Dylan Strome célèbre son but contre la Suède en torisième période.

Le Canada en finale

Le sol canadien semble sourire à Équipe Canada junior.
Deux ans après avoir remporté la médaille d'or à Toronto, la formation canadienne a obtenu son billet pour la finale contre les États-Unis en battant la Suède 5-2 en demi-finale du Championnat mondial junior, mercredi, au Centre Bell.
Le Québécois Julien Gauthier a inscrit le but qui a fait la différence en deuxième période et Carter Hart a connu une excellente soirée de travail en repoussant les 28 tirs dirigés vers lui, après être venu en relève à Connor Ingram au premier tiers. Gauthier a ensuite terminé le travail en marquant dans un filet désert.
«On savait que nous avions une bonne équipe, a déclaré Gauthier lorsqu'on lui a demandé si le rôle de négligés de l'équipe lui avait servi de motivation. Ça ne nous dérangeait pas vraiment, on a travaillé fort et ç'a payé.»
Mitchell Stephens, Anthony Cirelli et le capitaine Dylan Strome ont aussi trompé la vigilance de Felix Sandstrom, qui a fait face à un barrage de 43 lancers.
Joel Eriksson Ek et Carl Grundstrom ont profité des largesses d'Ingram pour inscrire les Suédois à la marque.
Le Canada a connu un fort début de match et a offert une opposition physique à laquelle la Suède n'avait pas eu droit au cours de la ronde préliminaire. Taylor Raddysh et Mathew Barzal ont obtenu des occasions en or de donner l'avance au pays hôte dans les cinq premières minutes de jeu, mais Sandstrom s'est dressé devant sa cage.
Ce fut tout le contraire pour Ingram, qui a connu une sortie désastreuse. Il a donné deux buts faibles sur les trois premiers tirs dirigés vers lui et a été retiré du match au profit de Hart alors que la marque était 2-1, avec un peu plus de huit minutes d'écoulées à la rencontre.
«Carter a été excellent, a concédé Ducharme. On avait dit que nous avions besoin de tout le monde pour gagner et il devait être prêt. Il l'était et il a connu un excellent match.»
Cette décision a semblé redonner un peu de confiance aux Canadiens, qui ont écoulé un avantage numérique avant de niveler les chances en fin de période grâce au tir précis de Cirelli, semant l'hystérie dans les gradins assez fournis du Centre Bell.
Le Canada a dicté le ton en deuxième période, dominant 17-11 au chapitre des tirs, et Gauthier a procuré aux siens leur première avance de la rencontre en poussant au fond du filet une rondelle qui se promenait dangereusement près de la ligne rouge à 12:02.
Les deux cerbères ont sorti leur épingle du jeu au cours du deuxième vingt.
Sandstrom a été le plus spectaculaire en volant Tyson Jost à deux occasions à l'embouchure du filet. Ces arrêts ont été si impressionnants que la reprise à l'écran géant a suscité autant de réactions de la foule qu'à la première occasion. À l'autre bout, Carter Hart et Dante Fabbro y sont allés d'un effort conjoint pour stopper au tout dernier moment une rondelle qui glissait lentement vers la ligne rouge.
La troupe de Dominique Ducharme a poursuivi sur sa lancée en muselant les Suédois, qui étaient invaincus dans le tournoi. La Suède a dû patienter 8:45 avant de décocher un premier tir sur Hart et le Canada a ajouté deux buts à son avance pour mettre le match hors de portée.
«Ç'a été un dur match, une dure défaite, a admis l'entraîneur-chef de la Suède, Tomas Monten. Nous avons connu un bon départ, mais nous n'avions pas la profondeur pour rivaliser avec le Canada au chapitre de la vitesse plus le match avançait. En lançant seulement cinq fois en troisième, c'est difficile de gagner.»
La finale sera présentée jeudi à 20h00, au Centre Bell.
Un «clone» d'Oshie élimine les Russes
Troy Terry a marqué pas moins de trois fois en tirs de barrage pour mener les États-Unis à la victoire contre la Russie en demi-finale du Mondial junior, mercredi à Montréal.
Troy Terry ne pensait probablement pas être comparé à T.J. Oshie au terme du match de demi-finale du Championnat mondial junior face à la Russie. Il a pourtant tout fait pour mériter ces comparaisons.
L'espoir des Ducks d'Anaheim a marqué trois fois en tirs de barrage pour permettre aux États-Unis d'accéder à la finale grâce à un gain de 4-3 contre leurs éternels rivaux. Si Terry a obtenu la chance de briller plus souvent qu'à son tour, mercredi, Oshie avait pour sa part inscrit quatre buts en tirs de barrage contre la Russie en ronde préliminaire lors du tournoi olympique de Sotchi.
«Je ne sais pas si on peut m'inclure dans la même ligue que lui», a lancé Terry en riant. «Mais c'est certainement un honneur que mon nom soit mentionné dans la même phrase. Je cherche encore mes mots, je tremble encore.»
Cela aura pris sept tentatives de chaque côté pour trancher le débat en fusillade. Terry a eu le numéro du gardien Ilya Samsonov, le battant entre les jambières à chaque occasion. Il a affirmé avoir tout vécu la séance au ralenti et avoir ressenti quelques palpitations à sa deuxième tentative, alors qu'il devait absolument marquer pour garder les Américains en vie.
«Si Oshie n'avait pas fait ça et qu'un entraîneur n'avait pas ouvert la voie à ce genre de décision, je ne l'aurais peut-être pas fait», a déclaré l'entraîneur américain Bob Motzko. «Les chances ne sont pas en votre faveur. La chose avec Troy Terry, c'est qu'il a de la glace dans les veines et son pouls ne change jamais. Je savais qu'il allait continuer.»
Deux gardiens sublimes
Les Américains ont ainsi empêché les Russes de participer à la finale pour la troisième année de suite et ont par le fait même accédé au match ultime pour la première fois depuis 2013, alors qu'ils avaient remporté l'or. La troupe de Valeri Bragin s'en voudra certainement puisqu'elle a échappé deux avances d'un but au cours de ce duel serré.
Kirill Kaprizov et Denis Guryanov ont donné les devants aux Russes à deux occasions lors des 40 premières minutes de jeu, mais chaque fois, les Américains ont riposté par l'entremise de Colin White et de Luke Kunin. Puis White a lancé les Américains en avant quand son tir a dévié sur le défenseur Mikhail Sergachev. Guryanov a toutefois créé l'égalité à 6:04 de la troisième période.
Les deux gardiens, Tyler Parsons et Samsonov, ont été sublimes tout au long de la rencontre, l'un réalisant 33 arrêts et l'autre 41.