Le demi offensif des Titans du Tennessee, Dion Lewis (à gauche), profite des bancs réfrigérés de l’équipe pour se rafraîchir, avec son coéquipier Derrick Henry.

La tête froide... et le corps au frais

NASHVILLE — Le demi offensif Dion Lewis était tellement concentré sur le football lors des premiers jours du camp de sa nouvelle équipe, les Titans du Tennessee, qu’il a mis beaucoup de temps à réaliser que les bancs sur les lignes de côté n’étaient pas ordinaires. Maintenant, il prend le soin de s’asseoir sur ces bancs à chaque pratique.

«C’est fantastique», lance Lewis. «Il fait très chaud, alors tous les moyens sont bons pour combattre cette chaleur. Je crois donc que ces bancs sont une belle invention. Maintenant que je sais qu’ils sont là, je vais en profiter quand je vais en avoir la chance.»

Garder les joueurs de la NFL au froid pendant les camps d’entraînement, en plein été, est un facteur extrêmement important. Le décès du bloqueur des Vikings du Minnesota Korey Stringer lors du camp en 2001 et celle, en juin dernier, du joueur de ligne de l’Université du Maryland, Jordan McNair, viennent tristement le rappeler, ces deux morts étant directement liées à des coups de chaleur.

Bien sûr, les joueurs ont accès à une multitude de bouteilles d’eau froide et de sacs de glace pour se refroidir, mais les Titans ont décidé d’en faire un peu plus pour leurs joueurs. 

C’est le nouvel entraîneur-chef des Titans, Mike Vrabel, qui a en premier lieu suggéré d’utiliser ces bancs refroidisseurs. Ainsi, un de ces bancs est installé de chaque côté des trois terrains utilisés pour les séances d’entraînement. 

«Honnêtement, je ne crois pas que nos joueurs en tirent suffisamment avantage. On travaille à les sensibiliser là-dessus», indique Vrabel, un ancien secondeur qui a remporté trois fois le Super Bowl avec les Patriots. «On va insister là-dessus, surtout qu’on devra aller jouer à Miami et Jacksonville en début de saison.»

De leur côté, les Saints de La Nouvelle-Orléans, qui tiennent leur camp à Jackson, au Mississippi, utilisent depuis plusieurs années des tentes où les joueurs peuvent s’abriter quelques instants à l’ombre.

Un camion réfrigéré

Jugeant la mesure plus ou moins efficace, les Saints ont décidé d’amener près du terrain un énorme camion de 18 roues. À l’intérieur de celui-ci, la température est maintenue légèrement sous le point de congélation, ce qui permet aux joueurs de faire descendre leur température corporelle très rapidement. 

Il arrive même que l’entraîneur-chef Sean Payton y tienne de courtes réunions avec des groupes de joueurs d’une même position. Le camion est assez gros pour accueillir les joueurs de ligne. 

«On peut entrer jusqu’à 28 personnes, ici», estime Payton. «Et c’est pratique, car c’est pratiquement trois fois plus froid que dans nos tentes», note l’entraîneur-chef, avant de préciser que de grandes universités, comme Louisiana State et Alabama, utilisent ces camions depuis quelques années. 

Payton explique ensuite que lorsque les températures grimpent, il devient très difficile de «refroidir» adéquatement les joueurs. De là l’importance d’amener ce camion près des lignes de côté. 

«En plus de vouloir éviter les coups de chaleur, on travaille surtout sur notre façon de répondre à l’urgence si une telle chose se produit», poursuit Payton, qui sera à sa 12e saison à la tête des Saints. «On attache donc une grande importance à ça. On prend très souvent des pauses, alors je crois qu’on compose très bien avec la chaleur.»

Derrick Henry, coéquipier de Lewis avec les Titans, met toutefois en garde contre une surutilisation des bancs refroidisseurs. Même s’il a bien aimé sa découverte, il tente de ne pas trop s’y attacher, question de ne pas permettre à ses muscles de se raidir en raison du froid. 

«C’est un bon outil, parce qu’il fait très chaud», dit Henry. «C’est le camp, on doit faire attention à notre corps. Ces bancs sont un atout pour nous.»