Même s'il aura bientôt 35 ans, Larry Fitzgerald ne ralentit pas : le receveur étoile des Cardinals de l'Arizona a capté en moyenne 108 passes lors des trois dernières saisons.

Larry Fitzgerald refuse de parler de tournée d'adieu

TEMPE, Arizona — Si la 15e saison de Larry Fitzgerald devait être sa dernière, ne comptez pas sur le vétéran receveur pour le crier sur tous les toits. Du moins, pas pendant la saison.

«Je vous l’ai déjà dit auparavant», a dit le vétéran de 34 ans après l’entraînement des Cardinals de l’Arizona, jeudi dernier. «Je ne ferai jamais de tournée d’adieu. Ce n’est pas mon genre. Il y a 53 gars dans cette équipe, qui font du mieux qu’ils peuvent. Il y a des entraîneurs qui travaillent fort. Tout ne se réduit pas à ma personne.»

Effectivement, Fitzgerald, qui en sera à sa 15e saison dans le circuit Goodell, répète ce discours depuis quelques années, chaque fois qu’il est questionné sur sa retraite, qui devra bien arriver un jour ou l’autre.

«Aucun match n’a été gagné ou perdu par un seul homme», poursuit le numéro 11 des Cards.

Par contre, même s’il ne tient pas à sa tournée d’adieu, Fitzgerald sait lire les chiffres. Et il sait que ceux-ci font de lui un des meilleurs receveurs de l’histoire de la NFL. Tant qu’il sera sur le terrain, il n’évoquera pas ces chiffres; il faudra attendre son intronisation au Temple de la renommée pour qu’il s’ouvre (peut-être) sur ce qu’il a accompli pendant sa carrière. Entretemps, Fitzgerald s’en tient à son discours habituel : il n’est qu’un joueur au sein d’une équipe. 

Lorsque Sam Bradford, le nouveau quart partant des Cards, lancera une passe de touché à Fitzgerald — ce qui devrait arriver plus tôt que tard —, il deviendra le 18e quart à rejoindre dans la zone des buts celui qui compte 110 touchés en carrière, le huitième plus haut total chez les receveurs.

«C’est un privilège», avoue Fitzgerald lorsqu’on lui a rapporté ce nombre. «La plupart des gars n’ont pas la chance de jouer aussi longtemps, avec autant de quarts. Je vois ça comme une forme de coup de chance, une preuve de ma longévité.»

Certains de ces quarts sont bien connus, comme le membre du Temple de la renommée Kurt Warner ou le tout récent retraité Carson Palmer. Mais il a aussi marqué des touchés sur des passes de dénommés Brian St. Pierre, Max Hall et John Skelton, notamment.

En dépit des changements qui sont survenus au fil des ans au poste de quarts, en raison de blessures ou de mauvais rendement, une chose ne change jamais : Fitzgerald capte des passes match après match. L’athlète de 6’3’’ et de 218 livres a réussi un attrapé lors de 211 matchs de suite, la deuxième plus longue séquence du genre dans l’histoire. Jerry Rice détient le record avec 274. En fait, en 218 rencontres en carrière, Fitzgerald n’a été blanchi... qu’une fois. 

Pas de ralentissement

Fitzgerald a également de très bonnes chances cette saison de passer au deuxième rang de tous les temps pour les verges : avec 15 545, il est à 390 de Terrell Owens (Rice est loin devant au premier rang avec 22 895). Le natif de Minneapolis, qui compte 1234 attrapés, pourrait également passer au deuxième rang à ce chapitre, lui qui est devancé par 94 par Tony Gonzalez (oui, Rice domine aussi dans cette catégorie, avec 1549). 

Vous pensez que 94 attrapés est un nombre très élevé pour un joueur qui aura 35 ans le 31 août? Détrompez-vous! Fitzgerald a capté 109 passes la saison dernière, le deuxième plus haut total dans la NFL, trois de moins que Jarvis Landry.

Au cours des trois dernières saisons, Fitzgerald a été rejoint 325 fois, une moyenne de plus de 108 par année. Bref, le temps semble n’avoir aucune emprise sur l’homme.

Malgré cette régularité, la carrière de Fitzgerald n’a pas été un long fleuve tranquille. Il y a cinq ans, à la suite du congédiement de l’entraîneur Bruce Arians, le receveur a vu son rôle être redéfini, lui qui a été muté comme receveur intérieur, ce qui signifiait qu’il devrait s’en tenir à de plus courts tracés et qu’il serait davantage appelé à bloquer des défenseurs rivaux dans le trafic. 

Cette saison, avec un nouveau coordonnateur offensif, Mike McCoy, qui compte miser davantage sur le jeu au sol, un bon bloc de Fitzgerald lors du premier match présaison a d’ailleurs ouvert la voie à un gain de 14 verges de David Johnson. 

Malgré ces changements, Fitzgerald se dit excité par le nouveau système en place. «Je me sens bien. Je suis prêt à faire le boulot qu’on me demandera et j’ai hâte que la vraie saison commence», avoue l’ancien de l’Université de Pittsburgh. 

Bref, la tournée d’adieu est remise aux calendes grecques.