Pauline Parmentier a lutté avec énergie durant deux heures et 36 minutes, devant une foule parsemée gagnée à sa cause.

«L’affaire est ketchup» pour Parmentier

«Comme on dit ici, l’affaire est ketchup!» a lancé une Pauline Parmentier fourbue, mais ravie d’atteindre la finale de la Coupe Banque Nationale de tennis de Québec. Dimanche (11h), la Française affronte l’Américaine Jessica Pegula pour tenter de devenir la deuxième plus vieille championne de l’histoire du tournoi.

Ouf! Ce qu’elle a trimé dur, la Paupau, pour venir à bout de la Britannique Heather Watson 5-7 6-3 et 7-6 (5), samedi après-midi, au PEPS de l’Université Laval. Elle a lutté avec énergie durant deux heures et 36 minutes, devant une foule parsemée gagnée à sa cause.

«Enwèye Pauline!»

«Enwèye Pauline!» a-t-on entendu crier des gradins, alors que Parmentier, huitième favorite du tournoi et classée 69e au monde, venait de servir un as à 185 km/h pour prendre les devants 5-4 dans la troisième et ultime manche.

«Qu’est-ce que ça veut dire, c’est comme “allez Pauline”?» a d’ailleurs demandé la gagnante aux journalistes, dans son point de presse d’après-match. Elle confirme que le soutien de la foule aide beaucoup, surtout «rendu dans le dur, après 2 h 36 de jeu».

Elle avait pris connaissance la veille de l’existence d’un restaurant à Québec appelé L’Affaire est ketchup, puis décrypté quelques expressions bien de chez nous pour profiter de sa première visite dans la capitale québécoise.

Watson (107e) s’est révélée une rivale très combative, effaçant un déficit de 5-3 pour arracher la première manche et parvenant aux portes de la victoire avec une avance de 6-5 au troisième set.

«J’étais frustrée de perdre la première manche et après avoir menée la deuxième 4-0, je me suis encore faite remonter. Je me disais : “C’est pas possible, je ne vais pas m’en sortir!” Puis à la fin, j’étais certaine que ça irait au bris d’égalité et une fois là, c’est comme lancer une pièce», a-t-elle analysé.

Fini, la retraite!

Âgée de 32 ans, Parmentier avait songé à la retraite en début d’année, alors que rien n’allait sur le court. Puis une bonne performance en Coupe Fed, puis un triomphe au tournoi d’Istanbul, en avril, l’a remis sur les rails. Voilà Parmentier dans une deuxième finale WTA cette saison et la fin de sa carrière repoussée aux calendes grecques.

«Ça donne envie de continuer! Je n’ai pas prévu arrêter lundi!» assure celle qui aimerait tirer sa révérence devant les siens après le prestigieux tournoi de Grand Chelem de Roland-Garros. Mais pas tout de suite.

Elle pourrait devenir dimanche la deuxième joueuse la plus âgée à remporter le tournoi WTA de Québec en 26 ans d’histoire. En 2005, Amy Frazier a réussi l’exploit à 33 ans. La fierté de Cucq, au pays des Ch’tis, pourrait aussi devenir la quatrième Française à soulever le trophée, après Océane Dodin (2016), Marion Bartoli (2006) et Nathalie Tauziat (1993).

En terrain inconnu

Parmentier et Pegula se sont entraînées l’une contre l’autre, un matin de cette semaine. Mais sinon, les deux finalistes ne se sont jamais croisées en match officiel.

L’Américaine de 24 ans, classée 227e au monde, a défait sa compatriote de 19 ans et cinquième favorite du tournoi Sofia Kenin (67e) 4-6, 6-2 et 6-4, samedi midi. Ce sera pour elle une première participation à la finale d’un tournoi WTA.

En même temps, elle se montre très à l’aise au PEPS, où elle a d’abord dû livrer deux matchs de qualification. Elle est donc sur place depuis une dizaine de jours et affiche déjà six victoires au compteur. Contre quatre pour Parmentier, qui a intégré le tableau principal grâce à son classement avantageux.

Pegula devient la quatrième joueuse issue des rondes de qualification à atteindre la finale à Québec, après Lauren Davis (2016), Tamira Paszek (2010) et Abigail Spears (2004). Seule Paszek a remporté les grands honneurs.

Jessica Pegula devient la quatrième joueuse issue des rondes de qualification à atteindre la finale à Québec.

Pas si emballée

«Je suis contente de ma victoire, mais pas surexcitée. Je ne sais pas si c’est bon ou mauvais signe. C’est peut-être parce que je suis enfermée ici depuis jeudi de la semaine précédente. Je sors dehors et le soleil m’aveugle!» rigole la fille des propriétaires des Bills (NFL) et des Sabres (LNH) de Buffalo.

Pegula a passé la soirée de samedi avec son amoureux, arrivé en avion le matin pour célébrer son anniversaire. «Ma victoire, ça lui fait un beau cadeau!» a confié celle qui prévoyait marcher un peu dans la vieille ville pour se détendre à la veille du grand match.

La finale du double opposera la paire formée de la Croate Darija Jurak et de la Suisse Xenia Knoll, semées deuxièmes favorites à l’aube du tournoi, au duo d’Américaines Asia Muhammad et Maria Sanchez.

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À l’horaire dimanche

Court Banque Nationale

(à compter de 11h)

Jessica Pegula (É.-U.) c. Pauline Parmentier (Fra.) [8]

Darija Jurak (Cro.) et Xenia Knoll (Sui.) [2] c. Asia Muhammad (É.-U.) et Maria Sanchez (É.-U.)