Mathieu Roy et l'équipe canadienne de softball sont à deux victoires de l'or après avoir vaincu le Japon vendredi au Championnat du monde, à Whitehorse.

La ruée vers l'or de Mathieu Roy

Mathieu Roy est au Yukon et a la ferme intention de rapporter de l'or. Mais il n'est pas prospecteur minier. Le plus profond qu'il creuse, c'est la hauteur de ses crampons dans la terre du terrain de balle de Whitehorse, où l'athlète de Saint-Gervais de Bellechasse dispute le Championnat du monde de softball jusqu'à dimanche.
Roy et l'équipe canadienne ont été les seuls invaincus en ronde préliminaire de sept matchs. Vendredi soir, c'était place aux choses sérieuses avec un premier affrontement éliminatoire. Cette victoire de 2-0 contre le Japon ne place plus les Canadiens qu'à deux victoires de l'or.
Dans cette rencontre, Roy s'est signalé en défensive. En septième et dernière manche régulière, avec deux Japonais sur les sentiers, il a capté un ballon au champ droit avant de harponner un coureur trop lent à retraiter au deuxième coussin. Jeu-clé dans un match à bas pointage.
Champions en titre de 2015 et favoris sur papier, Roy et sa bande n'évoluent quand même pas en terrain conquis d'avance, assure le seul Québécois de l'alignement unifolié. Les matchs contre l'Australie (fiche de 5-2 en ronde de groupe) et les États-Unis (5-2), remportés 9-4 et 7-1, se sont avérés plus serrés que ne l'indiquent les résultats.
Outre les Canadiens, Néo-Zélandais (6-1), six fois champions et toujours sur le podium depuis 1984, Australiens, Américains, Vénézuéliens (6-1) et Japonais (6-1) aspirent aussi aux grands honneurs.
Puis il y a les pays de milieu de peloton, comme la République dominicaine (3-4), l'Afrique du Sud (2-5), le Botswana (3-4) ou le Danemark (3-4). Et derrière, des pays émergents comme Honk Kong (1-6) et l'Inde (0-7), qui veulent apprendre tout en offrant une opposition minimale. 
Et il y a la Turquie. L'adversaire a inscrit 184 points en huit matchs aux dépens des Turcs, qui n'ont jamais pu franchir la troisième manche à cause d'écarts de points trop importants. Les Turcs ont entre autres encaissé 21 points dans la même manche dans un revers de 35-0 face aux Vénézuéliens.
L'attaque turque a produit un grand total d'un point sur quatre coups sûrs, dont deux dans leur défaite de 24-1 contre la Grande-Bretagne. Leurs frappeurs ont été retirés 50 fois sur des prises en 64 apparitions officielles. Oguz Ates revendique quand même deux coups sûrs et le point produit.
«Pour être franc, je ne pense pas que la Turquie avait d'affaires là, admet Roy. C'est bien de voir plus de pays qui veulent jouer sur la scène internationale, mais ça prendrait un minimum de sélection pour accéder au tournoi», ce qui n'a pas été le cas cette année pour les 16 formations admises.
Plusieurs miles à l'heure en plus
Quant à ses propres performances offensives des derniers jours, le voltigeur se dit ambivalent. En action dans six des huit rencontres jusqu'ici, cinq comme titulaire, le premier ou deuxième frappeur a obtenu ses deux meilleures sorties contre des équipes moins fortes, Hong Kong et l'Inde, que le Canada a écrasés 14-1 et 11-0. 
Toute la semaine de ce Mondial par pays de la World Baseball Softball Confederation (WBSC), Roy côtoie plusieurs coéquipiers de son équipe professionnelle des Gremlins de l'État de New York. Comme son coéquipier canadien Bryan Abrey ou le lanceur australien de 6' 7'' Andrew Kirkpatrick, aussi des Gremlins. Leur saison écourtée commence la semaine prochaine et culminera par le Championnat du monde des clubs de l'International Senior Softball Association (ISSA).
«Disons qu'il y a une bonne différence entre ici et la ligue de Bellechasse! Les lancers sont de 5, 10 ou même 15 milles à l'heure plus vite», constate celui qui, même s'il habite Québec, s'aligne pour la formation de son village dans l'un des circuits les plus relevés dans la province, avec des clubs à Honfleur, Sainte-Claire, Saint-Damien, Lévis et Donnacona.
Passionné de softball, ou balle rapide, Roy gagne sa vie comme instructeur au sein du programme baseball-études régional des Canonniers de Québec et enseigne les techniques spécifiques au softball à la boutique Baseball 360. Il est aussi entraîneur personnel aux gyms Le Chalet, à Québec, et BoGym, à Saint-Gervais.