LeBron James, qui traîne littéralement les Cavaliers de Cleveland sur ses épaules depuis le début des séries, devra de nouveau se surpasser pour venir à bout des Warriors de Golden State, une équipe remplie de vedettes.

Largement négligés, les Cavaliers s'en remettent à LeBron

OAKLAND — Pour la quatrième année de suite, LeBron James retrouve en finale à partir de jeudi (21h) Golden State, mais la superstar des Cavaliers de Cleveland n’a jamais paru aussi isolée face au quatuor de fines gâchettes des Warriors.

C’est peut-être le plus grand défi de sa carrière : à 33 ans, alors qu’il va disputer sa neuvième finale — la huitième de suite! —, même «King James» ne semble pas de taille à détrôner les champions en titre, qui peuvent compter sur Stephen Curry (24,8 points par match), Kevin Durant (29 pts), Klay Thompson (20,5 pts) et Draymond Green (11,8 rebonds par match).

James, lui, porte seul ou presque sur ses musculeuses épaules le destin des Cavaliers depuis que Kyrie Irving, lassé d’être dans son ombre, est parti l’été dernier à Boston. Kevin Love, son principal lieutenant qui tourne à une moyenne de 17,6 points par match en saison régulière, est trop inconstant. Il est du reste incertain pour le premier match jeudi, puisqu’il est toujours soumis au protocole de commotion cérébrale.

Signes de fatigue

De plus, James n’a jamais dû autant se démener pour arriver en finale. Il a disputé les 82 matchs de saison régulière, une première en 15 saisons, et tourne à une moyenne affolante de 41,3 minutes de jeu depuis le début des séries. Il a d’ailleurs a montré d’inhabituels et légitimes signes de fatigue.

Une fois le précieux sésame pour la finale obtenu, il les a balayés d’un revers de la main. «Je suis le leader de cette équipe, je dois donner tout ce que j’ai, c’est ce qu’on attend de moi», a-t-il rappelé alors qu’il affiche en séries une moyenne de 34 points par match, la plus élevée de sa carrière.

«On ne nous voyait pas arriver en finale et on se retrouve en position d’être sacrés», s’est félicité le no 23. Le triple champion de la NBA n’a toutefois pas pu cacher que la saison 2017-18 était difficile, «l’une des plus compliquées» de sa carrière.

Nombre d’observateurs s’attendent à une finale facilement remportée par les Warriors, en cinq ou six matchs. Les preneurs aux livres non plus ne donnent pas cher des chances des Cavaliers avec une cote de + 650 pour les champions sortants, la plus forte jamais observée pour des adversaires de «King James» en finale.

Ces pronostics ont le don d’agacer Tyronn Lue, l’entraîneur-chef de Cleveland. «On joue la finale pour la gagner, on s’en fout de tout ce qui se dit de nous.»

Stephen Curry s’est lui aussi agacé qu’on résume Cleveland uniquement à James et qu’on sous-estime ses coéquipiers. «Oui, “Bron” est incroyable et réalise des séries exceptionnelles, mais ses coéquipiers sont quand même des joueurs de la NBA», a rappelé le meneur vedette des Warriors, qui vise un troisième titre en quatre ans.