Joachim Löw et l'Allemagne doivent l'emporter par deux buts mercredi pour s'assurer d'avancer en huitièmes de finale sans dépendre du résultat du match entre la Suède et le Mexique.

L'Allemagne devra être convaincante

MOSCOU — Une victoire par deux buts d’écart et l’Allemagne sera automatiquement qualifiée pour les huitièmes de finale... Mais face aux Sud-Coréens mercredi (10h), à Kazan, la Mannschaft ne doit pas seulement assurer le résultat, elle doit aussi retrouver la sérénité qui lui fait défaut depuis le début du Mondial.

Si les champions du monde font match nul ou ne gagnent qu’avec un but d’avance, leur destin dépendra du résultat de l’autre match du groupe F entre le Mexique et la Suède. En Allemagne, chacun veut croire maintenant que la victoire à la dernière minute du temps additionnel samedi contre la Suède peut être l’étincelle salvatrice, celle qui va embraser d’un seul coup une équipe accablée par les critiques après son naufrage initial contre le Mexique (défaite 1-0).

«C’était un premier pas important dans la bonne direction, je crois que ce qui s’est passé va avoir un effet», assure le capitaine Manuel Neuer. «Ce sentiment positif doit nous accompagner pour le prochain match contre la Corée».

Les Sud-Coréens, qui ont perdu leurs deux premiers matchs, sont évidemment des sparring-partners idéaux pour relancer une formation en quête de certitudes. «Je n’attends pas un match de gala, mais une victoire solide», écrit le champion du monde de 1990 Jürgen Kohler dans une contribution au magazine de football Kicker.

Comme beaucoup d’autres consultants, l’ancien défenseur central de la Juventus et de Dortmund est convaincu que l’Allemagne passera l’obstacle coréen, mais s’inquiète pour la suite. «L’équipe a toujours des carences que des adversaires plus forts sauront utiliser. Il lui manque une ossature, elle n’est pas stable».

Guido Buchwald, également champion du monde en 1990, estime pour sa part que les héros du Brésil de 2014 sont fatigués. «Que ce soit Müller, Kroos ou Mats Hummels, ils sont tous bons, mais ils ne sont pas à leur niveau de performance du Brésil.»

Garder son destin en main

Mercredi, Joachim Löw ne pourra miser sur le défenseur central Jérôme Boateng, suspendu, ni sur le milieu défensif Sebastian Rudy, victime d’une fracture du nez contre les Suédois. Il est possible, compte tenu des circonstances, que le sélectionneur allemand aligne une formation dans laquelle ne resteraient que quatre, voire trois champions du monde : Neuer, Hummels, Kroos, et probablement encore Müller, bien que le Munichois ait fortement déçu lors de ses deux premières sorties.

«Il faut être clair sur ce qu’on veut faire», a insisté Löw, mardi. «Nous devons absolument marquer deux buts de plus que notre adversaire et ça nous permettra de nous qualifier. Nous devons être les maîtres de notre destin demain [mercredi]. Ça va sans dire qu’on va constamment être au courant du résultat entre la Suède et le Mexique, pour qu’on puisse réagir si besoin. Mais c’est important de rester concentré sur ce qu’on doit faire.»