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Alex Labbé ne se raconte pas d'histoires. «En course automobile, c’est pas compliqué, ça te prend de l’argent pour rouler. Pas d’argent, pas de courses», dit-il. 
Alex Labbé ne se raconte pas d'histoires. «En course automobile, c’est pas compliqué, ça te prend de l’argent pour rouler. Pas d’argent, pas de courses», dit-il. 

«La triste réalité de notre sport», déplore Alex Labbé

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
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Alex Labbé n’est pas tombé en bas de sa chaise lorsqu’il a appris lundi matin que Raphaël Lessard, faute d’argent, devait mettre un terme à sa saison dans la série des camionnettes de NASCAR.

«Ça fait un bout qu’on entendait dire que c’était difficile pour Raphaël au niveau des commandites, a indiqué Labbé. Mais ce n’est pas parce que je ne suis pas surpris que je ne trouve pas ça vraiment, vraiment dommage pour lui.»

Soudainement, Labbé devient le seul Québécois à courir à temps plein dans l’un des trois divisions majeures de NASCAR. Le pilote des Bois-Francs participera à la neuvième épreuve de la saison de la série Xfinity le week-end prochain sur le circuit de Darlington, en Caroline du Sud.

«C’est la triste réalité de notre sport, a-t-il repris. En course automobile, c’est pas compliqué, ça te prend de l’argent pour rouler. Pas d’argent, pas de courses. Somme toute, je me considère privilégié d’être bien appuyé par mon équipe [DGM Racing] et par de bons commanditaires.»

Labbé avouera toutefois que la réalité de Lessard et la sienne ne sont pas les mêmes. Pas la même du tout en fait.

«Raphaël a déjà dit que ça lui prenait environ 200 000 $ par mois pour pouvoir courir avec GMS Racing, une équipe de pointe dans la série des camionnettes. Moi, je peux vous dire que je suis très loin de ça avec DGM Racing [propriété du Québécois Mario Gosselin], que notre budget est beaucoup plus modeste.»


« Moi, avec le budget qu’on a, je vise des top 15, parfois des top 10. Raphaël, lui, pouvait se permettre de viser plus haut. »
Alex Labbé

Et puisque l’argent est le nerf de la guerre en course automobile, les objectifs de Lessard n’étaient pas les mêmes que ceux de Labbé non plus.

«Moi, avec le budget qu’on a, je vise des top 15, parfois des top 10. Raphaël, lui, pouvait se permettre de viser plus haut. Par contre, ça lui coûtait plus cher. C’est le pari qu’ont décidé de prendre les gens autour de lui afin qu’il monte le plus vite possible.»

Évidemment, ce n’est pas facile pour un Québécois ou un Canadien de rouler à temps plein en NASCAR aux États-Unis. Certains diront que ça relève même de l’exploit.

«Il faut faire attention, a dit encore Labbé. C’est certain que c’est un défi pour un Québécois ou un Canadien d’amasser assez d’argent pour rouler à temps plein aux États-Unis, mais ce n’est pas automatiquement plus facile pour les Américains. Moi, je connais plein de très bons pilotes américains qui doivent se contenter de compétitionner dans des séries moins importantes parce qu’ils n’ont pas les fonds nécessaires. Il faut faire attention aux généralités.»

Toutes les entreprises qui appuient Alex Labbé sont Québécoises. Bien sûr, les compagnies en question, que ce soit BRP, Larue, Globocam ou Groupe Brière International pour ne nommer que celles-là, font toutes des affaires aux États-Unis.

«Je peux compter sur des commanditaires loyaux et généreux. La bataille des commandites n’est jamais vraiment gagnée, on a encore de la place pour ceux que ça intéresse. Mais ça augure bien, on devrait en mesure de participer aux 33 épreuves du calendrier.»

Labbé ne connaît pas son meilleur départ en série Xfinity, lui qui n’a pu faire mieux qu’une 15e place jusqu’ici. Après 87 départs en carrière, il compte sept top 10, dont cinq la saison dernière.