Tout un pays espère de Lionel Messi qu'il mette fin à une disette de 22 ans: depuis sa victoire dans la Copa America 1993, l'Argentine est rentrée bredouille de tous ses derniers grands rendez-vous, si on excepte les médailles d'or olympiques en 2004 et 2008.

Le Barça à Québec: «Simple entreprise commerciale»

Le FC Barcelone sera au PEPS, en août. Mais n'accourez pas pour voir Lionel Messi. La meilleure équipe de ballon rond au monde offre plutôt une semaine de camp aux jeunes de Québec. Attention! met toutefois en garde la Fédération québécoise de soccer. Les grands clubs n'en ont que pour l'argent des parents.
Jusqu'à 144 mordus de foot âgés de 6 à 17 ans se prendront pour Neymar et Xavi sur les pelouses de l'Université Laval, du 3 au 7 août. Vêtus de l'uniforme officiel du Barça, les joueurs seront dirigés par six entraîneurs venus de Barcelone et membres du personnel des équipes jeunesse du club.
«Ils apprendront la méthode et les valeurs du Barça, comme à Barcelone», assure le responsable de la FC Barcelona Escola au Canada, Francisco Cervera. «Il s'agit d'une philosophie unique, un style de jeu très offensif basé sur la possession du ballon. L'entraînement des jeunes est plus axé sur les habiletés que sur le conditionnement physique», élabore-t-il.
DES CAMPS DANS PLUSIEURS PAYS
Catalan d'origine établi à Toronto depuis deux ans, Cervera s'apprête à déménager à Vancouver pour l'ouverture de la première académie canadienne du FC Barcelone (FCB), en septembre. Auteur cette année du triplé Liga espagnole, Coupe d'Espagne et Ligue des champions, le Barça possède des académies dans 20 pays et tient des camps d'été dans près d'une centaine de pays.
Un privilège qui se paie. Le PEPS ne se transforme pas en Camp Nou par magie. Chaque participant doit débourser 645 $ plus taxes pour les cinq jours, uniforme et dîner inclus, ou 525 $ plus taxes pour quatre jours. Le service de garde matin et soir est en sus.
«Le FC Barcelone est le meilleur club au monde, ce n'est pas moi qui le dit. En tout respect, ce camp n'est pas comme n'importe quel autre camp», insiste Cervera, ajoutant que deux joueurs seront choisis pour aller s'entraîner durant une semaine à Barcelone, au mini stade voisin et copie miniature du Camp Nou. Les familles des gagnants devront payer le transport jusqu'à Barcelone.
«Je vous invite à dîner chez moi, mais je vous demande d'apporter votre bière!» ironise pour sa part le directeur technique de la Fédération québécoise de soccer, Éric Leroy. La fédé a été approchée par le FCB pour déployer ses camps au Québec, mais l'organisme a refusé.
Everton et l'AC Milan ont déjà fait des essais dans la région de Montréal, avec plus ou moins de succès. Paris-Saint-Germain, Bayern de Munich et Real Madrid seraient aussi sur le point de percer le marché canadien et québécois.
«Nous avons déjà un club professionnel avec l'Impact de Montréal, qui tient déjà ce genre de camps. Et on encourage les associations régionales et les clubs à organiser leurs propres camps. Ils le font très bien», fait valoir Leroy.
Les grands clubs européens veulent conquérir le marché canadien, «où il y a la capacité de payer», poursuit Leroy. «C'est la poule aux oeufs d'or! Je ne dis pas si la qualité de leur camp est bonne ou pas, mais on est capable de faire aussi bien pour moins cher et sans vendre le rêve. Si c'était vraiment un camp de détection des meilleurs joueurs d'ici, ça ne coûterait pas 750 $.»
L'Impact tient des camps d'une semaine pour des frais variant entre 199 $ et 469 $, selon le niveau du jeune. Ces camps se réduisent toutefois à la région de Montréal. Sur invitation, le Camp des espoirs du Centre de développement régional de Québec coûte 200 $, incluant dîner et chandail.