En juin dernier, Andre Ward défaisait Sergey Kovalev lors d'un combat revanche dans la catégorie des mi-lourds, à Las Vegas. Aujourd'hui, il se retire de la boxe avec une fiche parfaite, n'ayant plus le désir de se battre.

La retraite de Ward, une bouffée d'air frais chez les mi-lourds

Andre Ward, champion des mi-lourds WBA, IBF et WBO, se retire de la boxe avec sa fiche toujours vierge parce qu'il n'a plus le désir de se battre.
Le boxeur de 33 ans a diffusé un communiqué, jeudi, dont le titre est «Mission accomplie». Il y indique que son corps ne peut plus endurer les rigueurs du sport et qu'il ne devrait plus se battre s'il ne peut pas donner tout ce qu'il a.
Champion olympique à Athènes en 2004, le natif de San Francisco se retire avec un bilan parfait de 32 victoires (16 par K.-O.). Il a remporté son dernier combat le 18 juin 2017 à Las Vegas en envoyant au tapis au 8e round le Russe Sergey Kovalev, dans une revanche que tout le monde attendait après une première victoire contestée de l'Américain.
Ward détenait également le titre de super champion de la WBA puisqu'il détenait plus d'une ceinture. L'association reconnaîtra maintenant Badou Jack, vainqueur du titre «régulier» face à Nathan Cleverly il y a quelques semaines, comme champion de facto.
La nouvelle de la retraite de Ward ne peut que réjouir la boxe québécoise. Cette décision pourrait avoir une incidence directe sur la carrière d'au moins trois boxeurs québécois - Adonis Stevenson, champion du WBC, Eleider Alvarez et Artur Beterbiev - en plus de Jean Pascal, qui se bat aussi chez les 175 livres.
Un intérêt renouvelé
«Ça va aérer un peu la division. Ça fait longtemps que les titres sont unifiés», a indiqué Yvon Michel, promoteur de Stevenson, Alvarez et Beterbiev, bien que ce dernier ait entamé des procédures juridiques pour faire annuler son contrat avec Groupe Yvon Michel.
«Quand tu as quatre titres qui appartiennent à des boxeurs différents qui se battent deux fois par année, ça signifie que tu as huit aspirants qui se battent en championnat du monde. Ça va renouveler l'intérêt des amateurs, car on va voir surgir des nouveaux champions et de nouveaux boxeurs qu'on connaissait un peu moins.»
«Il y a beaucoup de choses qui vont se passer dans les quatre divisions», a renchéri Marc Ramsay, l'entraîneur d'Alvarez et de Beterbiev. «Ça va faire bouger beaucoup le monde de la boxe. [...] C'est bon pour la division que les titres de Ward se retrouvent vacants.»
De tous ces boxeurs, Beterbiev est celui qui pourrait être le plus touché. Aspirant no 2 à l'IBF), le Montréalais d'adoption doit affronter l'Allemand Enrico Kölling (no 3) afin de devenir l'aspirant obligatoire du champion le 11 novembre, à Fresno, en Californie. L'enjeu de ce combat pourrait changer.
«C'est à la discrétion de l'IBF, mais ce combat pourrait bien devenir un combat de championnat pour le titre vacant», a noté Ramsay. «C'est déjà arrivé dans le passé. On compte là-dessus : on a déjà contacté l'IBF et l'organisateur du combat, Top Rank, afin de voir s'il n'y a pas moyen de transformer ce combat en championnat du monde.»
Du bon pour Stevenson
Du côté de Stevenson, qui souhaite devenir champion unifié de la division, le fait que les ceintures se retrouvent éparpillées au lieu d'appartenir à un seul boxeur pourrait lui faciliter les choses. «C'est certain que Stevenson doit d'abord négocier avec son aspirant obligatoire, Alvarez, d'ici la fin de 2018», a indiqué Michel, qui n'était pas en mesure d'avancer une date pour la tenue de ce combat, qui doit avoir lieu au Québec. «Mais le fait que la ceinture n'appartiendra plus à Ward va lui donner une voie plus facile, s'il l'emporte contre Alvarez, pour unifier les titres.»
Michel croit par ailleurs que le vainqueur du duel entre Stevenson et Alvarez aura une année 2018 fort bien remplie. «Je vois très bien le vainqueur livrer deux ou trois combats l'an prochain contre les champions des autres associations.
«Je suis convaincu qu'Adonis est le no 1 des mi-lourds, encore plus avec la retraite d'Andre Ward. Je suis convaincu qu'il va être capable de le prouver en 2018. Je pense que ses souhaits d'unification vont être exaucés en 2018.
«Je ne crois pas non plus, en raison des boxeurs en lice dans les autres associations, que des difficultés liées aux réseaux de télévision surgiront dans les négociations comme ça a été le cas dans le passé. Les nouveaux champions vont bien réaliser qu'ils n'ont pas le même pouvoir que celui qui amène la télévision [Stevenson].»