Ce qui est pourtant une simple séance d’entraînement s’est transformé en événement : les premiers élans de Tiger Woods en sol français ont été scrutés par plusieurs centaines de spectateurs au club de golf National, en banlieue de Paris.

La Tigermania frappe l'Europe

SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES — Comme prévu, les premiers pas et les premiers élans de Tiger Woods en France ont été scrutés comme pour une rockstar, mardi. En pleine résurrection, l’Américain de 42 ans cannibalise l’attention comme rarement un joueur l’a fait lors d’une Coupe Ryder.

C’est l’effet attendu. Le fameux boost que tous les amateurs de golf espéraient avec la venue de Tiger Woods pour cette Coupe Ryder en France. Et il semble avoir déjà pris, trois jours avant le début de la compétition, qui s’amorce vendredi.

Il suffisait de voir les centaines de spectateurs venus braver la petite douceur matinale du Golf National de Saint-Quentin-en-Yvelines, mardi matin, pour une séance d’entraînement normalement classique et sans grand intérêt. Mais voilà. Avec Woods, tout change de dimension.

Applaudi, suivi, scruté... Comme à ses plus belles heures. Et ce n’était qu’un entraînement.

«Il est le golf, comme Pelé pour le foot ou Jordan pour le basket, c’est un privilège de l’approcher», assure Georgio, un Italien qui a fait le déplacement avec trois autres amis depuis Bologne pour cette Coupe Ryder, la première qui se dispute en France.

Sa présence écrase un peu tout le reste. La salle de presse, presque comble pour Woods, n’a pas tenu le choc après son passage. Pourtant, Phil Mickelson, Bryson DeChambeau ou Patrick Reed, ses partenaires d’entraînement, ne sont pas d’illustres inconnus. Du moins auprès des amateurs de golf.

Tiger, lui, joue dans une autre dimension populaire.

Ça ne pouvait pas mieux tomber pour les promoteurs de la Coupe Ryder. La victoire de Woods dimanche au Championnat du Tour, avec ces images incroyables d’une foule surexcitée accompagnant dans une procession quasi christique au 18e trou le retour de ce joueur hors-norme, a suramplifié la Tigermania.

«Ouais, la semaine dernière était pas mal», a résumé Woods, mardi. Plutôt un bon résumé en effet.

Pris dans le tourbillon

La frénésie qui l’a entouré dimanche soir? «Je n’ai pas vraiment eu le temps de regarder», a-t-il expliqué, prit par un emploi du temps serré après sa victoire et le départ pour la France dans un vol affrété par Air France avec le reste de l’équipe.

Et les audiences télévisuelles de dimanche aux États-Unis, les meilleures de la saison? «Elles sont bonnes?» a-t-il demandé, suscitant les rires. «OK. Désolé j’étais un peu pris et je n’ai pas eu le temps de les regarder. Je n’ai pas eu le temps non plus de regarder les articles sur Internet après ma victoire. Je dois déjà tenter de répondre aux 150 textos que j’ai reçus. J’ai pu voir sur les chaînes françaises les gens qui couraient derrière moi. Après la Coupe Ryder ce sera une autre histoire, je prendrai le temps, et je m’y plongerai.»

Sa 80e victoire en carrière, après cinq ans de disette, et sa 13e place mondiale (656e au début de l’année), accaparent quasiment toutes les discussions. Même côté européen, les joueurs savourent la renaissance de celui qui pourrait pourtant les battre cette fin de semaine.

«En tant qu’amateur de golf, je trouve ça formidable. Je crois que c’est génial pour la Coupe Ryder. Et ça fait du bien de voir Tiger Woods jouer au golf à ce niveau, parce que ça rend certainement la Coupe Ryder encore plus spéciale», a reconnu Ian Poulter.

+

TIGER WOODS SUR...

L’art de l’applaudissement

S’il admet avoir vécu un moment très spécial dimanche lors de sa victoire du Championnat du Tour, évoquant cette «foule; vous savez, qui court derrière nous, et totalement excitée», Tiger Woods s’est tout de même permis une petite critique : la disparition de l’art de l’applaudissement. «Les gens n’applaudissent plus parce qu’ils ont leur portable dans la main. Ils crient et même plutôt fort, et spécialement tard dans la journée et après quelques bières, ça devient encore plus bruyant. Je pense que ce sera pareil cette semaine», a-t-il pronostiqué. 

***

La jeune génération

«Il y a un an,  j’étais sur une pente descendante et eux sur une pente ascendante. Ils n’avaient jamais vraiment joué contre le vrai Tiger, je veux dire quand je jouais à mon meilleur niveau. Plein de jeunes joueurs sont arrivés à ce moment : Justin Thomas, Jordan [Spieth], maintenant Bryson [DeChambeau], Brooksy [Koepka]. Donc tous ces gars n’avaient pas joué contre moi. Je pense que quand mon jeu est en place, j’ai toujours été difficile à battre. Ils s’en sont d’ailleurs amusés en disant :  “On veut jouer contre toi”. Et bien voilà. Je suis là.»

***

Son mauvais bilan en Coupe Ryder

«Ce n’est certainement pas quelque chose qui me plaît», reconnaît Tiger Woods au sujet de sa seule victoire en sept participations à la Coupe Ryder. «Nous n’avons pas bien joué. En fait, je ne l’ai pas gagnée depuis 1999, et c’est quelque chose qu’heureusement nous pouvons changer. Les États-Unis n’ont pas gagné ici en Europe depuis 25 ans, et cela peut aussi changer ce week-end.»