Le contrat qui lie la Ville de Québec aux Grands Prix cyclistes se termine cette année. Serge Arsenault, le président de l’évènement, et Régis Labeaume, le maire de Québec, devront donc amorcer au cours des prochains mois des négociations pour en arriver à une nouvelle entente.

Labeaume souhaite renouveler une entente de trois ans avec les Grands Prix cyclistes

La 10e édition des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal sera la dernière dans l’actuel contrat qui lie les deux villes à l’organisation dirigée par Serge Arsenault. S’il n’en tient qu’au maire Régis Labeaume, la prochaine entente sera d’une durée de trois ans. Mais il préfère rouler main dans la main avec la mairesse de Montréal au lieu de le faire en solitaire!

La conférence officielle du GPCQM emprunte souvent le même sentier, et celle de mercredi après-midi ne faisait pas exception. On y aborde bien sûr l’avenir de ces deux courses internationales, les seules du genre en Amérique du Nord.

«Pour nous, c’est assez simple, on veut un contrat de trois ans. L’événement a atteint une belle maturité, les gens sont au rendez-vous. Mais Serge et moi, on est comme un vieux couple, on renouvelle nos vœux aux trois ans. Il est un négociateur formidable, et moi, je me débrouille pas mal. En même temps, je vais discuter avec Valérie [Plante], car Montréal et Québec doivent être solidaires, car toute la structure financière est montée en fonction des deux événements», expliquait le maire de Québec.

Selon ce qu’il a entendu, Montréal pourrait signer une entente d’un an. Son intervention n’avait cependant pas pour but de mettre de la pression sur celle qui a rendu possible la réalisation du projet du tramway à Québec.

«Renouveler tous les ans, ce n’est pas une bonne chose. Moi, je veux signer pour trois ans et je ne vois pas pourquoi Montréal ne ferait pas la même affaire. Ce que je vais dire à la mairesse, c’est qu’on doit renouveler idéalement pour le même nombre d’années. Je connais Valérie, elle est très sportive, elle sait compter, on l’a vu dans le cas du tramway et ça ne m’inquiète pas… Je ne mets pas de pression, c’est une évidence. Il faut que ce soit ça», ajoutait-il en racontant qu’à l’origine, il avait acheté les deux épreuves pour finalement en vendre une à Montréal, alors sous l’administration de Gérald Tremblay, à l’époque.

Le discours du maire Labeaume devait être de la musique aux oreilles du président des GPCQM, Serge Arsenault, qui en plus de voir à la bonne marche des Grands Prix, sert d’hôte à des délégations des États-Unis et du Japon qui songent à organiser des courses du genre dans un avenir rapproché.

Un sort identique à celui du tournoi de tennis féminin, qui a été vendu à la Chine, pourrait-il attendre les courses de Québec et Montréal?

«Pour acheter, ça doit être à vendre; les Grands Prix ne sont pas à vendre», disait-il d’un ton rassurant devant deux partenaires publics, comme la Ville de Québec et le gouvernement du Québec, représenté par la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest.

Aux États-Unis

Arsenault rêve de l’ajout d’une course d’un jour aux États-Unis. La ville de Baltimore, au Maryland, discute de l’idée qui mènerait à une pause nord-américaine de trois courses dans le calendrier de l’UCI. Mais comme le maire de Québec, il est un partisan d’une entente à long terme.

«Si on signait pour un an, ça coûterait une fortune et on serait en péril. J’aime le sport, le cyclisme et les athlètes, mais on a l’obligation de rendre un produit correct et on me reprocherait d’avoir une gestion financière irresponsable. Notre licence avec l’UCI est de quatre ans, mais ils disent, garantissez-nous que vous avec une sécurité financière. La nature de l’événement nous oblige à signer des ententes à long terme, par respect pour les hôtels, les transporteurs aériens, etc.», précisait le président des GPCQM.

N’empêche, la demande est forte pour obtenir des courses du type de celles de Québec et Montréal, d’où l’importance pour lui d’avoir un certain contrôle sur ce qui se passe de ce côté-ci de l’Atlantique, surtout que l’UCI songe à prendre de l’expansion à l’extérieur du continent européen. L’Asie et l’Afrique sont dans la mire.

«Serge peut compter sur nous, on va être présent parce qu’on y voit notre compte à moyen et long terme. On sait qu’il y a beaucoup de villes européennes qui voudraient cette course, mais nous ne sommes pas en compétition avec les États-Unis. Au contraire, avoir une ville américaine serait important et payant pour tout le monde», admettait le maire de Québec.

Reste à tout le monde à s’entendre, maintenant!