Pendant l’automne, Lauriane Genest a dû se frotter à plusieurs cyclistes d’expérience. Mais elle apprécie le niveau de compétition plus relevé.

L’ascension fulgurante de Lauriane Genest

Même si son père est entraîneur au Club cycliste de Lévis, Lauriane Genest ne pratiquait pas encore le cyclisme de façon compétitive il y a trois ans. Malgré tout, elle vient tout juste de terminer ses trois premières étapes de la Coupe du monde avec l’équipe canadienne de cyclisme sur piste et vient de reprendre l’entraînement pour la prochaine étape qui aura lieu le 11 janvier.

«Ma progression est vraiment beaucoup plus rapide que je l’aurais imaginé. Je ne pensais pas faire la Coupe du monde cette année. L’an passé, j’étais encore sur l’équipe de développement!», indique-t-elle en entrevue téléphonique avec Le Soleil à partir du centre d’entraînement de Milton, en banlieue de Toronto. 

L’ascension de la Lévisienne de 20 ans dans le monde du cyclisme n’a en effet rien de banal. Adolescente, elle était inscrite au programme sports-études de l’École secondaire Veilleux de Saint-Joseph-de-Beauce, mais en... patinage artistique! «J’avais déjà fait les championnats québécois, mais jamais je n’avais pris part à des compétitions internationales. Et pour tout dire, quand je patinais, le vélo ne m’intéressait pas du tout!», précise-t-elle au sujet de ses premières explorations sportives.

Après une saison difficile, à l’âge de 16 ans, elle a décidé de ne pas s’entraîner en patinage artistique durant la saison estivale dans le but d’éventuellement reprendre l’entraînement sur glace à l’automne. «J’ai décidé de faire du vélo avec mon père pendant l’été, alors j’ai joint le Club cycliste de Lévis. Au départ, je faisais de l’entraînement sur route, mais un autre entraîneur du Club a vu que je pourrais avoir un talent pour la piste et a décidé de m’amener à Bromont pour que je m’initie au cyclisme sur piste. Là, j’ai vraiment découvert l’aspect que j’aimais de ce sport», poursuit-elle. Évidemment, elle n’a plus jamais rechaussé ses patins pour une compétition.

Ascension rapide

«Je ne m’attendais pas à avoir de bons résultats si rapidement. Dès ma première année sur piste, j’ai été recrutée par l’équipe du Québec pour les championnats canadiens junior. J’ai alors décidé de prendre ça plus au sérieux l’an passé et je me suis fixé comme objectif de joindre l’équipe nationale élite. Encore une fois, ça a fonctionné.»

Quatrième aux Jeux du Commonwealth en avril, puis quatrième aux championnats panaméricains sur piste en août, où elle a également remporté le bronze au sprint par équipe avec Amelia Walsh, on peut dire que cette entrée dans le cyclisme d’élite aura aussi été éclatante pour celle qui a troqué les lames pour les roues. Cependant, Lauriane avoue que la marche est très haute entre des compétitions comme les Jeux du Commonwealth et les championnats nord-américains et le circuit de la Coupe du monde, où elle a donné ses premiers coups de pédale cet automne.

«J’ai trouvé ça assez difficile, c’est vraiment une grosse adaptation. Je n’avais jamais compétitionné à ce niveau et je n’avais jamais voyagé autant», avoue-t-elle. Dix-septième au sprint et sixième à l’épreuve du keirin (où les coureurs doivent demeurer en rang derrière un meneur jusqu’à son retrait à 700 mètres du fil d’arrivée) lors de la première compétition à Milton à la fin octobre, elle a pris la 17e place au sprint et a chuté au keirin à Berlin au début décembre, puis a est terminé douzième au sprint à Londres la semaine dernière.

«Ma seule expérience de compétition internationale auparavant était les Jeux du Commonwealth et j’avais joint le programme six mois avant. J’avais donc eu six mois pour m’entraîner en vue de cette seule course. J’ai eu beau terminer quatrième et avoir aussi obtenu une quatrième place aux championnats panaméricains, je savais que c’était des compétitions auxquelles les pays dominants, à savoir la plupart des pays d’Europe, ne participaient pas. Je savais que ça allait être une game complètement différente en Coupe du monde», poursuit Lauriane.

Préparation différente

De plus, la préparation est différente puisque les cyclistes prenant part aux épreuves de la Coupe du monde disposent de moins de temps avant chaque course. «C’est complètement différent. J’ai deux semaines environ entre les courses, qui ont lieu sur des pistes que je ne connais pas. Je dois m’adapter très rapidement et le fait de toujours dormir à l’hôtel fait aussi que tu as moins de repos de qualité.»

Malgré tout, Lauriane est très satisfaite de ses débuts en Coupe du monde. «Je m’étais fixé des objectifs raisonnables, à savoir un top 15 au sprint. Jusqu’à maintenant, j’ai toujours fait le top 10 dans les épreuves de qualification au sprint lors des trois étapes de la Coupe du monde auxquelles j’ai participé. Je suis contente de ma sixième place au keirin à Milton et de ma douzième place au sprint à Londres.»

Cet automne, la jeune cycliste qu’elle est a également dû se frotter à plusieurs compétitrices expérimentées. «C’est un niveau de compétition beaucoup plus relevé et j’aime beaucoup ça. C’est là que tu constates que les années d’expérience des autres coureuses peuvent faire toute la différence, car, souvent, elles gagnent même si elles sont plus lentes au départ», indique-t-elle.

Tout juste revenue de Londres, Lauriane était de retour au gymnase vendredi en préparation pour la prochaine étape de la Coupe du monde sur piste à Cambridge, en Nouvelle-Zélande, le 11 janvier. Elle s’envolera ensuite pour Pruszków, en Pologne, pour les championnats du monde qui auront lieu à la fin du mois de février et au début mars.