La nageuse Taylor Ruck, 18 ans, a remporté huit médailles aux Jeux du Commonwealth en avril et en a ajouté cinq aux Championnats panpacifiques de natation à Tokyo, la semaine dernière.

L'âge d'or des adolescents canadiens

TORONTO — Le nombre d’athlètes canadiens adolescents sur le point d’éclore au plus haut niveau dans des sports très suivis semble inégalé dans l’histoire récente du pays.

Sur la scène du tennis, on pense à Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime. R.J. Barrett fait saliver les dépisteurs de la NBA. Le joueur de soccer Alphonso Davies a le potentiel d’une super vedette et Taylor Ruck fait forte impression en natation.

«Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça dans l’ensemble du sport canadien», a constaté Scott Russell, animateur de longue date à CBC Sports. «Certainement pas depuis que je couvre le sport.»

Dans un pays qui produit régulièrement des vedettes de hockey, d’autres sports de haut niveau se retrouvent désormais sous les projecteurs.

Shapovalov a gravi les échelons du classement l’an dernier après une solide performance à la Coupe Rogers à Montréal. L’Ontarien de 19 ans pourrait avoir à partager la vedette au cours des prochaines saisons avec Auger-Aliassime. Le natif de L’Ancienne-Lorette, un ancien champion junior des Internationaux des États-Unis, vient tout juste de célébrer ses 18 ans.

«Je suis dans le milieu depuis longtemps», a déclaré Karl Hale, directeur du volet torontois de la Coupe Rogers et ancien joueur. «Avoir deux joueurs qui ont le potentiel de se hisser parmi le top 10 mondial, le top 5 même, c’est formidable pour l’avenir du tennis au Canada.»

Le basketteur R.J. Barrett (à droite), qui disputera sa première saison dans la NCAA avec la prestigieuse Université Duke, a de fortes chances d'être le premier choix au prochain repêchage de la NBA.

Sur la scène du basketball, on peut affirmer sans risque de se tromper que Barrett deviendra le premier choix au repêchage de la NBA l’an prochain. L’Ontarien de 6’7” semble prêt à exceller comme étudiant de première année à l’Université Duke.

Au soccer, Davies (Edmonton) n’a que 17 ans et il a déjà démontré son brio avec les Whitecaps de Vancouver, méritant une place au match des étoiles de la Major League Soccer cette année. L’équipe a d’ailleurs récemment conclu un accord de transfert record pour la MLS avec le Bayern Munich, une entente qui pourrait totaliser plus de 22 millions $US.

En natation, Ruck, une athlète de 18 ans de la Colombie-Britannique huit fois médaillée en avril aux Jeux du Commonwealth, a établi un record canadien de cinq médailles aux Championnats panpacifiques de natation la semaine dernière à Tokyo. Elle pourrait être une favorite du podium aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

Il est également facile d’oublier que la nageuse Penny Oleksiak est encore adolescente. Elle n’avait que 16 ans lorsqu’elle a remporté quatre médailles aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016.

«Nous devenons des acteurs principaux dans les sports majeurs sur la scène internationale», a déclaré Russell.

Félix Auger-Aliassime, qui vient de célébrer son 18e anniversaire, s'approche rapidement du top 100 du classement de l'ATP.

Certains jeunes Canadiens ont à peine franchi l’adolescence et continuent de démontrer que leurs succès rapides n’ont pas été le fruit du hasard.

Le capitaine des Oilers d’Edmonton, Connor McDavid, âgé de 21 ans, a marqué en moyenne plus d’un point par match à ses trois saisons dans la LNH. La golfeuse Brooke Henderson, qui était âgée de 18 ans lorsqu’elle a remporté un tournoi majeur (Championnat de la LPGA) il y a deux ans, compte déjà six titres sur le circuit de la LPGA. Le sprinteur Andre De Grasse, âgé de 23 ans, a été ralenti par des blessures récemment, mais il a remporté trois médailles il y a deux ans aux Jeux olympiques de Rio.

«Nous sommes vraiment en train de devenir une nation sportive», a déclaré Russell lors d’une récente entrevue. «Nous ne sommes plus seulement une nation efficace dans le ski, le patinage et les sports de glisse.»

L’effet Vancouver

Il est difficile d’identifier une raison précise pour laquelle les jeunes Canadiens s’épanouissent sur la scène sportive. Le financement, l’investissement dans le sport amateur, l’ajout d’équipes professionnelles et l’évolution démographique ne sont que quelques-uns des facteurs.

L’effet des Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver — où le Canada a dominé tous les pays avec 14 médailles d’or — ne peut être sous-estimé.

«Croyez-moi, je l’ai constaté au fil des ans. Rien n’inspire plus les jeunes garçons et les jeunes filles, les hommes et les femmes que de gagner ou de voir une victoire canadienne» a déclaré Brian Williams de TSN. «C’est ce qui les inspire.»

Un âge d’or des adolescents dans le sport canadien pourrait bien poindre à l’horizon s’il n’est pas déjà là. C’est difficile à dire, car certains espoirs s’affirment alors que d’autres peuvent rapidement s’éclipser. Mais les amateurs de sport canadiens devraient s’enthousiasmer de la profondeur du talent.

«Je pense que c’est un signe de notre maturité en tant que nation sportive», a conclu Russell. «Je pense que c’est également une preuve de notre appréciation du sport en tant que nation.»