Marie-Ève Dicaire aura la chance d’ajouter un premier titre mondial en boxe aux cinq qu’elle a remportés en karaté.

Le cadeau de Marie-Ève Dicaire

Marie-Ève Dicaire (13-0) s’est battue plus d’une fois dans sa vie, a presque toujours remporté ses combats et a déjà été championne mondiale en karaté. Pour la boxeuse de 32 ans, son premier combat de championnat du monde depuis qu’elle pratique le noble art représente cependant un véritable cadeau.

L’athlète de Terrebonne se mesurera samedi, au Centre Vidéotron à Québec, à la championne du monde des super-mi-moyens, l’Urugayenne Chris Namús (24-4, 8 K.-O.), qui a accepté de défendre son titre sur le territoire de l’aspirante numéro un. «J’essaie d’entrevoir ce combat-là comme un cadeau», a expliqué Marie-Ève après son entraînement public, lundi.

Car ce titre mondial, elle l’espère depuis qu’elle a délaissé le karaté, un sport où elle a excellé à l’adolescence et au début de l’âge adulte, pour enfiler des gants de boxe. «J’ai été championne du monde de karaté à cinq reprises et je rêvais des Jeux olympiques. Cependant, à l’époque, le karaté n’était pas un sport olympique», rappelle-t-elle, heureuse cependant de voir ce sport s’ajouter à la carte des Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

«Je suis tellement contente pour tous les jeunes qui pratiquent le karaté aujourd’hui et qui pourront poursuivre leur rêve plus loin.»

Le choix

À l’époque, elle avait cependant deux choix pour se propulser au plus haut niveau des sports de combat. «C’était le taekwon-do ou la boxe, et j’ai choisi la boxe», raconte celle qui a aussi pratiqué le kickboxing.

Après une brillante carrière amateur, elle est passée chez les pros en 2015 et a remporté tous ses combats depuis. Devenue championne de la NABF en février en battant l’Uruguayenne Marisa Gabriela Núñez, elle a défendu deux fois son titre avec succès. 

Encore aujourd’hui, Marie-Ève ne regrette pas ses années dans les compétitions d’arts martiaux et considère que l’expérience acquise peut lui servir sur le ring. «Je suis habituée aux grosses scènes médiatiques, aux combats importants. J’ai appris à garder le cap.»

En Chris Namús, Marie-Ève sait qu’elle rencontrera une adversaire de taille. «C’est une vraie bagarreuse, c’est une fille qui boxe pour sa vie et je sais qu’elle ne voudra pas que je parte avec la ceinture. Cependant, je n’ai pas dit mon dernier mot!»

Une première au Québec

Notant qu’il s’agira du premier combat de championnat du monde féminin à avoir lieu dans la Belle Province, Marie-Ève n’a pas manqué d’en souligner le caractère particulier. «C’est important pour la boxe féminine, j’essaie depuis toujours de faire tomber les stéréotypes et on voit enfin que l’intérêt commence à augmenter pour la boxe chez les femmes.»

Un intérêt qu’elle attribue en grande partie à la popularité de Rhonda Rousey, championne des poids coq de l’Ultimate Fighting Championship (UFC) de 2012 à 2015. «Je crois que sa présence a permis d’ouvrir les yeux de tout le monde sur la place des femmes dans les sports de combat», analyse-t-elle, ajoutant que l’inclusion de la boxe féminine aux Olympiques depuis 2012 a aussi joué un rôle.

Marie-Ève confie aussi qu’elle a le privilège de pouvoir vivre de son sport grâce à ses commanditaires. «En fait, je crois que je suis l’une des seules, sinon la seule boxeuse au Québec à vivre de la boxe. J’ai aussi la chance d’avoir toujours eu des bourses équivalentes à celles des hommes.»

Ainsi, il y a quelques années, elle a décidé de passer le flambeau dans l’école de karaté qui constituait alors son gagne-pain. «C’est le jour et la nuit pour moi depuis que je peux me consacrer entièrement à la boxe.»