2018, sous drapeau olympique et selon de strictes conditions, Nikolaï estime qu’«il n’y aura qu’un petit nombre d’athlètes qui accepteront de concourir sous drapeau neutre».

«S’ils le font, alors ils ne doivent pas utiliser l’argent de l’État, ils doivent trouver un commanditaire. C’est comme ça que je vois les choses», précise encore le retraité, qui voit un autre problème dans la décision du CIO. «Comment joue une équipe de hockey sous drapeau neutre? Qu’est-ce qui sera écrit sur leur maillot?»

Dans le même bar du centre de la capitale russe, Aliona Formichova, qui travaille dans une entreprise de construction, estime pour sa part que la décision du CIO est «mauvaise». «Je ne sais pas si je vais regarder les Jeux maintenant. Il y a moins d’intérêt», ajoute la jeune femme de 30 ans. AFP

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VITALI MOUTKO DANS LA TOURMENTE

Le nom du vice-premier ministre russe Vitali Moutko apparaît notamment dans le rapport de l’Agence mondiale antidopage rédigé par Richard McLaren, qui met en évidence un dopage supervisé par les autorités lors des JO 2014 de Sotchi et aux Mondiaux d’athlétisme de Moscou en 2013.

MOSCOU — Un visage souriant devant les plus graves accusations de dopage organisé, un accent inimitable en anglais et une fidélité sans faille à Vladimir Poutine : Vitali Moutko, son vice-premier ministre, le Monsieur Sport de la Russie, est désormais dans la tourmente.

Au cœur du scandale de dopage qui ébranle la Russie depuis près de trois ans, Vitali Moutko vient d’être banni à vie des JO, une première dans l’histoire olympique pour un dirigeant de cette importance. Cette décision, à trois jours de son 59anniversaire, est un nouveau camouflet pour un homme qui a pourtant conservé le soutien sans faille de Vladimir Poutine.

Car le nom de Vitali Moutko est associé depuis plus de deux ans au vaste scandale de dopage qui vise le sport russe. Moutko apparaît notamment dans le rapport de l’Agence mondiale antidopage (AMA) rédigé par le juriste canadien Richard McLaren, qui met en évidence un dopage supervisé par les autorités lors des JO 2014 de Sotchi et aux Mondiaux d’athlétisme de Moscou en 2013.

Si son implication directe n’est pas établie dans ces deux événements, celui qui était depuis 2008 ministre des Sports est en revanche clairement mis en cause pour 11 cas de dopage dissimulés par les autorités russes entre 2012 et 2015 concernant des joueurs de soccer. Ces derniers ont bénéficié de l’attention particulière de Vitali Moutko, qui préside également la Fédération russe de soccer et chapeaute l’organisation de la Coupe du monde 2018 en Russie.

«Les échanges de courriers électroniques auxquels a eu accès la commission d’enquête montrent que la décision finale de falsifier les résultats provenait de VL», explique le rapport, «VL» désignant les initiales du prénom et du patronyme, Leontievitch, de Vitali Moutko.

Vitali Moutko avait ensuite été déclaré «non admissible» à un renouvellement de son siège au Conseil de la FIFA, poste qu’il occupait pourtant depuis 2009, la FIFA voyant des «risques d’interférence possible» avec son nouveau poste de vice-premier ministre russe.

Laboratoire antidopage

Malgré des appels internationaux à sa démission et la promesse russe de suspendre tous les responsables mis en cause dans le rapport, Vitali Moutko était non seulement resté en place, dénonçant des accusations «impossibles et irréelles», mais avait été promu en octobre vice-premier ministre chargé des Sports.

Sa conseillère antidopage et son vice-ministre des Sports, Iouri Nagornykh, présenté comme «l’homme de liaison» du ministère qui indiquait au laboratoire antidopage de Moscou quels échantillons d’athlètes dopés il fallait conserver ou supprimer, avaient en revanche été suspendus après ces révélations.

Des scandales, Vitali Moutko en a déjà traversé beaucoup. Mais pour ses anciens collègues, l’homme se distingue par sa capacité à en sortir indemne.

«Dans le monde du sport, il y a toujours énormément de conflits d’intérêt ou de situations conflictuelles. Il a toujours pu les résoudre et mettre les gens d’accord», se souvient Andreï Malossolov, qui dirigea le service de presse de la fédération de football et travailla avec Vitali Moutko de 2005 à 2010.

Depuis, Moutko a eu aussi à affronter des scandales en Russie, notamment pour son rôle dans les Olympiques de Sotchi en 2014, les plus chers de l’histoire. Il fut l’un des dirigeants chargés de superviser les travaux qui atteignirent la somme pharaonique de 51 milliards $ sur fond d’accusations de corruption.

Notes de frais

Il a aussi été accusé de plus petites transgressions, comme ces notes de frais accumulées lors des Olympiques de Vancouver de 2010, au cours desquels il occupa pendant 20 jours une suite à 1000 euros (1900 $CAN) et engloutit pas moins de 97 petits-déjeuners.

Mais Moutko bénéficie d’un atout clé : le soutien de Vladimir Poutine, avec lequel il cultive une longue amitié. Comme pour nombre de figures du gouvernement russe, les liens de Moutko avec Poutine remontent au début des années 90, quand les deux hommes travaillaient dans l’administration de Saint-Pétersbourg sous les ordres du maire de l’époque, Anatoli Sobtchak.  AFP

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RODCHENKO SALUE LA DÉCISION DU CIO, MAIS CRAINT TOUJOURS POUR SA VIE

LOS ANGELES — Grigory Rodchenkov, l’ancien patron du laboratoire antidopage de Moscou devenu lanceur d’alerte à l’origine des révélations sur le programme de dopage russe institutionnalisé lors des Jeux de Sotchi 2014, a salué mardi la décision du CIO de suspendre la Russie des prochains JO d’hiver.

Son avocat, Jim Walden, a déclaré à des journalistes que l’ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou, exilé aux États-Unis, était «fier du travail effectué par le CIO», le Comité international olympique.

«La décision d’aujourd’hui est un message fort qui montre que le CIO a rejoint la communauté internationale pour affirmer que les tricheries de la Russie doivent être sévèrement sanctionnées», a-t-il ajouté.

«Il s’agissait du système de dopage le plus sophistiqué et élaboré de l’histoire du sport. Si cela n’avait pas entraîné la sanction la plus importante, la Russie et d’autres pays qui ne respectent pas les règles auraient été encouragés». Grigory Rodchenkov avait révélé dans le New York Times en 2016 que les Olympiques d’hiver de Sotchi 2014 avaient été l’objet d’une triche à grande échelle.

Bien que vivant aux États-Unis, il craint cependant que sa famille et ses amis soient victimes de représailles, a ajouté son avocat, qui a précisé que M. Rodchenkov alternait entre «bons et mauvais jours» en raison de ses contacts limités avec le monde extérieur.

Deux anciens collègues de l’ancien patron du laboratoire antidopage de Moscou sont morts soudainement en février 2016, quelques mois après la publication d’un rapport de l’Agence mondiale antidopage (AMA) aux conclusions accablantes pour la Russie.

M.Rodchenkov est résigné à vivre dans la peur pour le reste de sa vie, a également déclaré son avocat. «J’espère que la situation va s’améliorer, mais le Kremlin a déjà prouvé qu’il était un adversaire difficile et déterminé pour Grigory», a-t-il détaillé.

Jim Walden a enfin assuré que M. Rodchenkov ne gardait aucune rancune contre la Russie ou les athlètes russes «propres» et qu’il souhaitait simplement voir le monde du sport adopter des réformes antidopages efficaces. «Il sait que les Russes ne sont pas les seuls et qu’il existe d’autres systèmes de dopage institutionnalisé. Il espère seulement que ceci est une première étape».  AFP

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LE PREMIER PAYS SANCTIONNÉ POUR DOPAGE

La Russie, suspendue mardi par le CIO, est le premier pays dans l’histoire de l’olympisme à être sanctionné pour avoir organisé un dopage institutionnalisé, alors que l’instance olympique a déjà par le passé exclu des pays pour des raisons politiques.

1920, 1924, 1948

Les deux Guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945) ont eu pour conséquence l’absence des pays vaincus aux éditions des Jeux olympiques suivants. Ainsi, à Anvers en 1920, les pays vaincus et leurs alliés ne sont pas invités. Sont concernés l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Turquie et la Bulgarie. Quatre ans plus tard pour les JO 1924 à Paris, l’Allemagne est toujours bannie, alors que les quatre autres pays sont autorisés à participer. En 1948, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne et le Japon ne sont pas autorisés à participer aux Jeux d’été à Londres et aux Jeux d’hiver à Saint-Moritz.

1964 

En conséquence de la politique d’apartheid en vigueur, l’Afrique du Sud est interdite de participation aux Olympiques de 1964 à Tokyo, par le CIO. Cette suspension ne sera levée qu’en 1992, pour l’édition barcelonaise des Jeux d’été.

1972 

Quatre jours avant la cérémonie d’ouverture des Jeux à Munich, le CIO suspend la Rhodésie, rebaptisée Zimbabwe en 1980, après la déclaration d’indépendance. En cause, la menace de boycottage de plusieurs pays africains, qui ne reconnaissent pas le pays.

1992 

En conséquence de la guerre dans les Balkans et des sanctions décidées par l’ONU, la Yougoslavie n’est pas autorisée à disputer les Jeux de Barcelone. Les athlètes yougoslaves ont la possibilité de concourir en tant que participants olympiques indépendants, et remportent une médaille d’argent et deux médailles de bronze, toutes au tir (pistolet et carabine).

2014 

Le comité olympique indien a été suspendu par le CIO le 5 décembre 2012, en raison de différentes ingérences gouvernementales dans les affaires sportives et des problèmes de gouvernance sur fond de corruption. Conséquence : les trois Indiens en lice aux Jeux d’hiver de Sotchi, Nadeem Iqbal (ski de fond), Shiva Keshavan (luge) et Himanshu Thakur (ski alpin) défilent sous le drapeau olympique lors de la cérémonie d’ouverture le 7 février, comme athlètes indépendants. Le 11 février, l’Inde est réintégrée et les sportifs peuvent concourir sous leurs couleurs. Cinq jours plus tard, une cérémonie est organisée au village olympique pour hisser le drapeau.

2018 

Pour la première dans l’histoire de l’olympisme, un pays est suspendu et interdit de Jeux olympiques pour des questions de dopage. Le CIO a suspendu la Russie pour les JO 2018 de PyeongChang, en réponse au système de dopage institutionnalisé dans ce pays, révélé par plusieurs rapports. Les athlètes russes «propres» pourront disputer les Jeux de PyeongChang en Corée du Sud sous le nom «Athlète olympique de Russie», placés sous le drapeau olympique et l’hymne olympique sera joué pour eux.  AFP