Les aptitudes de Marco Dubois sur les unités spéciales, souvent la porte d’entrée pour les joueurs canadiens dans la Ligue canadienne, font de lui un bon candidat pour les équipes du circuit.

La patience de Dubois bientôt récompensée

Il n’a été partant qu’un seul match en quatre saisons à Laval, mais qu’à cela ne tienne, le receveur Marco Dubois pourrait bien être le premier joueur du Rouge et Or de l’Université Laval à entendre son nom, jeudi, lors du repêchage de la Ligue canadienne de football. Appelez cela l’éloge de la patience.

«Je ne suis pas gêné de le dire. Je pense que je suis le meilleur joueur d’unités spéciales du repêchage», lance Marco Dubois à l’aube du repêchage de la LCF. Il ne parle pas à travers son chapeau.

C’est en grande partie grâce à ses talents pour courir, plaquer et bloquer lors des bottés et retours de bottés que certains experts s’attendent à voir l’athlète de 6’4’’ et de 222 livres réclamé aussi tôt que la deuxième  ronde, jeudi soir. Possiblement avant plusieurs de ses coéquipiers ayant eu des carrières plus spectaculaires à Laval, tels le porteur de ballon Christopher Amoah ou le receveur de passes Tyrone Pierre.

Les unités spéciales, après tout, sont la principale porte d’entrée pour les joueurs canadiens dans la Ligue canadienne. 

Tests concluants

Il faut dire que Dubois s’est aidé lors des derniers mois avec ses prouesses physiques. Aux tests régionaux de la LCF, à Montréal, il a obtenu le meilleur résultat de tous les joueurs invités à la course de 40 verges, au saut en hauteur et au saut en longueur sans élan. Il a reproduit des chiffres semblables aux tests physiques nationaux à Toronto, en plus de battre tous les receveurs au développé couché (18 répétitions). 

«Je suis un gars qui aime beaucoup l’entraînement en salle, alors ce sont des événements qui m’avantagent. J’avais aussi hâte de montrer aux dépisteurs ce que je pouvais faire sur le terrain comme receveur», explique le Montréalais au sujet des exercices sur le terrain qui ont eu lieu à Toronto. 

C’est qu’en quatre ans avec le Rouge et Or, ses opportunités de se faire valoir en offensive ont été plutôt limitées. Receveur étoile des Spartiates du Vieux-Montréal courtisé de toute part à sa sortie des rangs collégiaux, Dubois a choisi Laval pour le meilleur et pour le pire. Débarqué dans une cohorte de huit receveurs recrues, en 2014, il n’a été habillé qu’un match lors de sa première saison. 

Chez le Rouge et Or, les entraîneurs Glen Constantin et Mathieu Bertrand ont l’habitude de dire que les jeunes joueurs doivent d’abord faire leur place sur les unités spéciales. À son deuxième camp d’entraînement avec l’équipe, Dubois l’a pris au mot. 

«J’ai canalisé la frustration de ne pas avoir vu de terrain à ma première saison et je me suis mis à évacuer ça sur les unités spéciales. C’est un rôle où tu dois être agressif, donc ça me servait bien. Au fil des ans, la frustration est partie, mais elle a fait place à un réel plaisir à jouer ce rôle-là.»

En offensive, Dubois est demeuré victime d’un «embouteillage à la position» de receveur durant pratiquement toute sa carrière universitaire. Mais alors qu’il vient de terminer son baccalauréat en Relations industrielles et, selon toute vraisemblance, son parcours avec le Rouge et Or, n’allez pas croire que Marco Dubois a des regrets.

«Mon temps à Laval a été un long processus d’apprentissage de quatre ans à pratiquer avec les meilleurs joueurs au pays. Je suis champion de la Coupe Vanier 2016. J’ai appris à gérer la compétition, j’ai accepté mon rôle et je suis adapté selon les besoins de l’équipe. C’est pourquoi les dépisteurs m’aiment aujourd’hui. J’ai déjà une attitude de professionnel. On peut dire que le travail des dernières années rapporte finalement.»