L’ancien troisième-but des Braves Chipper Jones a présenté des statistiques suffisamment impressionnantes pour que les électeurs lui ouvrent les portes du Temple de la renommée dès sa première année d’éligibilité.

La pression? Chipper Jones ne connaît pas!

COOPERSTOWN, N.Y. — Dans le monde du sport d’aujourd’hui, Larry Wayne Jones Jr est un oiseau rare. On peut accoler ce qualificatif à un joueur qui dispute toute sa carrière de presque 20 saisons avec la même équipe.

Puis, celui qui s’est rendu célèbre sous le prénom de Chipper a toujours pratiqué le baseball avec un but en tête : jouer sans pression tout en ayant du plaisir. C’est possiblement cette attitude détendue qui a permis à l’ancien troisième-but des Braves de performer avec une régularité remarquable, ce qui explique en grande partie pourquoi il sera immortalisé dimanche en compagnie notamment de son ancien rival des Expos, Vladimir Guerrero. 

«Peut-être que j’ai ressenti une certaine pression à ma première saison. D’ailleurs, je n’ai pas bien performé cette année-là», se rappelle Jones, qui n’avait présenté qu’une moyenne de ,229, avec un circuit et 18 points produits en 140 apparitions au bâton dans la Gulf Coast League, un circuit réservé aux recrues. «Plusieurs personnes ont alors remis en question ma sélection par les Braves.»

Il faut dire que le frappeur ambidextre venait d’être sélectionné au tout premier rang du repêchage de 1990, ce qui amenait son lot d’attentes. Mais le natif de DeLand, en Floride, a rapidement répondu aux attentes.

En 1991, au niveau A, Jones a présenté de solides chiffres : une moyenne de ,326, avec 15 circuits, 98 points produits et 40 buts volés. Quatre ans plus tard, alors qu’il était âgé de 23 ans, il s’installait au coin chaud à Atlanta, sur lequel il régnera sans partage jusqu’à sa retraite, à la fin de la saison 2012. 

«Pour moi, tout ce qui comptait, c’était de jouer au baseball et d’avoir du plaisir à le faire», dit Jones, dont le surnom lui a été attribué par des membres de sa famille alors qu’il était tout jeune enfant, afin de le distinguer de son père Larry. «En toute honnêteté, je n’ai jamais vu un seul talon de paie pendant toute ma carrière dans les majeures. Le montant qui y était inscrit m’importait peu. Tout ce que je voulais, c’était de voir mon nom inscrit au troisième rang du rôle des frappeurs et qu’on me demande de jouer au troisième but.

«Même chose pour les statistiques. J’ai toujours tâché de faire tout ce que je pouvais pour aider l’équipe à gagner. En pensant comme ça, je savais que les chiffres viendraient par eux-mêmes.»

Ces chiffres — une moyenne de ,303, 549 doubles, 468 circuits et 1623 points produits — se sont effectivement avérés suffisamment impressionnants pour que les électeurs lui ouvrent les portes du Temple de la renommée dès sa première année d’éligibilité. Parmi ceux qui deviendront immortels, dimanche, Jim Thome, qui vient au huitième rang de tous les temps avec 612 circuits, partage cet honneur d’avoir été choisi pour entrer à Cooperstown dans ce court délai.

L'attaque enfin reconnue

Les doutes de la saison 1990 rapidement écartés, Jones se sera finalement avéré un morceau important chez les Braves, qui, à partir de 1991, ont remporté pas moins de 14 titres de division de suite, en plus d’avoir remporté la Série mondiale lors de la première saison complète de Jones dans les majeures, en 1995.

Fait important, Jones, seulement le deuxième joueur à avoir été sélectionné au tout premier rang du repêchage à entrer au Temple de la renommée (l’autre est Ken Griffey Jr) est le premier joueur de position de cette incroyable équipe des Braves à obtenir l’honneur suprême.

Il faut dire qu’Atlanta avait bâti sa «dynastie» autour d’un trio de lanceurs, Greg Maddux, Tom Glavine et John Smoltz, qui ont été élus au Temple ces dernières années. Jones rejoindra également à Cooperstown le gérant et le directeur général de cette ère dorée : Bobby Cox et John Schuerholz

«Il fallait bien que quelqu’un fasse marquer des points pour aider ce personnel de lanceurs!» estime Jones. «Surtout, c’est fantastique de rejoindre ces gars-là au Temple.»

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LES ÉVÉNEMENTS SE BOUSCULENT

En plus d’avoir à vivre la pression de prononcer un discours devant une large foule lors de son intronisation au Temple de la renommée, dimanche, Chipper Jones aura peut-être la tête ailleurs.

En effet, la femme de l’ancien joueur de troisième-but des Braves est enceinte et pourrait bien accoucher lors du jour J. 

«J’admets que ça me donne une autre raison d’être nerveux», avoue Jones. «Ma femme devrait normalement accoucher le jour suivant [lundi], je devrai donc la garder à l’œil afin de m’assurer qu’elle ne commencera pas son travail pendant que je suis sur la scène.

«S’il fallait que ça arrive, ça rendrait les choses doublement excitantes», ajoute Jones qui, en l’honneur de la ville de Cooperstown, prénommera son fils... Cooper.  D’après AP