Laurent Duvernay-Tardif est venu rencontrer les jeunes de l’école secondaire Pointe-Lévy, à Lévis, dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire.

Laurent Duvernay-Tardif et l'art d'exceller

Joueur de la NFL, diplômé de médecine, collectionneur d’art, président de sa propre fondation et porte-parole pour la persévérance scolaire, Laurent Duvernay-Tardif semble exceller dans tout. Mais c’est faux!

Un, il ne fabrique pas vraiment des petits bols en bois, c’était juste pour la publicité. Deux, il n’a pas pu calmer la tempête de neige qui a déferlé sur le Québec, mercredi. Ce qui l’a empêché de venir rencontrer les jeunes de l’école secondaire Pointe-Lévy, à Lévis, dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire.

Le Soleil s’est quand même entretenu au téléphone avec l’étonnant bonhomme de 28 ans garde à droite des Chiefs de Kansas City, alors qu’il se dirigeait enfin vers l’aéroport et les vacances, vendredi après-midi, au terme d’une autre semaine bien chargée.

Q Quel message as-tu livré aux jeunes rencontrés cette semaine?

R De se trouver des passions. On veut prôner un modèle de jeune qui est équilibré, qui touche à tout et qui n’a pas peur de foncer dans ses projets. Mais ce qui était aussi plaisant, c’est qu’on a rencontré différents acteurs du milieu de l’éducation, autant dans le municipal, les commissions scolaires, les enseignants, les directions et les élus. Chacun peut poser des gestes concrets. Les parents fournissent un bon déjeuner, aident dans les devoirs, font la promotion de la lecture. Les élus gouvernementaux implantent des bibliothèques dans les villes ou, comme on l’a vu récemment, imposent deux récréations obligatoires de 20 minutes par jour. Ce sont des actions concrètes qui ont un impact direct sur le cheminement des jeunes à l’école.

Q Avec un diplôme de médecine en poche et un emploi dans la NFL, tout semble avoir été facile pour toi à l’école. Mais ce n’est pas le cas. Peux-tu nous parler de ta persévérance scolaire? 

R J’ai fait mon primaire dans une école alternative, alors j’ai dû m’adapter une fois au secondaire, avec des examens chronométrés et tout. Mais mon parcours a été somme toute positif, je ne me plains pas. L’anecdote que j’aime raconter, par contre, c’est qu’une fois au cégep, quand est venu le temps de choisir d’aller en médecine ou de jouer au football, tellement de gens m’ont dit : «Laurent, tu ne peux pas faire les deux, tu dois choisir la médecine.» Le plus paradoxal, c’est que quand j’ai signé un contrat dans la NFL, ces mêmes personnes sont revenues me dire : «Pourquoi tu continues la médecine, alors que tu as un contrat?» Il faut favoriser un mode de vie équilibré où le jeune peut épouser différentes passions au lieu de toujours rapetisser l’entonnoir et focaliser sur un seul domaine de performance.


« On ne pas tous viser la NFL et la médecine, mais on veut tous viser des projets qui nous emballent, nous stimulent et nous permettent d’accomplir nos rêves. »
Laurent Duvernay-Tardif

Q Accéder à la fois au plus important circuit professionnel sportif et devenir médecin peut néanmoins sembler impossible pour bien des ados. Comment arriver à les inspirer quand même?

R Mon modèle peut avoir l’air inaccessible, parce que c’est la NFL et la médecine. Mais il ne faut pas voir les projets tant par leur grandeur que par ce qu’ils représentent pour le jeune. On ne pas tous viser la NFL et la médecine, mais on veut tous viser des projets qui nous emballent, nous stimulent et nous permettent d’accomplir nos rêves. J’ai déjà dépassé la longévité moyenne d’un joueur dans la NFL (3,3 ans, alors que lui vient de compléter sa cinquième saison). Alors c’est primordial de cultiver un deuxième plan A. Ce n’est pas un plan B. La NFL s’avère une expérience incroyable, mais pas une finalité en soi. Pour me réaliser comme être humain et mener mes projets dans le futur, je vais utiliser mes compétences apprises à l’école.

Q En terminant, je m’en voudrais de ne pas te questionner sur Mathieu Betts. Quelles sont ses possibilités de carrière dans la NFL?

R Avec Sasha (Ghavami) comme agent et meilleur ami, je n’ai pas le choix de suivre le football du Rouge et Or malgré moi! (Duvernay-Tardif a joué pour McGill.) Mathieu est un gars super athlétique et il a vraiment le potentiel pour la NFL. Par contre, je ne pense pas qu’il cadre dans toutes les défensives NFL, à cause de ses mensurations hybrides. Mais il y a des gens qui le regardent et je suis sûr qu’ils vont prendre un athlète incroyable comme ça qui peut contribuer en défensive et sur les unités spéciales.

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Laurent Duvernay-Tardif sera à Rimouski, le 27 février, et à Gaspé, le 1er mars, pour les journées de promotion de l’activité physique auprès des jeunes Bougez avec LDT.