Christian Coleman semble rapidement vouloir s'imposer, lui qui a signé le meilleur temps sur 100 m cette année, un chrono de 9,82 sec le 7 juin dernier. L'Américain a terminé devant Usain Bolt sur cette distance aux Mondiaux la semaine dernière.

L'athlétisme à la recherche d'un nouveau roi

L'Américain Justin Gatlin sacré à 35 ans sur 100 m, le Turc Ramil Guliyev qui tire les marrons du feu sur 200 m : le sprint mondial apparaît plus ouvert que jamais après la retraite du légendaire Usain Bolt, patron incontesté durant neuf ans. Qui pour assurer la relève?
La fusée américaine
Inconnu du grand public avant 2017, Christian Coleman (21 ans) a fait une apparition foudroyante sur le devant de la scène. L'ex-étudiant en management sportif de l'Université du Tennessee, d'où est également issu Justin Gatlin, a d'abord signé le meilleur temps de l'année sur 100 m (9,82, le 7 juin), avant de prendre la deuxième place sur la ligne droite aux Mondiaux de Londres, deux mois à peine après son passage chez les professionnels. Celui qui s'est payé le luxe de devancer le monument Usain Bolt en demi-finale et en finale n'est pas spécialement le sprinteur le plus gracieux sur la piste avec son physique de déménageur (1,75 m, 71 kg), mais il est déjà d'une efficacité redoutable, que ce soit sur 100 ou sur 200 m, distance sur laquelle il est descendu sous les 20 secondes en 2017. 
L'espoir canadien
Andre De Grasse (22 ans) a été le grand absent des épreuves de sprint des Mondiaux et peut amèrement regretter la déchirure aux ischio-jambiers qui l'a privé du voyage à Londres. Car au vu de la forme déclinante de Bolt et du chrono victorieux de Justin Gatlin en finale du 100 m (9,92), la victoire était largement dans les cordes du médaillé de bronze des Jeux olympiques de 2016 sur la distance. Avant de déclarer forfait à deux jours de l'ouverture des Championnats du monde, De Grasse avait signé un prodigieux 9,69 sur 100 m le 18 juin, avec toutefois un vent favorable de +4,8 m/s, qui n'avait pas permis d'homologuer le chrono. Dauphin de Bolt à Rio sur 200 m, il aurait aussi été un candidat plus que sérieux sur le demi-tour de piste.
Le prodige
Déjà dominateur chez les juniors (champion du monde du 100 m en 2016), l'Américain Noah Lyles (20 ans) a commencé à faire parler de lui à l'échelon supérieur avec sa prestation magique sur 200 m en mai 2017 à la réunion de Shanghaï, comptant pour la Ligue de diamant (19,90). Mais au-delà du chrono, c'est le style et la technique purs de Lyles qui ont sauté aux yeux, suscitant des comparaisons avec Usain Bolt. Couvé par Lance Brauman, ex-entraîneurs des pointures Tyson Gay et Veronica Campbell-Brown, il lui reste toutefois à passer le cap d'un grand championnat international, une blessure à une cheville l'ayant empêché de tenter sa chance aux sélections américaines pour les Mondiaux.
Le surdoué
Le Sud-Africain Wayde Van Niekerk (25 ans) est le patron incontesté du 400 m, dont il est double champion du monde, champion olympique et recordman du monde (43,03). Mais il a affiché à de nombreuses reprises son désir de passer au sprint court. Sa tentative de doubler 400 m et 200 m a certes échoué aux Mondiaux avec une deuxième place sur le demi-tour de piste, mais il possède un potentiel qui peut lui ouvrir de larges perspectives. Il est en effet le seul homme dans l'histoire de l'athlétisme à être passé à la fois sous les 10 secondes au 100 m, sous les 20 secondes au 200 m et sous les 44 secondes au 400 m. Considéré comme un possible successeur d'Usain Bolt en tant que nouvelle superstar du premier sport olympique, il ne pourra endosser ce statut que s'il parvient à mener à bien cette «reconversion».
La surprise
Le Turc Ramil Guliyev (27 ans) a causé une énorme surprise en s'imposant sur le 200 m des Mondiaux. Toute la question est de savoir si cet exploit sera suivi d'effet alors que son principal fait d'armes n'était jusque-là qu'une deuxième  place européenne sur le demi-tour de piste (2016).