Christopher Amoah espère finir son parcours sur une bonne note.

La revanche tant attendue pour le Rouge et Or

Pour le demi de coin Émile Chênevert et le porteur de ballon Christopher Amoah, qui étaient là lors de la défaite de 39-17 du Rouge et Or contre les Mustangs de Western Ontario l’an dernier, la finale de la Coupe Vanier prend des allures de revanche attendue.

«J’ai suivi la demi-finale [entre Western Ontario et les Huskies de la Saskatchewan]. Je ne prenais pas pour une équipe plus que l’autre, mais je pense que tout le monde espérait revoir de nouveau les Mustangs en finale», confiait Chênevert après l’entraînement de mardi.

«C’est le scénario qu’on souhaitait depuis un an. Personne n’en parlait, mais tout le monde l’avait en tête», reprend celui qui a été élu au sein de l’équipe d’étoiles du Réseau de sport étudiant du Québec cette année.

Chênevert croit que le Rouge et Or possède quelques atouts de plus cette année en vue de ce duel entre équipes invaincues. Il ne croit pas que la victoire facile de 63-0 contre les X-Men de St. Francis Xavier en demi-finale canadienne aura un effet négatif en prélude du plus gros match de l’année.

«Si ça peut changer quelque chose, c’est qu’on sera plus reposés que l’an dernier, alors qu’on avait dû voyager à Calgary pour remporter la Coupe Mitchell dans un match serré contre les Dinos. Aussi, on était revenus de là sur un gros high d’émotion et on n’est pas sortis aussi forts en finale», rappelle-t-il.

«Je crois qu’on a eu un parcours plus facilitant cette année. Et de toute manière, notre préparation de la semaine dernière avait été aussi intense même si on n’a pas eu beaucoup d’opposition», résume l’étudiant en médecine, qui ne prendra pas de décision quant à son avenir sur le terrain avant la fin du match de la Coupe Vanier.

Dernier tour de piste

Quant à Amoah, il sait que ce match sera son dernier puisqu’il a écoulé ses cinq années d’admissibilité au niveau universitaire. Il souhaite terminer son parcours sur une bonne note.

«C’est un moment très excitant et je pense que c’est la même chose pour tous les joueurs de cinquième année : on veut bien finir ça. En plus, on a la chance de pouvoir rejouer contre la même équipe que l’an dernier», explique le numéro 20, qui a remporté la Coupe Vanier en 2016 contre les Dinos.

«Je veux aider l’équipe, je veux aller chercher des verges positives sur le terrain», poursuit celui à qui on a demandé de porter le ballon plusieurs fois contre les X-Men. «Je pense que cette année, pour l’emporter contre Western, la stratégie sera d’être plus physiques, plus intenses. Je crois qu’on ne l’était pas suffisamment l’an dernier, mais on a travaillé sur ces lacunes toute la saison de façon à être prêts pour ce match.»

Le porteur de ballon se trouvera aussi en terrain connu puisque la brigade défensive des Mustangs n’a pas trop changé par rapport à l’an dernier. «On sait à qui on a affaire. Il s’agira d’être meilleurs que l’an passé au niveau de l’exécution», conclut l’ancien des Blues d’Upper Canada College.

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DES STRATÉGIES EN POCHE

Frédéric Pongo

Avant d’aller affronter un adversaire qui les a battus l’an dernier, les entraîneurs du Rouge et Or n’ont bien sûr pas manqué de peaufiner leurs stratégies afin d’être prêts à faire face à la musique. «On a un plan de match. Coach Marc [Fortier, le coordonnateur de la défensive et entraîneur des secondeurs] a préparé de quoi», affirme le secondeur Frédéric Pongo, sourire en coin, refusant cependant bien sûr de divulguer quoi que ce soit de plus. Pas besoin de dire que la dernière chose que les entraîneurs de Laval souhaitent, c’est de voir les Mustangs marquer 39 points comme l’an dernier. «On s’attendait à les affronter, alors nos coachs ont eu le temps de se préparer. C’est un peu la possibilité d’une rédemption pour nous», indique le joueur de première année, qui n’a cependant pas vécu la difficile finale de l’an dernier. «Je l’ai regardée à la télé avec ma famille à Montréal, mais cette année je serai là pour la revanche», affirme l’ancien des Élans de Garneau.  

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UNE TRADITION CAPILLAIRE BIEN ANCRÉE

Comme c’est le cas à chaque année où le Rouge et Or participe à la finale de la Coupe Vanier, plusieurs joueurs sont passés chez le coiffeur au cours des derniers jours. La coupe de cheveux iroquoise qu’ils arborent dorénavant presque tous pour souder leur esprit de corps leur donne l’air des parachutistes américains sur le fameux cliché pris par Robert Capa en 1945. Frédéric Pongo n’est pas encore passé sous le rasoir, mais qu’il le ferait bientôt. «C’est une tradition qui remonte à Mathieu Bertrand», affirme Pongo, en faisant référence à l’époque où l’entraîneur des quarts-arrières et des unités spéciales était lui-même le quart vedette du Rouge et Or. En fouillant les différentes archives, les références à la coupe iroquoise du Rouge et Or remontent effectivement à 2003, l’année où Bertrand a mené Laval à sa deuxième conquête de la Coupe Vanier à sa dernière saison universitaire. Le gain de 14-7 sur les Huskys de St. Mary’s a semble-t-il cimenté cette tradition capillaire maintenant bien ancrée dans les habitudes de l’équipe. Plusieurs joueurs du Rouge et Or ont maintenant hâte de voir comment le secondeur Kean Harelimana mariera la coupe iroquoise à ses dreadlocks...

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MERVEILLE UN JOUR, MERVEILLE TOUJOURS

Sébastien Gariépy, alias La Merveille, fera son grand retour, samedi, pour la finale de la Coupe Vanier.

Le partisan numéro un du Rouge et Or de l’Université Laval ne pouvait tout simplement pas rater une finale de la Coupe Vanier à domicile. Après cinq ans de «semi-retraite», La Merveille sera donc de retour au Stade Telus, samedi, pour encourager ses préférés dans leur quête d’un 10e championnat national.

À la suite de la création d’un groupe Facebook réclamant son retour, Sébastien Gariépy a accepté de ressortir son costume des boules à mites et de redevenir le superhéros officiel du Rouge et Or. 

Parce que oui, comme Peter Parker pour Spiderman et Clark Kent pour Superman, La Merveille a aussi un alter ego humain.

«À l’époque, mon identité était secrète, on ne disait pas publiquement mon nom. Jusqu’à ce qu’un journaliste l’écrive pour la première fois en 2008...» raconte celui qui a incarné La Merveille de 2003 à 2010, puis à nouveau en 2013 pour la finale de la Coupe Vanier à Québec. 

Astres alignés

Ayant d’abord travaillé dans le monde politique, le boulot a forcé Gariépy à s’exiler vers une autre province et à laisser son costume au Québec. Il est cependant de retour dans la capitale depuis un peu plus d’un an et occupe un poste au gouvernement provincial.

«En 2013, il y avait aussi eu un groupe pour demander mon retour. Cette année, les astres se sont alignés : le Rouge et Or aura 10 Coupes Vanier s’il l’emporte samedi et La Merveille a dit oui. La Merveille est là, car c’est la volonté de la meilleure foule au pays!»

Maintenant père d’un jeune enfant, il avoue ne pas avoir suivi autant le football qu’il l’aurait voulu cette année. «Par contre, je connais les gros morceaux, les Richard, les Betts et, comme par le passé, je prononcerai un discours au début du match où je parlerai des vedettes actuelles et passées de l’équipe.»

Le costume sera aussi le même qu’à l’époque. «Il n’est pas aussi étincelant que le premier jour, mais c’est correct.» Une ex-employée des Fêtes de la Nouvelle-France l’avait conçu pour lui à l’époque à partir d’un croquis dérivé d’un personnage du film Les Incroyable.

«Quand j’ai commencé ça, en 2002, je ne connaissais rien au football. J’ai commencé à aller aux matchs du Rouge et Or, mais ça ne me suffisait pas. Je voyais qu’il y avait des partisans déguisés, mais moi je voulais être le fan ultime.» À voir l’excitation suscitée par son retour, on peut assurément dire qu’il a atteint son but.