Laurence St-Germain, de Saint-Ferréol-les-Neiges, sera aux Jeux olympiques de PyeongChang.

Laurence St-Germain de l'ombre à la lumière

Laurence St-Germain dévale les pentes dans l’ombre depuis le début de sa carrière. Sa présence aux JO de PyeongChang pourrait toutefois changer la donne.

La sélection de l’équipe nationale olympique de ski alpin reste officieuse, mais l’athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges sera en Corée, grâce à son deuxième rang parmi les Canadiennes en slalom. 

Cette qualification est un exploit quasi inespéré pour cette femme de 23 ans, venue près de tourner le dos au ski de compétition, il y a quelques années. «Il y a deux-trois ans, je ne pensais même pas être sur l’équipe canadienne. […] J’avais un peu abandonné ma carrière. Je m’étais dit que j’avais du fun à l’école et que j’allais continuer à avoir du fun en ski...»

St-Germain connaît ses principaux ennuis en 2013 et en 2014. Elle est alors exclue de l’équipe canadienne de développement en raison de résultats décevants. La faute, entre autres, à ses difficultés d’adaptation dans un milieu hautement compétitif. «C’était rendu un fardeau de faire des courses», raconte-t-elle.

Elle se tourne alors vers l’Université du Vermont, où elle retrouve dans un environnement d’entraide le goût au ski alpin, tout en poursuivant des études en sciences informatiques. Les bons résultats suivront.

St-Germain ne ressent aucune frustration d’avoir vécu son ascension dans un relatif anonymat, en particulier dans les médias. «Je le comprends. Je n’étais pas une superstar quand j’étais jeune. Et j’ai vraiment eu des bonnes saisons, puis des mauvaises, puis des bonnes. C’est la première fois que je fais quelque chose qui me surprend moi-même. Je ne m’attendais pas à avoir les médias qui me courent après avec mes résultats des dernières années.»

Elle est une spécialiste des épreuves techniques — slalom, slalom géant —, à l’image de sa compatriote et aînée Marie-Michèle Gagnon, absente en Corée en raison d’une déchirure ligamentaire au genou et d’une luxation de l’épaule.

La cadette a obtenu son billet pour les Jeux en vertu de son excellent début de saison, une 17e place en Finlande suivie d’une 14e aux États-Unis, ses meilleurs résultats en carrière en Coupe du monde.  

Les choses vont moins bien depuis: elle n’a pas réussi à franchir les qualifications lors des quatre dernières épreuves. Une saison est faite de hauts et de bas, philosophe-t-elle. «Pour me motiver, je me dis que je me suis timée pour remonter lors des Jeux olympiques!» lance St-Germain en riant.

Elle participera dimanche au slalom de Lenzerheide, en Suisse. Une belle occasion de retrouver de bonnes sensations à quelques jours des JO.

En Corée, elle souhaite un top 15. «Je suis capable. Mais j’essaie de ne pas trop y penser. Parce que les Olympiques sont aux quatre ans, et je sais que le stress sera vraiment élevé», prévoit-elle.

La composition de l’équipe canadienne doit être dévoilée au terme des dernières épreuves de la Coupe du monde avant les JO, sans doute lundi prochain. On y entendra un nom encore trop méconnu en ski alpin: St-Germain.

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CHRISTOPHER DEL BOSCO AUX JO

Les Québécois Christopher Del Bosco et Brittany Phelan ont été retenus par Canada Alpin pour représenter le Canada en ski cross aux Jeux olympiques de Pyeongchang. La fédération nationale ainsi que le Comité olympique canadien (COC) ont dévoilé lundi le nom des huit athlètes et trois entraîneurs qui s’envoleront bientôt pour la Corée du Sud. Del Bosco occupe actuellement le 12e rang au classement de la Coupe du monde.  La Presse canadienne