Le sourire de Jade Masson-Wong lui vaut le surnom d’«Evil Smile», le sourire diabolique. «J’ai un côté plus sombre», laisse tomber celle qui travaille aussi au département piercing d’un salon de tatouage.

L'ascension fulgurante de Jade Masson-Wong [VIDÉO]

Jade Masson-Wong, elle a tout pour elle. Mais contrairement à l’héroïne de ce film d’ado des années 90, la combattante en arts martiaux mixtes de Québec n’a rien de mièvre et de fragile. Elle connaît une ascension fulgurante dans l’octogone et pourrait se retrouver au sommet beaucoup plus vite que prévu.

«Elle est bonne, talentueuse, charismatique, intelligente, belle, elle a vraiment tout pour elle. Évidemment, il faut qu’elle continue à gagner ses combats. Et si elle devient championne, elle aura 10 livres d’or en plus pour appuyer ça!» s’exclame le promoteur Stéphane Patry, à propos de celle dont le combat occupera une place de choix dans le gala TKO46 du 8 février, au Centre Vidéotron.

Masson-Wong (3-0, 1 K.-O.), 26 ans, livrera alors le premier combat de championnat féminin en arts martiaux mixtes au Québec. Elle qui n’en sera qu’à son quatrième affrontement chez les pros. Ce qui laisse l’impression d’un raccourci risqué.

«Ça peut avoir l’air rapide», concède la principale intéressée. «Mais chez les filles, on est moins nombreuses. C’est donc normal que ça aille plus vite. Est-ce que je suis prête? Ça vient comme ça, je me prépare pour», résume-t-elle, tout sourire.

Vendre sa personnalité 

Ce sourire qui lui vaut dorénavant le surnom officiel d’«Evil Smile», le sourire diabolique. Surnom qu’elle a trouvé à la demande du promoteur Patry. Sur son protecteur buccal, on voit justement de belles dents blanches maculées de sang.

«J’ai un côté plus sombre que les gens ne connaissent pas», laisse tomber celle qui porte plusieurs tatouages et perçages. Elle travaille au département piercing d’un salon de tatouage.

«Rendus où on est, il faut aussi vendre sa personnalité, ça prend ça. Ça fait partie du sport. J’en ai l’exemple devant moi avec Marc-André [Barriault, son chum et combattant UFC]. J’ai de la misère à jouer un personnage, je suis quelqu’un d’authentique, ce que je fais doit venir de moi. Mais je suis consciente que le côté marketing fait partie du jeu et j’essaie de développer ce côté-là un peu plus», explique Masson-Wong.

Sur l’ascenseur ultra rapide du volet féminin, Patry donne l’exemple de la célèbre Ronda Rousey, première combattante UFC en 2012. Championne de l’organisation Strikeforce dès son cinquième combat, l’Américaine avait quand même été vice-championne du monde et médaillée olympique en judo.

Pas au tour de Laframboise

N’empêche que le peloton réduit d’athlètes d’élite rend les barreaux de l’échelle du succès moins nombreux pour les femmes en arts martiaux mixtes. Soulever l’intérêt des médias et des amateurs donne une longueur d’avance, à condition de gagner.

Ce qu’elle tentera de faire dans un premier combat de cinq rounds de cinq minutes, mais elle ne sait pas encore contre qui. TKO discute avec trois adversaires potentielles de l’extérieur du Québec.

La Montréalaise Corinne Laframboise (3-2, 2 soumissions), que Masson-Wong a vaincue par décision unanime en septembre, aurait voulu faire d’une pierre deux coups avec une revanche et la possibilité d’enfiler cette première ceinture. «Son tour viendra un moment donné, mais pas maintenant», tranche Masson-Wong.

Le gala du 8 février ramène à Québec le phénomène Ciryl Gane (2-0, 1 K.-O., 1 soum.), dangereux poids lourd de Paris qui défendra son titre TKO face au Brésilien Raphael Pessoa (9-0, 6 K.-O., 1 soumission).

À son dernier passage chez nous, Gane, surnommé «Le Bon Gamin», avait passé les deux semaines suivant son combat alité à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec à cause d’un poumon droit affaissé quelques jours plus tôt par pur hasard, même pas à cause d’un coup reçu.

Plusieurs autres combattants du Québec seront de la partie, dont Yoni Sherbatov, Dany Mallette, Pierre-Olivier Bouffard, Samuel Giguère, Alex Murat, Stéphan Lavoie et Brandon Lee.