Le président des Capitales, Michel Laplante, ne voit pas d'un mauvais œil le fait que la Ligue Can-Am puisse être forcée d'ajuster le plafond salarial en raison d'une nouvelle loi américaine.

Laplante pas contre une hausse du plafond salarial

Une augmentation forcée du plafond salarial de la Ligue Can-Am en raison du «Save America’s Pastime Act» n’est pas une mauvaise chose, croit le président des Capitales, Michel Laplante.

Le Soleil révélait samedi que la Ligue Can-Am devra vraisemblablement ajuster son plafond salarial dans la foulée de la nouvelle loi américaine statuant que les équipes de baseball professionnel doivent payer leurs joueurs un minimum de 1160 $US par mois, soit l’équivalent du salaire minimum américain pour une semaine de travail de 40 heures. 

À moins que le baseball indépendant ne réussisse à se soustraire au Save America’s Pastime Act, qui visait d’abord à éviter une augmentation des salaires dans le baseball affilié, le salaire minimum de 800 $ de la Ligue Can-Am devra donc être augmenté.

«Je ne suis pas contre ça. J’ai toujours pensé que le baseball était poussé à l’extrême dans une optique capitaliste», a réagi Michel Laplante, mardi, tout juste de retour de vacances. 

On peut penser que le plafond salarial de la Can-Am devra être augmenté de 10 %, soit un peu plus de 10 000 $, estime le président des Capitales. Or, «si l’on n’est pas capable d’assumer une augmentation de 10 000 $, on a un sérieux problème», croit-il.

C’est que sur un budget d’opération variant entre 1,5 million $ et 1,8 million $ pour les équipes de la Ligue Can-Am, il s’agit après tout de même de moins de 1 %. Certes, certaines équipes ont des finances plus précaires que d’autres et 10 000 $ n’est pas un montant négligeable, «mais il suffit d’être un peu plus créatif pour aller récupérer ce montant-là ailleurs». 

Le problème du baseball majeur

Le vrai problème avec les salaires se trouve toutefois dans les clubs affiliés du baseball majeur, précise le président des Capitales. Dans une même organisation où des joueurs font 25 millions $ par saison, d’autres peinent à avoir 3000 $ par mois au niveau inférieur, le AAA, pointe-t-il. On est très loin des salaires de la Ligue américaine de hockey.

Or, le Save America’s Pastime Act ne fera pas réellement augmenter les salaires dans le baseball affilié, où le minimum par mois s’élevait déjà à 1100 $. Au contraire, la nouvelle loi vient contrecarrer une poursuite lancée par des anciens des ligues mineures qui plaidaient les heures supplémentaires travaillées par les joueurs pour exiger que les salaires soient augmentés. Le Save America’s Pastime Act tranche que le baseball professionnel est une exception et que l’on ne peut compter le nombre d’heures travaillées. 

Michel Laplante est d’accord. Le temps de préparation et la pratique d’un sport professionnel ne peuvent pas se compter en heures travaillées. «Ils ont utilisé ça dans le baseball mineur parce que c’était un de leur seul recours légal pour faire augmenter les salaires, mais je ne suis pas d’accord avec la route qu’ils prennent.»

Au final, estime celui qui a lui-même lancé durant cinq ans dans les ligues mineures, le gros bon sens devrait suffire aux équipes de la MLB pour augmenter les salaires. «Tu as 125 joueurs par organisation dans les équipes affiliées. En investissant 750 000 $, tu pourrais augmenter le salaire de tout le monde. Russell Martin à lui seul fait 20 millions $ cette saison.»