Après avoir été laissé de côté lors des trois premiers matchs de la série, le joueur recrue Pavel Buchnevich a été inséré dans l'alignement par Alain Vigneault, mardi.

L'art de jongler avec les trios

Au premier match de la série Canadien-Rangers, Alain Vigneault a choisi de ne pas faire appel à un ailier ayant marqué 22 buts il y a deux ans (Brandon Pirri), à un ancien choix de première ronde (Matt Puempel) et à une recrue ayant récolté 20 points en 41 matchs cette année (Pavel Buchnevich). Il s'est plutôt tourné vers le robuste Tanner Glass qui, en plus de marquer le but gagnant, a été partie prenante des nombreux coups d'épaule distribués lors des trois premières rencontres.
Pour le quatrième match cependant, Vigneault voulait non seulement mieux neutraliser l'attaque du Canadien, mais aussi générer davantage en attaque. Il a donc remplacé Glass par Buchnevich, recrue de 22 ans qui a vu de l'action en supériorité numérique dès la première période, mardi.
Avoir à sa disposition les éléments offensifs dont il dispose tous les soirs permet au coach des Rangers de changer la personnalité de son quatrième trio... ou de le rendre invisible en répartissant l'offensive sur toutes ses unités. Tout au long de la saison, cela lui a aussi permis d'intégrer en douceur ses plus jeunes joueurs, même lorsqu'il y a eu des blessés.
«Ça nous a permis de donner du temps de glace aux jeunes et de vivre avec certaines erreurs», a noté Vigneault en décrivant cette saison comme une année de transition pour les Rangers. La méthode avait réussi avec J.T. Miller et Jesper Fast - il a marqué le premier but des Rangers mardi - et elle est répétée maintenant avec les recrues Buchnevich et Jimmy Vesey.
Buchnevich, par exemple, a raté près de deux mois d'activités en raison de spasmes au dos et il n'a pas toujours été constant. Mais il a néanmoins produit un point tous les deux matchs. Mike Zibanejad est tout sourire de le revoir dans la formation et de constater que le trio «KZB», que complète Chris Kreider, a été réuni.
«Nous avions développé une bonne chimie avec lui plus tôt cette saison», a raconté Zibanejad, qui ne fuit pas les médias comme Kreider. «C'est un joueur très doué. Il a très bien joué [mardi], compte tenu du fait qu'il est entré dans la série à froid. C'était impressionnant.»
Prudent avec Vesey
Si Buchnevich, arrivé de Russie l'été dernier, est un choix au repêchage des Rangers, le cas de Vesey est pas mal différent. Le lauréat du trophée Hobey-Baker en 2016, qui est remis chaque année au joueur par excellence dans la NCAA, a été embauché à titre de joueur autonome l'été dernier après que la moitié de la ligue l'eut courtisé.
De grandes attentes étaient placées en lui. Le diplômé de Harvard a inscrit 9 points à ses 10 premiers matchs dans la LNH, mais il a manqué de souffle par moments. Vigneault l'a parfois relégué au quatrième trio, mais Vesey a terminé sur une bonne note, affichant pour l'ensemble de la saison 16 buts et 27 points en 80 matchs.
«Il faut reconnaître les moments où tu peux en donner plus au joueur et ceux où tu dois lui en retirer, que ce soit en minutes de jeu ou en utilisation sur les unités spéciales», a expliqué Vigneault. «C'est une question d'équilibre.»
La rencontre de jeudi sera la 92e de l'année pour Vesey, si l'on tient compte de tous ses matchs préparatoires. À Harvard, il n'avait jamais joué plus de 37 matchs en une saison. À la lumière de cette expérience rigoureuse, l'Américain estime que le personnel d'entraîneurs a été très bon pour lui.
«Les Rangers ont plusieurs attaquants, et c'est parfois bon pour une recrue de sentir que tu ne traînes pas le poids du monde sur tes épaules», a confié l'ailier de 23 ans. «Ils avaient une bonne idée de la façon dont ils allaient m'utiliser et du temps d'utilisation qu'ils allaient me donner. Ils m'ont prouvé qu'ils me faisaient confiance en m'employant sur les deux premiers trios, et je veux en profiter.»
Les premiers trios s'annulent
La recette n'est pas à toute épreuve, mais avec une attaque qui s'est rajeunie et qui a le potentiel de générer de l'offensive sur quatre trios, les Rangers espèrent s'être donné les moyens de leurs ambitions.
«En séries, c'est important pour connaître du succès d'avoir quatre bons trios, car les meilleurs trios de chaque côté ont les confrontations les plus difficiles et les minutes les plus difficiles», rappelle le centre Derek Stepan. Ça devient difficile pour eux de générer quelque chose. «Ça te prend donc de la production de tes autres trios, c'est de cette façon qu'on peut avoir du succès.»
Les Rangers habitués à la pression
Aucune équipe n'a joué plus de matchs en séries éliminatoires depuis cinq ans que les Rangers de New York (85). Et dans l'Association de l'Est, aucune équipe n'a remporté plus de rencontres de séries qu'eux (42). Alors, quand Alain Vigneault a calmement assuré à tout le monde, mardi matin, que ses joueurs répondraient à l'appel et qu'ils parviendraient à égaler la série 2-2, il a donné l'étendue de sa confiance envers ses troupes.
«Si on a joué autant de matchs éliminatoires, c'est parce que les joueurs ont joué du bon hockey quand il y avait de la pression», a expliqué l'entraîneur-chef, mercredi. «Et il n'y a aucun doute qu'il y avait de la pression, hier [mardi]. On a bien répondu à l'appel et on va essayer de faire la même chose à Montréal.»