Depuis sa médaille d’argent en «slopestyle» aux JO de PyeongChang, la planchiste Laurie Blouin vit bien avec sa nouvelle notoriété.

Laurie Blouin: la vie après la médaille [VIDÉO]

Une médaille olympique n’a pas changé le monde de Laurie Blouin. Sauf que la planchiste de Stoneham s’est fait reconnaître par Renaud d’«Occupation double»! Mais elle n’a quand même pas été invitée à l’une des principales compétitions de la saison aux États-Unis.

«J’étais déçue de ne pas pouvoir participer au Dew Tour la fin de semaine dernière, même pas comme remplaçante en cas de blessure. Surtout que j’avais été finaliste l’an dernier. Mais je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort et arrêter le snowboard! Je vais juste leur prouver que l’an prochain, ils devraient m’inviter», sourit la sympathique athlète de 22 ans.

Rencontrée mardi matin au nouveau café de la boutique de planche et ski Radical, dans Vanier, Blouin n’en est pas à son premier obstacle du genre dans sa jeune carrière. La spécialiste du slopestyle a été sacrée championne du monde junior en 2013, championne du monde senior en 2017 et maintenant, vice-­championne olympique de la discipline depuis février dernier.

N’empêche qu’elle n’a jamais dû cesser de construire et, surtout, maintenir sa crédibilité. Dans un univers de compétitions privées où la réputation compte parfois autant, sinon plus, que les résultats.

Un manque des coachs

Sa prochaine cible : les X Games, fin janvier. Et elle y tient. Son amoureux, le skieur Jean-­François Houle, est passé par le même processus, il y a quelques années, jusqu’à finir par remporter la fameuse médaille d’or en X.

«Ce serait ma première fois aux X Games, ce serait la réalisation d’un rêve. C’est tellement dur d’embarquer dans ce cercle fermé, mais une fois que tu es dedans, ça se fait tout seul. Je sais que je mérite ma place là et je sais qu’à un moment donné, je vais l’avoir!

«Faut que je continue à faire mes preuves, même si ce n’est pas toujours facile quand c’est sur invitation, comme au Dew Tour, où il n’y avait que huit filles en snowboard slopestyle. Mais je vais continuer à pousser!» assure-t-elle, avec confiance.

Elle regrette par contre que les entraîneurs de l’équipe canadienne Chris Witwicki et Elliot Catton ne favorisent pas davantage sa candidature auprès des organisateurs de ces compétitions, contrairement à ce qui se fait du côté du ski. «Je trouve ça con que j’aie à me battre pour ça au lieu de pouvoir juste me concentrer sur mon sport», résume Blouin, avec son franc-parler habituel.

Nouvelle popularité

Ses exploits aux Jeux de PyeongChang ne sont pas pour autant passés inaperçus. La hausse vertigineuse de son nombre d’abonnés sur Instagram, près de 25 000, en est un témoin probant.

«Quand je suis revenue des Jeux, j’allais faire une entrevue à Radio-Canada et je me suis arrêtée en chemin pour manger des sushis. Et la fille m’a demandé : “T’es-tu Laurie Blouin? ” C’était la première fois que ça m’arrivait, je n’étais pas habituée!» s’esclaffe-t-elle.

«Puis vendredi passé, j’étais dans un souper et Renaud, d’OD Grèce, m’a demandé si j’étais Laurie Blouin. Je ne m’attendais pas à ce que Renaud me reconnaisse! Il fait du crossfit et mon entraîneur de crossfit avait publié des trucs sur moi sur les réseaux sociaux», raconte celle qui admet aller chercher sa dose de «drama» auprès de cette populaire série de téléréalité.

Elle vit bien avec cette nouvelle notoriété, sans toutefois pouvoir «tirer l’argent par les fenêtres». «Je fais de l’argent, mais j’ai beaucoup de dépenses. Mes commanditaires m’aident et je gagne des bourses. Je ne suis pas à plaindre.»

Et si jamais ses souvenirs olympiques s’effacent lentement, elle aura toujours cette légère cicatrice sous l’œil gauche pour chaque jour lui rappeler sa violente chute à l’entraînement sur le parcours sud-coréen.

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PÉKIN, CHIC-CHOCS ET SUISSE

La saison post-olympique de Laurie Blouin s’annonce chargée. La planchiste de Stoneham vice-championne olympique en slopestyle a amorcé son calendrier en Chine, en novembre, avec une troisième place en big air au Air and Style de Pékin. Une compétition avec les meilleures au monde, dont les trois médaillées olympiques, mais pas les Américaines. Puis elle est allée s’entraîner au Colorado et vient de rentrer à Québec. De mercredi à samedi, elle travaillera à Sainte-Agathe-des-Monts, au centre de sauts Maximise de son entraîneur Maxime Hénault.

Après un Noël à Québec, elle aimerait aller filmer des séquences dans les monts Chic-Chocs, en Gaspésie, si les conditions météo le permettent. Début janvier, ce sera Whistler (C.-B.), avec l’équipe canadienne, avant de prendre la direction de la Suisse et de l’Open de Laax (15 au 18 janvier), en slopestyle. Ensuite, elle espère les X Games (Aspen, 24 au 27 janvier) et l’US Open (Vail, 27 février au 1er mars), au Colorado, avant de conclure devant son monde, lors de la Coupe du monde de Québec (14 au 17 mars).  Olivier Bossé