Julie Dionne, directrice des programmes du Rouge et Or, offrira des bourses aux étudiants-athlètes si assez d'argent est amassé avec les droits de la vidéo virale de volley masculin. Sinon, ce sera de la publicité gratuite pour le R et O.

La vidéo du R et O volleyball virale... et payante

La vidéo virale d'un jeu spectaculaire de volleyball s'avère très payante pour l'image de marque du Rouge et Or et de l'Université Laval, depuis sa mise en ligne il y a une semaine. Mais voilà que ces images s'apprêtent à devenir profitables au sens littéral du terme, en argent sonnant.
Une entreprise new-yorkaise a acquis les droits de commercialisation de ladite vidéo (bit.ly/2jepTPa) pour la prochaine année. Ces spécialistes de la monétisation Web espèrent en tirer un profit financier réel auprès de sites et de médias partout sur la planète.
Le Rouge et Or garde les droits d'auteur sur les images et n'a pas encore empoché un sou. Mais Storyful, qui se vante de compter les New York Times, New York Post, MTV, Sky News, Euro News, The Tonight Show, BuzzFeed, Mashable, AOL et MSN parmi ses clients, promet de restituer 60 % des profits engrangés au programme d'excellence sportive de l'UL.
«C'est un peu fou, ce qui arrive avec cette vidéo-là!» s'exclame la directrice des programmes du Rouge et Or, Julie Dionne, à propos des images vues plus de 2,3 millions de fois au total, en plus de mentions dans Le Soleil, Sportsnet, RDS, TVA, Radio-Canada, La Presse, Europe 1 sports et SB Nation.
Un «concours de circonstances» survenu samedi dernier, le caméraman étant au bon endroit, au bon moment, pour la production d'images destinées au gala de fin d'année des clubs du Rouge et Or. Puis le lundi, ESPN a demandé d'utiliser la séquence, qui avait déjà fait du chemin durant la fin de semaine. Ensuite CTV. Et ça s'est mis à grimper à une vitesse folle.
«Avant ça, notre vidéo la plus regardée sur notre compte Facebook était celle de la Coupe Vanier à Hamilton, en novembre passé, avec 112 000 vues. Le volley, c'est 443 000!» constate Dionne.
Réflexion express
L'appel de Storyful a provoqué une réflexion express au service des communications du Rouge et Or. «On s'est demandé : "Qu'est-ce qu'on a à perdre, c'est quoi l'impact?" On s'est dit que de toute façon, la vidéo était déjà disponible sur YouTube et que ça ne nous coûtait rien.»
«Si on fait de l'argent avec ça, on offrira des bourses de plus aux étudiants-athlètes. On est toujours à la recherche de financement. Sinon, ce sera de la publicité gratuite pour le Rouge et Or et on aura intéressé des jeunes au volleyball», résume celle qui attend un premier rapport de Storyful, et un premier versement sur son compte PayPal, dans trois mois.
Mais de combien? Personne ne le sait. Les spécialistes ne peuvent mettre de chiffres sur cette histoire et n'ont pas en mémoire d'autre exemple québécois du genre.
Vice-président à la monétisation chez Crakmédia, Axel Vézina estime toutefois le niveau de risque peu élevé pour le Rouge et Or et sait parfaitement les gestes à poser du côté de Storyful pour «aller chercher des clics», donc de la publicité et de l'argent.
«Tu peux faire un GIF de quatre secondes et lier une publicité; acheter des mots-clés dans Google et mettre des pubs; la vendre à Nike, par exemple, pour faire une vidéo sur la détermination; la vendre à des émissions de sports qui font des tops 10 ou des revues de l'année; vendre un espace pour coller une adresse Internet sur l'image (water mark); augmenter la notoriété de ta compagnie avec la mention "courtoisie de" dans des grands médias.»
L'occasion était à saisir sans attendre, insiste Vézina. «Ce n'est quand même pas le jeu de la décennie et dans une semaine, il va être oublié. Mais s'il y a une tendance pendant une semaine et que tout le monde cherche ça, poste ça, partage ça, ça vaut la peine pour les deux parties», croit-il.
Président d'iXmédia, Carl-Frédéric De Celles compare la chasse aux vidéos virales à l'émission Drôles de vidéos de l'époque, quand une chaîne de télé faisait de l'argent avec des vidéos amateurs. Il pense que le Rouge et Or aurait pu obtenir une meilleure entente en magasinant un peu dans cet univers très compétitif, mais concède que le temps pressait.