Laurent Dubreuil s’envole pour l’Europe, samedi, avec la ferme intention d’y laisser sa marque. Il estime avoir la force nécessaire pour viser une médaille lors des Championnats du monde par distance qui seront disputés à Inzel.

Laurent Dubreuil a les jambes pour rivaliser

Fort du septième temps le plus rapide de l’histoire sur 500 mètres, Laurent Dubreuil s’envole pour l’Europe, samedi, avec la ferme intention d’y laisser sa marque. Le patineur de vitesse de Saint-Étienne-de-Lauzon estime avoir la force nécessaire pour viser une médaille lors des Championnats du monde par distance qui seront disputés à Inzell, en Allemagne, dans deux semaines.

Mais avant de partir, le sportif de 26 ans pratique encore ses départs sur l’une des deux glaces intérieures du Centre sportif Sainte-Foy, cette semaine. «Dans les 35 derniers jours, j’ai patiné environ cinq fois sur un anneau», dit-il sans toutefois se plaindre.

La construction du Centre des glaces, à Sainte-Foy, changera la vie des patineurs de vitesse longue piste dans un avenir rapproché. Dans son cas, c’est un chrono de 34,11 secondes réalisé au début du mois de janvier qui pourrait le propulser vers son objectif.

«Je sais que j’ai présentement les jambes pour gagner des médailles en Coupe du monde et aux Mondiaux. Du moins, je l’espère. Ce n’est pas tous les jours dans une saison que l’on arrive à une compétition en sachant que tout est possible, alors je veux en profiter pour essayer de grimper sur le podium», disait-il, cette semaine, avant de partir pour la première partie de son voyage en trois parties.

Voilà ce qui l’attend au cours du prochain mois : la Coupe du monde, à Hamar, en Norvège (1er et 2 février); les Championnats du monde par distance, à Inzell, en Allemagne (7 au 10 février); les Mondiaux de sprint, à Heerenveen, aux Pays-Bas (23 et 24 février).

«Si j’obtenais une médaille en Coupe du monde et que je finissais quatrième aux Championnat du monde, ce serait un bon voyage. Mais il n’y a qu’une chose qui pourrait rendre ma saison idéale, c’est une médaille aux Championnats du monde. J’ai les jambes pour l’avoir, reste juste à faire une bonne course.»

Prendre de la force

Dubreuil a profité de la pause de la mi-saison pour prendre la force. Il a fait deux blocs intensifs de musculation, soit l’un avant les essais canadiens à Calgary, et l’autre qui se termine, ces jours-ci.

«Je n’ai pas eu un bon automne, je manquais de force. Techniquement, ça allait, mais je n’étais pas assez fort, je n’avais pas d’explosion, ça manquait de punch, mon affaire. Et pour un sprinteur, ça faisait mal, ça me nuisait beaucoup. Du moment où j’ai retrouvé mon explosivité, les résultats ont suivi», notait l’olympien de PyeongChang.

Et comment! À Calgary, il a réalisé le septième temps le plus rapide de l’histoire sur 500 mètres. Seulement quatre patineurs ont fait mieux au cours de leur carrière, soit le Canadien Jeremy Wotherspoon, le Néerlandais Ronald Mulder et deux Russes déjà suspendus pour dopage.

«S’il y avait une Coupe du monde, ce jour-là, je l’aurais gagnée. J’ai hâte de voir si je peux monter encore plus mon niveau, je pense que je suis capable de faire encore mieux. Il n’y a pas de coupe du monde en altitude, cette saison, et les autres n’ont pas patiné dans une place comme Calgary, mais au moins, je l’ai fait, et dans l’histoire, peu de patineurs sont allés aussi vite. Je pense que ça fait ouvrir bien des yeux.»

Dubreuil revendique une médaille de bronze au Mondial par distance de 2015. Cette saison, son meilleur résultat a été une cinquième place lors de la première étape de la Coupe du monde, au Japon.

«La Coupe du monde à Hamar [1er et 2 février] va me donner une bonne idée, puisqu’elle est présentée seulement six jours avant les Mondiaux. Si je n’avance pas, ce ne sera pas un bon signe. Je pars avec confiance, je suis excité et j’ai vraiment hâte de voir ce que je ferai là-bas.»

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DANS LA PEAU D'UN JOUEUR AUTONOME

Le Mondial sprint n’étant pas une priorité pour Patinage Canada, Laurent Dubreuil doit payer ses dépenses pour participer à cette compétition où l’on détermine le vainqueur au cumulatif des différentes courses sur 500 et 1000 mètres. Il a donc lancé un appel à tous pour se trouver un lit à Heerenveen, où le patinage de vitesse fait loi. Les offres ont afflué.

«J’ai dû en recevoir une trentaine dans l’espace d’une journée. J’en avais tellement, je me sentais comme un joueur autonome d’une ligue professionnelle qui pouvait décider où aller. Il y a même des gens qui étaient déçus que je refuse leur invitation parce que leurs enfants auraient aimé avoir un patineur de vitesse dans leur salon, car là-bas, notre sport est une véritable religion. Finalement, j’ai choisi une place située à un kilomètre de l’anneau, et en plus, ils me fournissent un vélo», racontait celui dont les parents (les anciens patineurs Ariane Loignon et Robert Dubreuil) ont déjà aussi ouvert les portes de leur maison à des patineurs.