Francisco Molinari (à droite), qui jouait avec Tiger Woods, dimanche, est devenu le premier Italien à remporter un tournoi du Grand Chelem.

La victoire de Molinari à l'Omnium britannique, pas si surprenante

CARNOUSTIE — Il n’y a rien qui sort de l’ordinaire chez Francesco Molinari, si l’on fait exception des adversaires qu’il continue de vaincre.

Lorsqu’il s’est présenté sur le premier tertre de départ lors de la ronde finale de l’Omnium britannique, dimanche, il faisait figure de négligé, en partie parce qu’il jouait en compagnie de Tiger Woods et aussi à cause de toutes ces vedettes qui l’entouraient.

Jordan Spieth était à égalité au premier rang. Rory McIlroy accusait un coup de retard sur Molinari.

«Si quelqu’un s’attendait à une poussée, probablement qu’il ne pensait pas qu’elle viendrait de moi, a déclaré Molinari. Mais ç’a été comme ça pendant toute ma carrière.»

Son nom qui a été gravé sur la Cruche en argent devrait régler ce problème. Voilà quelque chose qui sort de l’ordinaire.

Et ce n’est pas un accident. Avec deux victoires et autant de deuxièmes places, personne n’a connu plus de succès que l’Italien de 35 ans pendant les deux mois qui ont précédé l’Omnium britannique.

Tout ce qu’il a fait au Championnat BMW a été de jouer face à face contre McIlroy lors de la dernière ronde et de le battre par deux coups. Un mois plus tard, il a signé une carte finale de 62 pour remporter le Quicken Loans National, avec Woods pour lui présenter le trophée commémoratif à titre d’hôte du tournoi.

Toutefois, Carnoustie tempérait la confiance qu’il pouvait afficher. Réputé comme le terrain le plus difficile parmi les parcours situés en bordure de mer, surtout avec les rafales de vent d’une trentaine de kilomètres/heure qui ont finalement surgi dimanche, Molinari a choisi de ne pas participer aux Championnats Links Dunhill parce que l’escale à Carnoustie, dans le cadre de la rotation à trois terrains, le rongeait par en dedans. «Je me suis fait corriger plusieurs fois ici dans le passé, a reconnu Molinari. Je n’ai pas particulièrement aimé la sensation.»

Et pourtant, il était là lors de la ronde finale, avec d’anciens champions de tournois majeurs devant lui et derrière lui. Et le plus imposant d’entre tous — Woods — à ses côtés, lors d’un parcours ultime si rocambolesque que sept joueurs différents ont détenu le sommet du classement à divers moments de la journée.

McIlroy et Justin Rose, un ancien champion de l’Omnium des États-Unis, ont tenté une poussée. Woods et Spieth ont fait partie d’un groupe de cinq aspirants ayant commis des doubles bogueys.

Régularité payante

À travers tout ce suspense de nature théâtrale, Molinari est le joueur qui a bougé le plus... en faisant du sur-place. Il a amorcé sa ronde avec 13 normales, incluant celles inscrites sur les 12e et 13e verts pendant que Woods commettait un double boguey et un boguey.

Molinari s’est hissé en tête pour la première fois grâce à un oiselet au 14e trou, une normale 5. Il a ajouté un oiselet au dernier trou, assurant sa place dans l’histoire du golf à titre de premier Italien à remporter un tournoi du Grand Chelem. «Ce roulé sur le dernier [vert], je ne l’oublierai jamais», a-t-il dit.

Molinari a signé une carte finale de 69, pour deux raisons significatives. Il est le seul golfeur parmi ceux composant les deux derniers groupes à avoir joué sous la normale et il n’a commis aucun boguey lors des 37 derniers trous.

«Il joue de façon incroyable. Il travaille d’arrache-pied, a fait remarquer Spieth. Je le vois tout le temps dans le gymnase et dans le champ d’exercice. Le travail vigoureux a rapporté des dividendes à Francesco. Je suis évidemment heureux pour lui. Je l’ai vu faire ça jour après jour cette année sur le circuit de la PGA, où il travaille aussi fort que n’importe qui.»