La gagnante du Marathon d’Ottawa a croisé le fil d’arrivée avec quatre minutes d’avance.

La plus rapide en 44 éditions

Gelete Burka a commencé le Marathon d’Ottawa en tant que favorite chez les femmes. Elle l’a terminé non seulement en tant que championne, mais également la plus rapide de l’histoire à courir en sol canadien.

L’Éthiopienne âgée de 32 ans a battu le record de l’événement. Ou plutôt elle l’a piétiné, complétant le parcours de 42 kilomètres en deux heures, 22 minutes et 17 secondes. C’est plus de deux minutes plus vite que l’ancienne marque de 2:24:31 qui était détenue depuis 2014 par une autre coureuse africaine, Tigist Tufa.

Il s’agit aussi du chrono le plus rapide enregistré en sol canadien.

« Je suis surprise. Il ventait beaucoup. Ce n’est jamais bon ça pour une marathonienne », a rappelé Burka, qui prenait le départ du Marathon d’Ottawa pour la première fois de sa carrière.

En se pointant dans la capitale nationale, elle espérait courir même plus vite. « Deux heures et 20 minutes », a-t-elle répété.

Sauf que tôt dans l’épreuve, Burka a commencé à s’inquiéter. On l’a vu se masser les abdominaux pendant qu’elle courait.

« J’avais mal », a-t-elle expliqué. Une vieille blessure subie lors du Marathon de Dubai en janvier qui tarde à guérir complètement.

Finalement, le vent et cette vieille blessure n’ont pu l’empêcher de gagner et surtout avoir le dernier mot sur sa jeune compatriote et vice-championne de 2017, Hiwot Gebrekidan. Les deux femmes se sont échappées tôt du peloton, courant côte à côte sur la majorité du tracé.

Ce n’est que quelques kilomètres avant le fil d’arrivée que Burka a largué son adversaire, finissant avec une avance de quatre minutes ! Elle empoche 40 000 $ pour sa victoire et un chèque additionnel de 10 000 $ pour avoir battu le record du Marathon d’Ottawa.

En prime, la nouvelle championne a eu droit à un long calin de son ami éthiopien Yemane Tsegay, qui a gagné chez les hommes. Ce dernier a comblé un retard avec deux kilomètres à compléter pour doubler le jeune Kenyen John Korir, âgé de seulement 23 ans.

Tsegay, 33 ans, n’a toutefois pas réussi à abaisser le record du Marathon d’Ottawa qu’il détient depuis quatre ans. Il a stoppé le chrono à 2:08:52, deux minutes plus lent que lors de sa victoire historique en 2014.

« Très heureux de gagner encore », a lancé le double champion dans un anglais limité.

À l’image des autres participants, Tsegay s’attendait à des conditions de courses chaudes et humides. On annonçait des orages depuis plusieurs jours.

Finalement, il n’y a pas eu de pluie. Le mercure n’a jamais dépassé le cap des 20 degrés Celsius pendant que les élites étaient en action.

« C’était froid et venteux », a reconnu Yemane Tsegay.

Quant à Korir, il en était à son premier marathon international d’envergure. « Je suis très content », a-t-il dit, lui qui rêve d’imiter un de ses frères bien connus.

Wesley Korir a été champion de nombreux marathons majeurs dont celui de Boston. Policitien au Kenya, il se tape encore quelques courses.

En fait, il a bien failli fouler le bitume à Ottawa. « Je devais courir avec lui. Mais je me suis blessé au tibia », a expliqué Korir, qui a fait quand même le voyage.

Plus de 30 000 personnes ont participé aux diverses épreuves de la Fin de semaine des courses d’Ottawa, dont le marathon.

Les organisateurs souhaitent devancer la tenue de l’événement en mai d’ici quelques années, possiblement dès 2021.