Les cyclistes de l’équipe BMC ont remporté le contre-la-montre par équipe de Cholet, lundi, ce qui permet au Belge Greg Van Avermaet d’enfiler le maillot jaune.

L'ancien champion olympique Van Avermaet en jaune au Tour de France

CHOLET — Après le champion du monde, le champion olympique! Le Belge Greg Van Avermaet, vainqueur aux JO de Rio, a endossé le maillot jaune du Tour de France après la victoire de sa formation BMC dans le contre-la-montre de Cholet.

Par quatre secondes, l’équipe américaine a enlevé cette troisième étape devant la Sky du Britannique Chris Froome. Mais les écarts ont été resserrés à l’arrivée entre les cinq premières (Quick-Step 3e, Mitchelton 4e, Sunweb 5e) séparées par une douzaine de secondes seulement.

Le porteur du maillot jaune, Peter Sagan, s’est relevé à une dizaine de kilomètres de l’arrivée. «Une journée vraiment dure, je voulais mieux faire, mais j’ai passé une mauvaise étape», a regretté le champion du monde qui s’est fendu d’un bon mot : «Ce n’est pas tous les jours dimanche.»

Si Van Avermaet, déjà en jaune dans le Tour 2016, s’est retrouvé propulsé sur le devant de la scène, le chef de file de l’équipe BMC s’appelle Richie Porte. Au classement, l’Australien s’est remis en position après son débours de la première étape à Fontenay-le-Comte (51 secondes perdues).

En 2015, BMC avait gagné le précédent chrono collectif disputé dans le Tour. Sky, deuxième, s’était inclinée d’une seconde seulement. «C’est un peu notre affaire», a réagi Van Avermaet (33 ans), déjà présent dans le groupe cette année-là. Pour preuve, les titres mondiaux dans l’exercice décrochés en 2014 et en 2015, suivis de deux médailles d’argent ces deux dernières années.

«On a une équipe exceptionnelle pour le chrono par équipes», a souligné le Belge. Avec notamment le Suisse Stefan Küng, spécialiste de la poursuite, et l’Américain Tejay Van Garderen, qui a joué un rôle moteur dans ce parcours victorieux bouclé à 54,944 km/h de moyenne.

Pour le classement général, Froome n’a perdu du temps, une broutille de quatre secondes, que sur Porte. Il a, en revanche, gagné sur tous les autres, mais dans des proportions variables.

Le Britannique Adam Yates (à 5 secondes de Froome) et le Néerlandais Tom Dumoulin (à 7 sec), ainsi que le Colombien Rigoberto Uran (à 31 sec), ont réalisé la meilleure opération. Le Colombien Nairo Quintana et l’Espagnol Mikel Landa ont lâché 49 secondes, l’Italien Vincenzo Nibali 1:02, le Français Romain Bardet 1:11. «C’est fidèle à ce qu’on attendait», a commenté Bardet dont deux coéquipiers (Dillier, Gallopin) étaient diminués par des chutes. «Je suis soulagé».

L’Auvergnat a bénéficié de l’efficacité du champion de France du contre-la-montre Pierre Latour, omniprésent en fin de course. «Le vent soufflait alors de face et c’était plus facile pour nous», a réagi Latour.

Soulagement général

De tous côtés, le soulagement était perceptible, le mot d’ordre aux discours positifs après cette étape que les coureurs abordent le plus souvent la boule au ventre.

«On peut être satisfait», a déclaré Froome, qui s’est montré très à l’aise dans l’exercice. «Je suis très content des autres coureurs de l’équipe», a ajouté le Britannique, bien que deux des siens (Rowe, Poels) aient été distancés avant le dernier tiers de parcours.

«Je me sens bien», a confirmé Froome, qui a dû essuyer une nouvelle fois huées et sifflets au long de son parcours, à l’instar des journées précédentes. Une partie du public lui montre son hostilité après qu’il a été blanchi par les autorités internationales de son contrôle antidopage anormal de la Vuelta.

Mardi, les sprinteurs disposent d’une nouvelle opportunité dans la quatrième étape, longue de 195 kilomètres entre La Baule (Loire-Atlantique) et Sarzeau (Morbihan). Avec une très longue ligne droite de quatre kilomètres pour terminer.

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BARDET SATISFAIT APRÈS LE PREMIER TEST

Satisfaits et soulagés : Romain Bardet, prétendant à la victoire au Tour de France, et son équipe AG2R La Mondiale, ont bien limité la casse, lundi, lors du contre-la-montre par équipes, par rapport aux meilleures formations dans cet exercice, qui constituait un premier test.

«C’est un bon chrono. C’est toujours un exercice que l’on redoute dans une équipe majoritairement composée de grimpeurs. Mais en le travaillant, on a réussi à réduire la marge», s’est réjoui Bardet après l’épreuve.

Sa formation a terminé la journée à une 1:15 de BMC, qui s’est imposé avec quatre secondes d’avance sur l’équipe Sky du Britannique Chris Froome, quadruple vainqueur du Tour (2013, 2015, 2016, et 2017).

Les sourires étaient globalement de mise pour les coureurs au maillot terre et ciel, à l’image d’un Bardet accueillant dans la bonne humeur les premières félicitations d’un très jeune fan, qui lui a remis un dessin, avant de répondre aux nombreux journalistes présents à proximité du bus de l’équipe.

L’effort chronométré collectif de 35,5 kilomètres autour de Cholet était le premier temps fort pour le Français de 27 ans sur le Tour de France, dans un exercice où AG2R avait perdu du temps par le passé. «On est à une minute de Sky, c’est correct. Je suis très fier de l’équipe, on a couru comme un seul homme. C’est bien, je suis soulagé», a ajouté Bardet.

Lent départ

Pourtant, le contre-la-montre avait plutôt mal débuté avec un retard de plus de 30 secondes après seulement 13 km, laissant craindre le pire.

«Quand on fait une projection mathématique, on pouvait se dire ‘‘Aïe!’’. Mais on sait que l’on termine bien les chronos, donc on ne s’est pas affolé. On a l’habitude de se mettre un peu mal en route», a remarqué le directeur général d’AG2R La Mondiale, Vincent Lavenu.

L’équipe française était amoindrie par les blessures du Suisse Silvan Dillier, tombé la veille lors de la deuxième étape, et du Français Tony Gallopin, tombé aux Championnats de France il y a huit jours, avec une côte fracturée. «Quand on voit la chute de Silvan Dillier, et la douleur que représente une fracture d’une côte, on peut se dire qu’ils vont lâcher très tôt, ils ont tenu», s’est félicité Lavenu.

Au soir de la troisième étape, Bardet ne compte qu’une vingtaine de secondes de retard sur Chris Froome. «On n’a fait que trois étapes, attention. Il reste encore beaucoup de route. Je considère que 10 ou 20 secondes sur le Tour en première semaine, ce n’est pas grand chose», a estimé Bardet, citant le risque de cassure, et surtout l’étape des pavés, dimanche, arrivant à Roubaix, «qui va faire de gros écarts.»

«Ça va être une bataille à chaque instant. Je prends du plaisir à passer ces premiers jours sans encombres, je m’attends à beaucoup souffrir sur ce Tour. Les trois premières étapes c’est pas trop mal. Je me satisfais de ça», a-t-il ajouté.