L’ex-planchiste Caroline Calvé a récemment participé à un voyage humanitaire au Rwanda en tant qu’ambassadrice de l’organisme Right To Play, avec l’objectif de favoriser l’apprentissage à travers le jeu dans un but éducatif.

«La nouvelle vision de la vie» de Caroline Calvé

MONTRÉAL — De retour d’un récent voyage en Afrique dans le cadre d’une mission humanitaire, l’ancienne planchiste et olympienne Caroline Calvé estime y avoir vécu une expérience inoubliable qui contribuera à faire une différence dans la vie de nombreux jeunes gens.

Ambassadrice de l’organisme Right To Play depuis plusieurs années, Calvé avait eu l’occasion d’inspirer les jeunes du pays en donnant des conférences dans les écoles et auprès des communautés autochtones. Son séjour au Rwanda en compagnie de la lutteuse médaillée olympique Erica Wiebe et de la ministre fédérale du Développement international, Marie-Claude Bibeau, lui a toutefois permis de réaliser encore plus pleinement tous les bénéfices de son implication.

«J’ai beaucoup voyagé au fil de ma carrière, mais je n’avais jamais séjourné en Afrique», a relaté Calvé en entrevue téléphonique. «J’y ai vécu toute une expérience. Cela m’a permis de voir à quoi sert chaque dollar investi dans un programme comme celui annoncé par la ministre. Quelques dollars peuvent faire une grosse différence dans la vie des jeunes.»

Lors de ce voyage, c’est une contribution de 20 millions $ que le gouvernement canadien a promis pour soutenir l’initiative GREAT, un programme visant à encourager les enfants, principalement les jeunes filles de trois pays — le Ghana, le Mozambique et le Rwanda — à poursuivre leurs études ainsi qu’à améliorer la qualité de l’enseignement leur étant offert.

Calvé, mère d’un garçon de 15 mois, avoue qu’elle a toujours été sensible au sort des enfants. Mais c’est encore plus vrai depuis sa maternité. «C’est comme une nouvelle vision de la vie», a reconnu celle qui a remporté sept podiums, dont trois victoires, en 87 départs au circuit de la Coupe du monde de surf des neiges.

Pendant son séjour au Rwanda, elle a particulièrement été touchée par le témoignage d’une jeune fille qui a songé à abandonner l’école parce qu’elle avait trop de tâches ménagères à accomplir à la maison. «La réalité des jeunes là-bas est très différente de ce que nous connaissons ici.

«Un garçon se fait dire par sa mère d’aller jouer dehors pendant que sa sœur doit accomplir toutes les tâches ménagères. C’était le cas de cette jeune fille. Mais elle avait un rêve : celui de devenir pilote un jour. Ce rêve l’a incitée à retourner sur les bancs de l’école. Elle n’a même pas 12 ans. Son histoire m’a vraiment touchée.»

200 000 enfants

Au cours des cinq prochaines années, ce sont plus de 200 000 enfants qui bénéficieront de cette initiative, grâce à des ateliers sportifs et des jeux inclusifs qui explorent différents thèmes comme l’accessibilité à l’éducation, l’égalité des sexes, la citoyenneté mondiale et le leadership.

Depuis qu’elle a pris sa retraite de la compétition, Calvé a tenu plusieurs rôles dans différents milieux, dont celui des médias. Elle sait désormais ce qu’elle aime et ce qui l’enchante moins.

«J’ai vécu une période d’exploration, ce qui m’a permis de voir ce que j’aimais le plus faire. Mon rôle d’animatrice dans la série documentaire Vitamine C, j’ai vraiment aimé ce type de projet où on prend le temps de développer un sujet.»

Après un congé de maternité, elle recommence petit à petit à faire tourner la roue. «J’ai quelques projets en branle et des propositions intéressantes. On verra où la vie va me mener.»

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À PROPOS DE RIGHT TO PLAY

  • Il s’agit d’une organisation mondiale dont la mission est de protéger, éduquer et rendre autonomes les enfants face à l’adversité en utilisant le pouvoir du jeu.
  • Portant à l’origine le nom d’Olympic Aid, le programme a été créé en 1992 par le comité organisateur des Jeux olympiques d’hiver de Lillehammer avant leur présentation, en 1994.
  • Fondés en 2000 par le médaillé d’or olympique Johann Olav Koss, les programmes de Right To Play sont animés par plus de 14 900 entraîneurs bénévoles locaux, plus de 620 collaborateurs internationaux et quelque 300 athlètes-­ambassadeurs.
  • Plus de 1,9 million d’enfants participent aux différents programmes chaque semaine dans plus de 15 pays.
  • De nombreux athlètes canadiens sont devenus ambassadeurs de Right To Play, notamment Perdita Felicien, Adam van Koeverden, Benoît Huot, Clara Hughes, Hayley Wickenheiser, Kaillie Humphries, Patrick Chan, Silken Laumann, Simon Whitfield, Steve Podborski, Susan Auch, Beckie Scott, Catriona Le May Doan, Curt Harnett, Daniel Igali, Kyle Shewfelt et Lauren Woolstencroft. La Presse canadienne