Serena Williams, qui avait choqué les autorités de Roland-Garros avec sa combinaison de compression après son difficile accouchement, a finalement eu gain de cause auprès de la WTA.

La WTA s’adapte aux mamans

PARIS — Sous l’impulsion de Serena Williams, la WTA a décidé d’adapter son règlement concernant les joueuses revenant de maternité.

C’est à Roland-Garros que la question du traitement réservé aux joueuses de retour de grossesse avait pris de l’ampleur. À l’époque, l’ambassadrice numéro un du tennis féminin était revenue à la compétition moins de trois mois après avoir donné naissance à sa petite Olympia, en septembre 2017.

Au sommet du tennis mondial quand elle s’est éloignée du circuit après son sacre aux Internationaux d’Australie en janvier 2017, l’Américaine s’apprêtait à disputer son premier tournoi du Grand Chelem depuis 16 mois. Quand les organisateurs parisiens décident de ne pas lui attribuer de tête de série, tombée à la 451e place du classement mondial lors de son «congé de maternité», la presse américaine s’indigne.

«Roland-Garros punit Serena Williams d’avoir eu un bébé», titre le quotidien USA Today. Et même Ivanka Trump, la fille du président américain, s’en mêle.

Un mois plus tard, Wimbledon, qui a l’habitude d’adapter les têtes de série en fonction des résultats sur herbe, la désigne 26e tête de série. Et à la fin de l’été, elle est no 17 aux Internationaux des États-Unis.

Si le retour sur le circuit d’une joueuse après avoir donné naissance à un enfant n’est pas une première — on pense à la Belge Kim Clijsters et à la Biélorusse Victoria Azarenka —, le cas emblématique de Serena Williams a vraisemblablement fait bouger les choses et poussé la WTA à réviser en 2019 son système de «classement protégé», dispositif qui permet, durant une période transitoire, de conserver son ancien classement au retour d’une absence longue durée.

Ainsi, le gel du classement est porté de deux à trois ans maximum et il est désormais ouvert aux joueuses classées jusqu’à la 375e place mondiale, au lieu de la 300e. Surtout, les dispositions relatives à une grossesse sont différenciées de celles concernant une blessure.

Pour les joueuses devenues mères, cette période de trois ans s’ouvre à la naissance du bébé et non plus à la date du dernier tournoi joué, comme c’est le cas pour une joueuse blessée. La WTA va jusqu’à préciser la règle en cas d’adoption ou de recours à la gestation pour autrui : le délai est alors de deux ans à partir du dernier tournoi joué.

Maternité ou blessure, le nombre de tournois dans lesquels il est possible de recourir au «classement protégé» grimpe, pour une absence supérieure à un an, de 8 à 12.

Tenue acceptée

Williams avait été au centre d’une autre polémique née à Roland-Garros : celle autour de sa remarquée combinaison moulante noire ceinturée de rose, pas du goût du président de la Fédération française de tennis, Bernard Giudicelli. «Cette tenue ne sera plus acceptée. Il faut respecter le jeu et l’endroit», avait-il estimé.

La joueuse avait justifié sa tenue par des raisons médicales. Elle avait plaidé que sa combinaison favorisait «une meilleure circulation sanguine», elle dont l’accouchement avait été suivi de sérieuses complications.

L’Américaine aux 23 couronnes en Grand Chelem a obtenu gain de cause auprès de la WTA. «Les leggings et les shorts de compression peuvent être portés avec ou sans jupe, short ou robe», a établi l’organisme.