La hockeyeuse Hayley Wickenheiser signe un autographe à son retour au pays après les Jeux olympiques de Sotchi en février 2014. À 38 ans, la joueuse la plus productive de l'histoire du hockey féminin au Canada prend sa retraite après 23 ans au sein de l'équipe nationale.

La retraite pour Wickenheiser

Hayley Wickenheiser a annoncé sa retraite vendredi, après 23 ans au sein de l'équipe nationale du Canada et une dizaine de médailles d'or gagnées lors de Jeux olympiques et de championnats du monde.
Dans une entrevue chargée d'émotion où elle a parfois été incapable de retenir ses sanglots, l'athlète de 38 ans de Shaunavon (Saskatchewan) a expliqué qu'elle ne voulait plus retarder son entrée en faculté de médecine. «Ce fut le plus grand honneur de ma vie de jouer pour le Canada», a affirmé Wickenheiser. «Ça va me manquer.»
Il y a seulement six mois, elle avait dit vouloir porter l'unifolié pour ses sixièmes Jeux d'hiver, en 2018, et tenter de mettre la main sur une cinquième médaille d'or olympique. «Ç'aurait été merveilleux de vivre les Jeux une autre fois. Mais en y pensant de plus en plus, l'attente aurait été trop longue. C'est une décision difficile, mais ce sera la bonne.»
Lorsque la joueuse la plus productive de l'histoire du hockey féminin au pays aperçoit de jeunes filles transporter un sac de hockey dans un aréna, elle a le sentiment d'avoir accompli son devoir. Elle a sué, elle s'est battue et a versé des larmes pour s'assurer que la présence de filles dans une équipe de hockey devienne la norme.
Lorsque Wickenheiser a commencé à pratiquer ce sport, il y a 33 ans, il n'y a avait aucune équipe féminine. Elle jouait avec des garçons et elle n'était pas toujours bien accueillie par les joueurs ou leurs parents.
«Le plus grand pas a été accompli dans l'acceptation de filles jouant au hockey», soutient Wickenheiser. «N'importe quelle petite fille dans ce pays peut entrer dans un aréna, et personne ne jettera un deuxième regard. Il existe des vestiaires réservés aux femmes dans beaucoup d'arénas maintenant.
«Je me souviens lorsque j'étais jeune, je me cachais dans la salle de bain et remontait mes cheveux pour m'assurer que personne ne sache que j'étais une fille. J'ai vraiment vécu l'enfer pour jouer. Aujourd'hui, les filles ne vivent plus l'enfer pour jouer au hockey.»
Meilleure marqueuse
Le fait que le hockey féminin ait atteint un tel niveau apporte un baume sur la difficile décision de mettre un terme à sa carrière. Elle quitte le sport à titre de meilleure marqueuse dans l'histoire de l'équipe féminine du Canada, alors qu'elle a récolté 168 buts et 211 passes en 276 matchs. Wickenheiser fait partie d'un groupe sélect de cinq athlètes dans le monde, dont ses coéquipières à la retraite Caroline Ouellette et Jayna Hefford, à avoir gagné quatre médailles d'or d'affilée lors de Jeux olympiques, où elle a été élue joueuse la plus utile à son équipe en 2002 et en 2006. Elle a aussi contribué à sept titres canadiens aux Mondiaux féminins. 
Wickenheiser n'en a pas fini à tout jamais avec le hockey. Il y aura d'autres occasions d'y contribuer. Elle dit avoir eu des discussions avec des gens associés à la LNH, mais il n'y a rien de défini.
«Je vais devoir regarder comment tout ça pourra concorder avec mes plans de carrière en médecine et le reste de ma vie», a déclaré Wickenheiser, qui sera honorée samedi soir, à Calgary, avant le match entre les Flames et les Oilers d'Edmonton.
Plus qu'une étoile du hockey féminin
Non seulement Hayley Wickenheiser a-t-elle été une étoile du hockey féminin au moment où ce sport en avait désespérément besoin d'une, mais elle a aussi changé les perceptions de ce que les femmes pouvaient accomplir dans le sport. Le nombre de femmes inscrites au hockey au Canada est passé de 16 000 lors de sa première année avec l'équipe nationale, à presque 87 000 aujourd'hui, au moment où elle annonce sa retraite.
Selon la Québécoise Danielle Goyette, qui a joué sur le même trio et qui l'a dirigée avec la formation de l'Université de Calgary, Wickenheiser était une femme passionnée. «Elle est le genre d'athlète qui n'a jamais accepté qu'on lui dise non. Ce que je veux dire, c'est qu'elle veut pousser les limites du hockey féminin. Elle n'était pas obligée de s'entraîner avec des gars, mais elle a toujours voulu s'entraîner avec des gens plus forts qu'elle pour s'assurer qu'elle allait au bout de ses limites. Elle est allée en Europe et a joué au hockey avec des hommes, avec plein contact. Je ne connais pas beaucoup de filles qui voudraient passer par là.»