Rebecca Marino aura tout de même remporté deux matchs à Québec cette semaine, ce qui lui permettra d'améliorer son classement mondial.

Le beau parcours de Marino prend fin

«J’aimerais bien revenir à Québec l’an prochain, c’est l’un de mes tournois préférés. Disons que mon but est de revenir dans le tableau principal grâce à mon classement et de répondre aux questions en français!»

Le beau parcours de Rebecca Marino à la Coupe Banque Nationale de Québec a pris fin en quarts de finale, vendredi soir, sur un revers de 6-3 et 6-4 au profit de la Britannique Heather Watson.

Mais le simple retour à la vie d’athlète professionnelle cette année pour la grande Canadienne mérite d’être souligné à grands traits. Québec était son premier tableau principal d’un tournoi WTA en plus de cinq ans; elle y avait accédé comme invitée des organisateurs.

L’ancienne 38e raquette mondiale (2011) a débuté l’année 2018 au 917e échelon du classement de la WTA. Ses deux victoires de cette semaine, dont son gain d’entrée de jeu de la 62e mondiale Tatjana Maria en deux manches de 6-2, la feront assurément améliorer sa 264e position actuelle.

Étoile montante du tennis canadien au début de la décennie 2010, Marino est devenue une étoile filante quand, en 2013, elle avait tout abandonné pour lutter contre des problèmes de dépression et d’intimidation.

La Torontoise de naissance et Vancouvéroise d’adoption a ensuite pris cinq ans à se rebâtir. Devenant entre autres entraîneuse de tennis et membre de l’équipe d’aviron de l’Université de la Colombie-Britannique. Mais jouer lui avait manqué.

«Mon énergie était à plat, ce soir, j’ai joué juste moyen», a analysé la femme de 27 ans, après son revers. «Mais dans l’ensemble, j’ai connu une excellente semaine. Chaque match, je sais que je peux gagner. C’est certain que je place dorénavant mes attentes plus basses pour le résultat. Mais je sais que j’ai ma place dans un tournoi comme celui-ci, que j’appartiens à ce haut niveau.»

Sa saison se poursuit la semaine prochaine dans un tournoi doté de 25 000 $US à Lubbock, au Texas, avant de se rendre à Templeton, en Californie, dans un 60 000 $US. Des petits tournois en comparaison de Québec, où les bourses totalisent 250 000 $US.

Opposée à «Paupau»

Watson, 107e au monde, affrontera samedi en demi-finale Pauline Parmentier, huitième favorite et 69e mondiale. Sans faire trop de bruit, la sympathique Française de 32 ans connaît une excellente semaine. Dire qu’il y a cinq mois, elle songeait à la retraite.

Parmentier a depuis remporté le tournoi d’Istanbul, a disputé le troisième tour de Roland-Garros et vise maintenant à devenir la quatrième Française à triompher à Québec, après Océane Dodin (2016), Marion Bartoli (2006) et Nathalie Tauziat (1993).

Vendredi, en quarts, celle que l’on surnomme affectueusement «Paupau» a pris la mesure 7-6 (7) et 6-1 de l’Américaine d’adoption Varvara Lepchenko, elle-même tombeuse de la première favorite Aryna Sabalenka en première ronde.

+

DE RETOUR EN 2019, MAIS RIEN DE SÛR POUR LA SUITE

Malgré les faibles assistances toute la semaine à l’Université Laval, Tennis Canada assure que le tournoi de la Coupe Banque Nationale sera de retour à Québec l’an prochain, pour une 27e présentation. Mais après? «On n’exclut aucune option», admet Eugène Lapierre.

Cette compétition de tennis féminin professionnel n’a jamais été une manne financière. La propriété de l’événement a d’ailleurs changé de main à deux reprises au cours des quatre dernières années. N’empêche que le public semble encore moins au rendez-vous cette semaine, avec des têtes d’affiche pas très connues.

«J’étais dans le lobby de l’hôtel où on loge à Québec et un monsieur m’a demandé : “On n’aura pas Serena cette année?” Et là, je me suis dit : “Oh boy! Si c’est ça les attentes des gens de Québec, ça n’arrivera pas”», raconte Lapierre, qui est vice-président à Tennis Canada et directeur de la Coupe Rogers à Montréal.

Lapierre estime que les dates sont difficiles, en septembre, avec la forte compétition asiatique pour les gros noms. Puis il y a l’amphithéâtre du PEPS, sans doute un peu trop grand avec sa configuration de près de 3000 places.

Les offres pour acheter le tournoi et ses droits WTA sont fréquentes, avance Lapierre. De Chine, bien sûr, mais aussi du Moyen-Orient et même, cette année, de Lyon et de Detroit.

«On a une valeur intéressante, mais on ne va pas changer pour changer. On va être patients, rassure-t-il. Notre mission est de développer le sport et nos joueuses, alors si on peut relever ce tournoi-là avec nos joueuses, tant mieux.»

Trois Canadiennes en deuxième ronde du tableau principal en simple cette année constituent un excellent résultat sur ce plan. 

«Ce tournoi a 26 ans et on veut continuer de développer quelque chose à Québec. Je crois à Québec. Mais si le développement de notre sport ici peut passer par un autre modèle, on va regarder», reconnaît toutefois Lapierre, disant ne mettre aucune idée de côté.

Comme changer de dates. Lui aimerait être en février. Mais le PEPS est moins disponible. Il a aussi pensé à l’été, assez pour aller jeter un coup d’œil aux terrains du parc Victoria. Il verrait bien suivre immédiatement Montréal, à la mi-août, en même temps que Cincinnati. Mais ce serait en même temps que Vancouver et pas question de s’auto-cannibaliser.

Dur, dur de gérer les athlètes

Quant à la sortie de jeudi de Françoise Abanda, qui accusait l’entraîneur de Tennis Canada Sylvain Bruneau de l’avoir forcée à jouer son match malgré une blessure à un orteil, Lapierre prend le parti de son coach. Avec qui il a regardé le match d’Abanda, où il trouvait qu’elle avait quand même bien joué.

Tennis Canada est «là pour aider les athlètes à atteindre leur plein potentiel, insiste Lapierre. Alors on ne s’enfarge pas dans les fleurs du tapis sur les attitudes. Les athlètes sont difficiles à gérer dans tous les sports! Ça fait longtemps que Françoise est là, mais on oublie qu’elle est encore jeune», à 21 ans.