L'attaquant Mario Goetze célèbre après son but.

L'Allemagne victorieuse!

Mario Goetze a marqué à la 113e minute et l'Allemagne a défait l'Argentine 1-0 en finale de la Coupe du monde, dimanche, alors que la Mannschaft a triomphé pour la quatrième fois de son histoire à la grande fête du soccer.
<p>Les photographes se disputent l'espace au stade Maracana. </p>
Andre Schuerrle a fait une montée assurée sur le flanc gauche et a remis d'une belle touche à Goetze. Ce dernier a parfaitement amorti le ballon avec sa poitrine avant d'y aller, au vol, d'une frappe aussi nette qu'implacable du pied gauche, battant le gardien Sergio Romero à sa gauche.
Scénario hollywoodien en quelque sorte, Goetze avait été inséré dans le match après 87 minutes, en remplacement de Miroslav Klose.
Avec une minute à jouer, un coup franc de Lionel Messi est allé bien au-dessus du filet, comme dernier espoir des Argentins.
La Mannschaft a remporté la Coupe du monde en 1954, 1974 et 1990 - dans ce dernier cas, deux ans avant la naissance de Goetze en Bavière.
«C'est incroyable ce que nous avons réalisé, a affirmé le capitaine allemand, Philipp Lahm. Nous nous sommes améliorés tout au long du tournoi et n'avons jamais laissé tomber, même quand les choses n'allaient pas comme nous le voulions. Nous sommes restés fidèles à notre plan et à la fin, nous sommes devenus les champions du monde.»
Le pays n'avait pas mérité de titre majeur depuis l'Euro de 1996. Les Allemands ont perdu la finale du Mondial de 2002 contre le Brésil, pour ensuite être écartés en demi-finales en 2006 et 2010.
Les Argentins étaient à la recherche d'une troisième consécration à la Coupe du monde, après celles de 1978 et 1986.
Rodrigo Palacio avait le triomphe au bout du pied à la 98e, mais son lob d'une courte distance est tombé à la droite du but de Manuel Neuer.
Sergio Aguero a obtenu une belle occasion sur le flanc gauche à la 93e, mais son tir a manqué de précision.
Trois minutes après le début de la deuxième demie, Messi a raté de très peu à la gauche du filet, avec une frappe au ras du sol.
La première moitié du match a offert peu de chances de marquer mais à la 37e, Romero a dû être vigilant sur un tir de qualité de Schuerrle.
Messi a obtenu le Ballon d'or pour sa tenue pendant le tournoi, tandis que le Gant d'or est allé à Neuer.
Dans le match ultime, Messi aura toutefois fait peu de bruit. Il a fait sentir sa présence quelques fois, mais les Allemands l'ont neutralisé la plupart du temps. Et pour certains, le résultat pour l'Argentine le cantonnera dans l'ombre de Diego Maradona, qui a mené les siens à la grande victoire en 1986.
Le match a été disputé devant 74 738 personnes au Stade Maracana.
Dans l'assistance se trouvaient notamment la top-modèle Gisele Bundchen et son mari Tom Brady, le quart des Patriots de la Nouvelle-Angleterre.
Avant le match, Bundchen a procédé au dévoilement du trophée en compagnie de Carles Puyol, qui a brillé pour les Espagnols quand ceux-ci ont gagné le Mondial en 2010.
Le président de la FIFA, Sepp Blatter, a assisté au match aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel et du président russe Vladimir Poutine.
C'est en Russie que sera présenté le prochain Mondial, dans quatre ans.
<p>Les fans allemands réagissent à la victoire de leur équipe. </p>
Les tops et les flops
TOPS
Mario Götze, «super-sub» décisif
En inscrivant le but de la victoire, Götze s'est fait une place dans les livres d'histoire. Un but tout en maîtrise technique alors que l'on se dirigeait vers les tirs au but et que la tension montait dans le Maracana. Il en aura fallu du sang-froid pour réceptionner le centre de Schürrle, amortir le ballon de la poitrine et envoyer le ballon au fond du but de Romero d'une reprise sèche et précise du pied gauche. Le remplaçant de Miroslav Klose, entré peu avant la 90e, est un «super-sub» (super remplaçant) en or.
Bastian Schweinsteiger, de la sueur et du sang
Le milieu défensif a disputé un match au niveau de son excellent Mondial, s'érigeant en patron au milieu de terrain. Averti à la 29e pour une faute sur Lavezzi, il aurait pu lever le pied par précaution, mais il s'est donné sans compter. Ménagé en début de compétition car relevant de blessure, «Basti» est monté en puissance au fil des matches pour atteindre un très bon niveau de jeu en finale. On l'a vu beaucoup parler à ses coéquipiers, replaçant notamment Christoph Kramer en début de partie. Il a souffert physiquement en prolongation, terminant le visage en sang après un coup de poing d'Agüero.
Jerome Boateng, intraîtable
Au contraire de Mats Humels, son compère dans l'axe central défensif, le joueur du Bayern est directement entré dans son match en faisant preuve d'autorité dans ses duels. Preuve qu'il était dans un bon jour, Lionel Messi évitait souvent de roder dans son secteur, de même que Higuain qui chassait constamment dans les pieds de Hummels. Boateng a donc le plus souvent eu affaire à Ezequiel Lavezzi qu'il a régulièrement maîtrisé. Auteur d'un contre indispensable sur Lionel Messi à la 88e minute, il a permis à son équipe de rester dans le match et de disputer la prolongation.
FLOPS
• Christoph Kramer, entrant sorti
Pas facile de remplacer Sami Khedira (blessé au mollet à l'échauffement). Aligné d'entré à la place du joueur du Real Madrid, pourtant annoncé sur la feuille de match, Kramer a souffert de la comparaison avec l'autre milieu défensif Bastian Schweinsteiger. Le joueur de Mönchengladbach a cherché sa bonne place sur le terrain, qu'il a quitté à la demi-heure. Victime d'un choc à la tête quelques minutes plus tôt, il est rentré au vestiaire groggy, remplacé par Andre Schürrle.
Mats Hummels, patron bousculé
Le défenseur de Schalke 04 a connu un début de match difficile. Sa mauvaise relance aurait pu coûter cher à la 3e si Higuain avait cadré son tir. Débordé par Messi (9e), il a souffert de la comparaison avec le génie argentin du point de vue de la vitesse de course. Messi l'a d'ailleurs une nouvelle fois roulé dans la farine à la 40e pour la plus belle occasion argentine de la première période. Hummels a ensuite livré une excellente prolongation.
Toni Kroos, en retrait
Auteur d'une énorme bourde à la 21e: le milieu du Bayern a manqué une tête en retrait, lançant bien involontairement Gonzalo Higuain vers le but de Manuel Neuer. Heureusement pour l'Allemand, l'attaquant de l'Albiceleste, peut-être surpris d'une telle aubaine, a manqué de sang froid au moment de conclure. Marqué à la culotte (souvent par Biglia), il n'aura pas eu la même influence sur le jeu que lors des matches précédents. Et la sortie de Kramer l'a obligé à reculer dans le jeu à un poste plus ingrat de récupérateur. Aurait pu marquer sur une passe d'Ozil avant la pause, mais a manqué de conviction. A la 82e, il oublie de cadrer son envoi aux 16 mètres alors qu'aucun Argentin ne le gêne. AFP