Le Namibien Frankie Fredericks est dans le collimateur de la justice française depuis la découverte d’un virement suspect de 299 300 $ reçu le 2 octobre 2009.

Le CIO suspend Fredericks

LAUSANNE — Le Comité international olympique (CIO) a prononcé mardi la suspension de son membre namibien Frankie Fredericks, mis en examen pour corruption passive et blanchiment de corruption par la justice française, jeudi dernier, dans le cadre d’une enquête sur l’attribution des JO de Rio-2016.

Considérant «l’impact sur la réputation du CIO», la commission exécutive du CIO a décidé de suivre la recommandation de sa commission d’éthique et de suspendre M. Frank Fredericks de tous ses droits de membre du CIO, a indiqué l’instance.

Fredericks, âgé de 50 ans, ancien champion du monde du 200 m et vice-champion olympique du 100 et du 200 m, est membre du CIO depuis 2012.

Le Namibien est dans le collimateur de la justice française depuis la découverte d’un virement suspect de 299 300 $ reçu le 2 octobre 2009.

Jeux de Rio

Ce jour-là, Rio avait obtenu l’organisation des JO-2016 lors d’une session du Comité international olympique (CIO) à Copenhague. Problème : Fredericks était scrutateur du vote pour le CIO, dont il est devenu membre en 2012.

Il est désormais poursuivi dans cette information judiciaire, ouverte en décembre 2015 sur des soupçons d’achats de voix au sein du CIO pour attribuer les Jeux de 2020 à Tokyo et qui a été étendue en juillet dernier à ceux de Rio.

La compétence de la justice française, qui s’est saisie de cette affaire dans le sillage d’une autre enquête, portant sur un pacte de corruption entre le sommet de l’IAAF (fédération internationale d’athlétisme) et la Russie, s’explique notamment par le fait que des fonds ont pu être blanchis à Paris.

Point commun de tous ces dossiers, Papa Massata Diack, ou «PMD», puissant consultant marketing de l’IAAF, que son père Lamine Diack a présidée de 1999 à 2015.

En mars, le journal Le Monde a révélé l’existence de ce virement d’une société de Papa Massata Diack vers une structure liée à Frankie Fredericks en date du 2 octobre 2009. Ce jour-là, Rio obtenait l’organisation des JO-2016 lors d’une session du CIO à Copenhague, au Danemark.

À la suite de cette révélation, l’ancien champion, seul médaillé olympique de la Namibie, avait justifié cet argent par des activités de promotion pour l’athlétisme. Il avait néanmoins été contraint de démissionner de son poste, au sein du CIO, de président de la commission d’évaluation des JO de 2024, qui ont depuis été attribués à Paris. Il a aussi été suspendu de ses fonctions au sein du Conseil de l’IAAF.

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LA KÉNYANE JEMIMA SUMGONG SUSPENDUE QUATRE ANS

Jemima Sumgong avait remporté la médaille d'or en 2016 à Rio.

NAIROBI — La Kényane Jemima Sumgong, première championne olympique de marathon de l’histoire de son pays en 2016 à Rio, a été condamnée à quatre ans de suspension pour un contrôle positif à l’EPO, a annoncé mardi la Fédération kényane d’athlétisme (AK).

«Sumgong sera suspendue pour quatre ans à compter du 3 avril 2017, date à laquelle elle avait été provisoirement suspendue», a indiqué AK dans un communiqué. Sumgong, 32 ans, avait été contrôlée positive à l’EPO lors d’un test pratiqué hors-compétition.

Sumgong avait déjà connu les affres d’une suspension de deux ans pour dopage — ramenée à un an en appel — en 2012, cette fois pour prise de Prednisolone, un stéroïde interdit. Elle avait alors affirmé qu’il provenait d’une injection destinée à soigner un problème de hanche.

L’athlète, une des meilleures marathoniennes au monde, est une ancienne partenaire d’entraînement de la Kényane Rita Jeptoo, ex-reine de la discipline, elle-même tombée pour dopage en 2014.

À Rio, Sumgong avait notamment devancé la championne du monde en titre, l’Éthiopienne Mare Dibaba (3e), pour devenir la première Kényane à remporter l’or olympique sur la distance.

Sumgong faisait partie des athlètes qui s’étaient réjouis du suivi médical mis en place au début de l’année au Kenya, une mesure destinée à lutter contre le dopage dans un pays frappé de plein fouet par ce fléau. Elle avait ainsi accepté d’être suivie par plusieurs médecins désignés par AK et la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF).