Novak «Djoker» Djokovic, champion en titre, est injouable et semble se diriger vers un nouveau titre.

La tranquille promenade du «trio infernal» à Wimbledon

LONDRES — Depuis le début de la quinzaine de Wimbledon, le «trio infernal» domine tout : Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer ont dégagé une écrasante impression de puissance et de facilité à l’heure d’aborder les quarts de finale mercredi.

Le Serbe, l’Espagnol et le Suisse, qui n’ont perdu qu’un seul set depuis le début du tournoi, ont particulièrement marqué les esprits lors de leur huitième de finale, ne laissant que 19 jeux à eux trois. Le trio a raflé 14 des 16 dernières éditions, et rien n’indique que cette année échappe à l’une de ces trois légendes.

Djokovic: l’increvable araignée

«C’est un mur, il couvre bien son terrain et il retourne tout» : le constat d’Ugo Humbert est partagé par tout le plateau. Le Serbe est injouable et semble se diriger vers un deuxième titre consécutif à Londres.

«Novak est le gars à battre ici. On peut parler de Rafael Nadal et Roger Federer, mais c’est le champion en titre», abonde Thomas Johansson, l’entraîneur du prochain adversaire de Djokovic, David Goffin.

«Il est presque impossible de trouver des faiblesses dans son jeu», continue le Suédois, vainqueur des Internationaux d’Australie en 2002.

«C’est un mur. [...] C’est comme jouer contre une araignée. Tout revient.»

Égratigné sur un set par Hubert Hurkacz au troisième tour, le Serbe a été piqué au vif. Il a lavé l’affront et détruit le Polonais, balayé Humbert, avant de se jeter sur Goffin.

Le Belge (23e mondial) peut toutefois s’accrocher à un infime espoir : il reste sur un succès contre le no 1 mondial, en quart de finale de Monte-Carlo en 2017.

Mais le «Djoker», usé mentalement, n’était pas le même joueur à l’époque... Juste après cette défaite, il s’était séparé de son entraîneur Marian Vajda. Avant de le reprendre près d’un an plus tard, quelques semaines avant de gagner Wimbledon.

Nadal: le retour du taureau

Pour une place en demi-finale, le «taureau de Manacor», Rafael Nadal, montrera tout le caractère dont il est capable.

Des coups qui claquent et une détermination sans faille. Depuis le début de la quinzaine, le récent vainqueur de Roland-Garros montre tout son caractère.

Le double lauréat de l’épreuve avait hérité d’un tableau périlleux, avec notamment Nick Kyrgios au deuxième tour. Ce n’est pas l’impression qu’il en a donné, en passant l’Australien avant d’anéantir coup sur coup Jo-Wilfried Tsonga et Joao Sousa.

Pour une place en demi-finale, le taureau de Manacor affrontera le puissant serveur Sam Querrey. Et avant même le match, l’Américain a semblé découragé. C’est aussi ça, le pouvoir du «trio infernal»...

«C’est l’endroit qu’il préfère le moins des tournois du grand chelem. Il a atteint cinq fois la finale, a soufflé Querrey. Et il a marché sur tous les mecs. Ça va être difficile.»

Comme Goffin, le Californien peut s’accrocher à un infime espoir : il avait battu Nadal lors de leur dernière confrontation il y a deux ans à Acapulco, en le submergeant sous un déluge d’as et de services gagnants.

Federer: recette infaillible

Cette année, le «Maître» Roger Federer survole Wimbledon sans forcer.

«Je m’attendais à un match difficile et serré. En fait, ça a été tout le contraire» : la réaction de Federer après sa victoire en moins d’une heure et 15 minutes sur l’Italien Matteo Berrettini, pourtant dans le top 20 mondial, en dit long. Le «Maître» survole Wimbledon. Sans forcer.

À 38 ans, l’octuple vainqueur du tournoi londonien déroule son tennis et se jette dans son quart contre Kei Nishikori (septième) avec le réservoir plein après une première semaine expéditive.

Interrogé sur les clefs pour battre le Suisse, le Japonais n’a pas su quoi répondre.

«Je vais devoir jouer du bon tennis, parce que c’est le meilleur joueur sur gazon. Je crois qu’il a bien joué cette semaine», a lancé Nishikori, enfonçant les portes ouvertes du All England Club.

L’ancien no 1 mondial fera encore parler son expérience, lui qui atteint la deuxième semaine d’un tournoi du grand chelem pour la 65e fois de sa carrière... la 17e fois dans le sud de Londres.