S'il veut garder son sourire, Neymar (à droite) devra trouver le moyen, avec ses coéquipiers brésiliens, de mettre fin vendredi à la série d'insuccès de la Seleçao contre les pays européens en ronde éliminatoire.

Le Brésil a une barrière à abattre

KAZAN — Pour atteindre les demi-finales de la Coupe du monde de soccer, le Brésil devra réaliser un exploit qu’il n’a pas accompli depuis son dernier triomphe, en 2002 : venir à bout d’une formation européenne en matchs de la phase éliminatoire.

Depuis sa victoire de 2-0 contre l’Allemagne en finale du tournoi de 2002, le Brésil, qui a rendez-vous avec la Belgique vendredi (14h) en quarts de finale, a été éliminé par une équipe de l’Europe lors de ses trois participations suivantes. En 2006 et en 2010, les Brésiliens ont perdu en quarts de finale contre la France et les Pays-Bas. En 2014, ils ont subi un humiliant revers de 7-1 contre l’Allemagne en demi-finale devant leurs partisans.

Par ailleurs, la Belgique affiche un dossier peu reluisant contre les équipes sud-américaines à la Coupe du monde. Non seulement les Belges n’ont jamais gagné contre une formation sud-américaine lors de la phase éliminatoire, ils sont encore à la recherche d’un premier but à ce stade particulier du tournoi. En 2014, l’Argentine les a blanchis 2-0 lors des quarts de finale.

Le noyau de cette équipe demeure en place en Russie, où la Belgique a gagné ses quatre premiers matchs, incluant un grâce à une spectaculaire remontée en deuxième demie de son duel de huitième de finale contre le Japon.

Preuve de caractère

Tout le monde reconnaît tout le talent au sein de la formation belge, à commencer par le gardien Thibaut Courtois jusqu’aux attaquants Eden Hazard et Romelu Lukaku, en passant par le milieu de terrain Kevin De Bruyne.

La question principale après les décevantes défaites de 2014 à la Coupe du monde et de 2016 au Championnat d’Europe tournait autour de la force de caractère de l’équipe. En battant le Japon 3-2, la Belgique est devenue la première équipe à combler un déficit de deux buts pour l’emporter depuis l’Allemagne de l’Ouest contre l’Angleterre en 1970.

Elle est aussi devenue la première formation à réaliser pareil exploit en temps réglementaire depuis le Portugal, qui avait effacé un recul de trois buts contre la Corée du Nord en 1966.

Cette victoire laisse dorénavant croire au camp belge qu’il peut réagir à l’adversité et atteindre les demi-finales de la Coupe du monde pour la première fois depuis 1986. «C’est peut-être le genre de match dont nous avions besoin pour l’avenir», a estimé Hazard, le capitaine des Belges.

Contrairement au duel contre le Japon, la Belgique fait figure de négligée et devrait donc jouer avec une certaine liberté, estime l’entraîneur Roberto Martinez. «D’affronter le Brésil en quart de finale, c’est le genre de match auquel vous rêvez lorsque vous êtes enfant. De notre point de vue, nous pouvons le savourer dès la première seconde.»

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LA COUPE DU MONDE EN BREF

L’audience anglaise explose

En s'imposant pour la première fois aux tirs au but lors d'un Mondial, l'Angleterre a brisé mardi sa malédiction et a fait exploser les compteurs d'audience. Selon la chaîne anglaise ITV, 23,6 millions de personnes ont allumé leur téléviseur pour vivre les cinq minutes de cette séance historique. Il faut remonter six ans en arrière pour voir mieux. La cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Londres avait à l'époque réuni 26,3 millions de téléspectateurs sur la BBC. Quant à l'audience moyenne du match de mardi (20,1 millions), elle n'a pas atteint le record pour une rencontre établi lors de la demi-finale du Mondial 1990 face à l'Allemagne (26,2 millions), que les Trois Lions avaient perdue... aux tirs au but.  AFP

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Le chiffre du jour : 7 

Nombre de quarts de finale de la France au Mondial. Il s’agit de son quatrième lors des six dernières Coupes du monde, soit depuis 1998, alors que le onze français était mené par Didier Deschamps, Patrick Vieira, Zinédine Zidane et Thierry Henry. La France affrontera l’Uruguay vendredi (10h).  AFP

Bébé Mondial

«Je viens de vivre les 24 heures les plus incroyables.» Le milieu anglais Fabian Delph exulte à propos de la victoire de l’Angleterre? Pas du tout. Pendant que ses coéquipiers bataillaient contre la Colombie, lui était rentré au pays pour assister à la naissance de son troisième enfant, une fille. Mais lui l’assure : il a «frappé chaque ballon et ressenti chaque bribe d’émotion» avec ses «frères» sur le terrain. Que ses coéquipiers se rassurent, Delph est sur le retour et sera dans le groupe face à la Suède, samedi (10h).  AFP

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«Neymar, joue comme tu l’as toujours fait et ne fais pas attention aux commentaires des autres pays, car beaucoup sont déjà à la maison!»  Rivaldo, qui a défendu sur sa page Instagram son compatriote Neymar, cible de moqueries et de critiques pour ses changements constants de coiffure et ses chutes spectaculaires, dont beaucoup sont considérées comme des simulations. Âgé de 46 ans, l’ancien international brésilien avait été sanctionné au Mondial 2002 pour avoir simulé une blessure à la tête alors que le ballon avait touché... son ventre.

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Le «Ramishow»

«Page 8, exercice 4 de vos cahiers», lance d’abord Adil Rami en s’asseyant pour sa conférence de presse. Le show du défenseur de l’équipe de France commence. Extrait. «Si on est champions du monde? Avec des si, on coupe du bois mon frère.» «Je mets l’ambiance dans le vestiaire? Je suis un clown pour toi?» Il prévient aussi qu’il passe en premier devant les journalistes «car après c’est Blaise Matuidi, il est moins drôle». Quand on questionne Matuidi, Rami resté dans les parages crie avoir «déjà répondu à cette question!» Fou rire de Matuidi. Philippe Tournon, chef de presse des Bleus, en prof un peu chahuté, lance un «Oooh Adil...» Et Rami a aussi glissé qu’il serait «entraîneur un jour». Ça promet.  AFP