Le receveur Salvador Perez est l'un des vétérans des Royals de Kansas City qui ne livrent pas la marchandise cette saison.

La rapide dégringolade des Royals

KANSAS CITY — Si vous vous rendez à Kansas City, il est fort possible qu’en visitant des commerces ou des bars sportifs de cette ville, vous ayez la chance de voir accrochées aux murs des photos des Royals datant de la saison 2015.

Ça pourrait être une photo de Yordano Ventura lançant une balle rapide. Ça pourrait être un cliché d’Eric Hosmer en train de glisser au marbre au Citi Field de New York. Ou, mieux encore, une photographie de Wade Davis levant les bras dans les airs quelques instants après qu’une fumante rapide ait mis fin au cinquième match de la série, ce match où les Royals sont devenus champions. 

Il est également fort probable que vous tombiez sur la photo montrant les alentours d’Union Station, la principale gare ferroviaire de cette ville située à cheval sur le Kansas et le Missouri, où environ 400 000 personnes se sont réunies pour célébrer le premier titre de l’équipe en 30 ans. 

Même vieilles de seulement trois ans, ces photos semblent représenter une époque révolue. Oui, les choses ont changé à ce point rapidement à K.C.

Les Royals, qui ont atteint le sommet de la planète en 2015, luttent en ce moment avec les Orioles de Baltimore pour éviter d’afficher le pire dossier du baseball majeur. Actuellement, leurs meilleurs joueurs en arrachent et, pire, les meilleurs espoirs de l’équipe dans les mineures ne sont pas en mesure d’apporter une aide immédiate. 

«Notre fiche dit tout. Nos statistiques, au bâton et au monticule, disent tout», constate le gérant des Royals, Ned Yost, qui avait mené avec succès la précédente reconstruction qui a permis à l’équipe d’atteindre la Série mondiale deux ans de suite. «À ce point, je dois faire mon boulot et m’assurer que cette saison ne soit pas totalement gaspillée.»

Gros salaires, petits chiffres

Comme tous les fans et analystes, Yost doit se poser une question : comment l’équipe a-t-elle pu dégringoler si rapidement?

À première vue, on constate que les Royals ont accordé de gros contrats à des joueurs qui, en retour, ne livrent pas la marchandise. Le voltigeur de gauche Alex Gordon, qui écoule présentement la troisième année d’un contrat de quatre ans d’une valeur de 72 millions $, ne frappait que pour ,247, avec 5 circuits et 15 points produits avant le match de mardi. Sur la butte, le droitier Ian Kennedy, qui commande un salaire annuel de 14 millions $, présente un dossier de 1-8, avec une ronflante moyenne de points mérités de 5,11. 

Un autre exemple illustrant bien les déboires de la troupe du Midwest est le receveur Salvador Perez qui présente une anémique moyenne de ,213. 

Après avoir été malmené par les Red Sox à Boston en fin de semaine (trois défaites par un pointage combiné de 32-13), Kansas City présente un dossier de 25-65 et a perdu ses 10 derniers matchs. La fiche des Royals depuis le début juin? 5-29. Bref, le désastre.

La relève se fait attendre

Une autre raison pouvant expliquer les actuels déboires de l’équipe vient des repêchages récents. Depuis 2010, les Royals ont bénéficié de 13 sélections en première ronde. Parmi eux, un seul est avec le grand club actuellement : le voltigeur Hunter Dozier, qui ne frappe que pour ,211 et qui peine à gagner sa place dans l’alignement régulier. 

«On sait qu’un jeune joueur, à un moment ou un autre, connaîtra des ratés, et dans un sens, c’est un peu ce qu’on veut, car c’est en échouant parfois qu’on devient ensuite meilleur», explique Yost, qui assiste également à la lente et difficile progression du joueur de champ intérieur Adalberto Mondesi.

Ce dernier, fils de l’ancien cogneur de puissance Raul Mondesi, présente une moyenne de ,211. «On ne veut pas lui mettre trop de pression sur les épaules. Nous ne sommes pas inquiets dans son cas», tempère le gérant au sujet du jeune joueur qui n’a participé qu’à 17 rencontres. 

Les ennuis que connaissent ces jeunes joueurs expliquent probablement pourquoi, pour l’instant, les Royals ne semblent pas désireux de se tourner complètement vers une nouvelle reconstruction, même si certains gestes en ce sens ont été posés.

D’ailleurs, ils ont récemment échangé le voltigeur Jon Jay en Arizona et le releveur étoile Kelvin Herrera à Washington, obtenant en retour cinq jeunes espoirs qui, espère l’état major de l’équipe, viendront garnir un système de filiales présentement peu garni au niveau du talent. 

D’autres mouvements de personnel pourraient survenir sous peu. Il semblerait que le troisième-but Mike Moustakas, qui deviendra agent libre à la fin de la saison, soit sur le marché. Puis, le joueur de champ intérieur Whit Merrifield (moyenne de ,303) pourrait valoir quelques bons jeunes joueurs, tout comme le gaucher Danny Duffy (4-8, 4,89) et Perez, même si ces deux derniers altèrent singulièrement leur valeur en raison de leurs mauvaises performances. 

En attendant, les partisans de l’équipe, qui savouraient il y a à peine trois ans les succès d’une équipe promise à un avenir des plus brillants, doivent maintenant revivre l’horreur des années 2004 à 2012 au cours desquelles les Royals ont connu huit saisons de 90 défaites ou plus, incluant trois saisons d’au moins 100 revers.

Pire. L’équipe frappe peu de circuits (70 avant le match de mardi, le pire total des majeures) et la rotation inclut les deux premiers lanceurs à avoir atteint le plateau des 10 défaites (Jakob Junis et Jason Hammels). De plus, les jeunes espoirs semblent se faire attendre. 

Le résultat se fait donc aussi sentir dans les estrades : les Royals attirent au Kauffman Stadium une moyenne de 20 283 spectateurs par rencontre, une baisse de 13 000 personnes par match par rapport à leur année de championnat.

Tout ça, en trois petites années.