Mathieu Betts, bientôt 24 ans, a obtenu de bons résultats à tous les tests physiques auxquels il s’est plié au PEPS de l’Université Laval, lundi.

La NFL à Québec pour Mathieu Betts [VIDÉO]

«Le jeune moi regarderait ça et il triperait! Je suis super fier de ce qui m’arrive. Mais c’est devenu ma réalité et baigner dedans donne un point de vue différent. C’est excitant comme processus, mais il ne faut pas voir ça trop gros non plus. Ça reste du football.»

Ne comptez pas sur Mathieu Betts pour s’emballer avec la présence de cinq équipes de la NFL à Québec pour le voir en action, à sept semaines du repêchage.

N’empêche que des éclaireurs des Bears de Chicago, Packers de Green Bay, 49ers de San Francisco, Jets de New York et Steelers de Pittsburgh se sont pointés à l’Université Laval lundi matin pour voir en personne l’ailier défensif du Rouge et Or exécuter une batterie de tests physiques et d’exercices.

Trois autres clubs se sont désistés à cause de vols retardés ou annulés par la neige, soit les Browns de Cleveland, Giants de New York et Cardinals de l’Arizona.

Même à huit, on est loin des 17 formations de la NFL présentes à pareille date il y a deux ans pour examiner de près Antony Auclair (Buccaneers de Tampa Bay), un autre produit de l’UL.

Par contre, le garde Laurent Duvernay-Tardif (Chiefs de Kansas City) avait attiré neuf équipes de la grande ligue à son pro day à Mont­réal, en 2014. Il avait ensuite été repêché, contrairement à Auclair, en 2017.

Tout dépend de la position et de la cuvée de repêchage. «Ce qu’Antony apporte comme ailier rapproché qui bloque est rare, tandis qu’il y a plusieurs joueurs du même gabarit que Mathieu à sa position», explique Sasha Ghavami, agent et point commun de ces trois joueurs.

«Mais l’intérêt n’est pas nécessairement moindre parce qu’il y a moins d’équipes. Les équipes qui sont ici voulaient s’assurer que les tests confirment ce qu’elles voient de Mathieu sur vidéo et ça s’est bien traduit en personne.

«Un choix au repêchage?»

«Maintenant, est-ce que ça deviendra un choix au repêchage, un contrat comme joueur autonome? On ne sait pas. Il a augmenté sa valeur aux yeux de certaines équipes et a confirmé ce que pensaient déjà celles qui l’aimaient», fait valoir l’agent, ajoutant que les clubs de la NFL ayant démontré de l’intérêt pour Betts n’étaient pas tous là.

«Il est plus important de montrer sur vidéo que je suis capable de bien faire comme joueur de football. Je ne m’entraîne pas d’habitude à la course et aux sauts, les recruteurs en sont conscients», a commenté le principal intéressé, qui croit avoir marqué plus de points lors de la semaine d’étoiles du Shrine Game, en janvier, en Floride.

Exercice des trois cônes

Le Montréalais de bientôt 24 ans a néanmoins obtenu de bons résultats à tous les tests. Son temps de 6,77 secondes à l’exercice des trois cônes l’aurait même placé deuxième au récent camp d’évaluation (combine) de la NFL parmi les joueurs appelés à évoluer au bout de la ligne défensive (edge), groupe qui compte des ailiers défensifs et des secondeurs extérieurs. «Les contextes d’un pro day et d’un combine sont différents. Aujourd’hui, je me comparais à ce que j’ai fait en préparation et je suis satisfait. Les équipes sont venues pour confirmer que j’ai les habiletés athlétiques nécessaires pour m’amener à un camp d’entraînement. Je pense avoir fait ça. La balle n’est plus dans mon camp», a poursuivi Betts, avouant avoir subtilisé une paire de gants dans le casier de son coéquipier Pierre-Karl Lanctôt à la dernière minute, n’ayant pas les siens. Il n’a pas échappé de ballon.

Son coéquipier Samuel Thomassin, un garde, en a aussi profité pour montrer de quel bois il se chauffe, tandis que l’ailier rapproché Alexandre Savard, blessé, a dû déclarer forfait. Tout comme les Jaguars de Jacksonville, qui souhaitaient observer Savard de plus près.

Mardi, le garde de 6’ 8” des Stingers de l’Université Concordia Maurice Simba se pliera au même genre d’exercice, dans la région de Montréal. Le repêchage de la NFL se tient du 25 au 27 avril. Betts pourrait entendre son nom le samedi, lors des rondes quatre à sept, ou ensuite recevoir des offres à titre de joueur autonome.

Les Alouettes de Montréal (LCF) avaient aussi deux représentants sur place, lundi. Le repêchage de la LCF a lieu le 2 mai. Betts ne sera pas au camp d’évaluation de la LCF, à Toronto, du 22 au 24 mars, son agent préférant le laisser se préparer pour un éventuel camp de la NFL.

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THOMASSIN SORT DE L'OMBRE

Invité au Gridiron Showcase au Texas, en janvier dernier, Samuel Thomassin, un garde format géant de 6’ 5”, attire de plus en plus les regards avisés sur ses performances.

Alors que Mathieu Betts est dans la lumière des éclaireurs professionnels depuis longtemps, Samuel Thomassin a profité du pro day tenu lundi pour aussi montrer son potentiel aux bonzes de la NFL.

Invité au Gridiron Showcase au Texas, en janvier, le garde format géant de 6’ 5” attire de plus en plus les regards avisés sur ses performances. Son agent, Sasha Ghavami, qui est aussi l’agent de Betts, a profité de la visite de recruteurs de la NFL à Québec pour mettre Thomassin en vitrine.

«C’est une belle occasion pour moi et j’en remercie Mathieu. Ça m’a ouvert une fenêtre afin de montrer ce que je pouvais faire et j’ai donné ce que j’avais», a affirmé le colosse de Québec, qui aura 24 ans dans un mois.

Thomassin est pleinement conscient que Bears, Packers, 49ers, Jets et Steelers n’ont pas dépêché un émissaire au PEPS pour le voir à l’œuvre. Mais les recruteurs ont accepté de l’observer de plus près. Joueur de ligne offensive, ses résultats ne se comparent pas à ceux de son coéquipier ailier défensif, plus léger de quelque 80 lb. D’ailleurs, Thomassin travaille à perdre du poids pour gagner en vitesse et atteindre les standards professionnels.

La balance

«Ils m’ont parlé de mon poids. Mais je me suis pesé à 7 lb de moins la semaine passée, sur la même balance! Je ne sais pas ce qui arrive avec la balance, j’étais à 327 la semaine passée!» a rigolé le gentil géant, disant viser un poids de 315 lb.

Si, comme Betts, son but est d’obtenir une invitation pour un camp de la NFL, Thomassin réalise que les espoirs s’avèrent plus minces dans son cas. «Si ça ne m’ouvre pas les portes de la NFL, je vais continuer mon parcours et essayer d’atteindre la LCF. Comme me l’ont dit plusieurs de nos coéquipiers, peu de monde obtient ce genre d’occasion, alors j’en ai profité. J’ai fait du mieux que je pouvais, on verra ce que ça va donner.»

Contrairement à Betts, Thomassin participera ensuite au camp d’évaluation de la LCF, du 22 au 24 mars, à Toronto.

Constantin fier

L’entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin, était fier d’encore accueillir des représentants de la plus grande ligue de football au monde dans son PEPS, événement annuel qui est en train de devenir une tradition.

«Ça prouve qu’on peut identifier le talent et qu’on peut le développer. Mais tout le mérite revient aux joueurs. C’est eux qui travaillent et qui font les sacrifices. Mais pas de doute que c’est bon pour notre programme», constate Constantin.

Le pilote du Rouge et Or rappelle à quel point le repêchage est une science inexacte et que les équipes souhaitent avoir en main le plus de données possibles sur un joueur avant de tenter sa chance avec lui.

«Ils ont beau voir du vidéo, mais en personne, ça ne ment pas. Et tout ça est envoyé à la centrale de la NFL, à laquelle toutes les autres équipes ont accès. Parce que à ce niveau, tout est mesurable. Leur temps certifié NFL, ça ne ment pas. Et tout est très précis. On mesure en huitième de pouce. Ils observent en plus la flexibilité, la fluidité des mouvements dans des éducatifs très spécifiques», résume Constantin.