Le porteur de ballon Jean-Guy Rimpel ne se souvient que trop bien des dernières années aux mains du Rouge et Or. Toutefois, il croit que les Stingers sont en mesure de renverser la vapeur avec une attaque plus solide et imprévisible qu'auparavant.

La mémoire de Rimpel

Jean-Guy Rimpel a la mémoire longue. Qu'il brise des plaqués sur le terrain ou qu'il lève des poids dans le gymnase, le puissant porteur de ballon pense à ses défaites contre le Rouge et Or. Surtout celles en éliminatoires.
«On est plusieurs joueurs de troisième année et on a perdu les deux fois contre eux en séries, des matchs difficiles. C'est sûr que les gars s'en rappellent. Pendant qu'on travaille, on pense à ces moments-là et ça nous aide à être plus intenses», affirme le demi à l'attaque numéro un des Stingers de Concordia, en préparation pour le match de dimanche à l'Université Laval.
«On aborde le Rouge et Or comme une autre équipe, un autre match au calendrier», assure Rimpel. «Mais on se souvient des dernières années. Ça s'est amélioré, c'était une moins grosse défaite [en 2016, 39-14] que l'année précédente [52-8], mais on ne reste pas accrochés à ça non plus. Là, on veut lancer un message aux autres équipes qu'on peut vraiment compétitionner.»
Glen Constantin l'a qualifié de «joueur le plus imposant de notre conférence», cette semaine. L'an dernier, le rouleau compresseur de 6'1'' et de 215 livres a mené la conférence Québec en saison pour les verges gagnées au sol (514), le nombre de portées (112) et les touchés par la course (4, ex aequo).
Rimpel poursuit dans la même veine cette année avec déjà 60 portées pour 284 verges et 5 majeurs. Dans le lot, une performance de 171 verges appliquées au marteau-piqueur à Sherbrooke, dans une victoire clé de 23-22 arrachée par Concordia.
Il capte en plus le ballon de temps à autre, ce qui lui confère jusqu'ici un grand total de 1749 verges de gains combinés et 18 touchés en 20 rencontres universitaires. Sans aucune échappée répertoriée!
Travail plus facile
Rimpel estime d'ailleurs être en mesure de mieux accomplir son boulot cette année derrière une ligne offensive plus costaude, donc plus solide. «Ça me fait du bien, ça rend mon travail plus facile, il y a plus de trous. Notre attaque devient aussi plus imprévisible», souligne-t-il.
Anciens des Archers d'Hochelaga-Maisonneuve, des Cougars de Saint-Léonard et des Lynx du cégep Édouard-Montpetit, avec qui il n'a gagné que deux matchs en trois campagnes collégiales, le Montréalais constitue le fer de lance de l'offensive terrestre des Stingers et leur permet d'enfin offrir une attaque diversifiée.
Il prend en exemple l'écrasante victoire de 68-16 contre McGill, la semaine dernière, où les Redmen l'ont quand même limité à 71 verges. Son quart-arrière, Trenton Miller, a toutefois empilé 472 verges aériennes et six passes de touché.
«McGill voulait vraiment stopper la course et ç'a donné des ouvertures par la passe. Notre attaque peut faire bonne figure sur les deux plans, avec notre quart qui est vraiment bon. Alors on va voir ce que Laval veut nous donner.»
Il s'arrête sur l'importance de connaître un bon début de rencontre, à Québec. Et de faire «le moins d'erreurs possible. C'est pas mal ce qui nous tue depuis les dernières années contre le Rouge et Or».
De là l'importance d'aligner un groupe de joueurs éprouvés, qui n'auront pas trop les genoux mous quand viendra le temps de fouler le terrain du PEPS devant 10 000 ou 12 000 spectateurs. Une expérience dorénavant apprivoisée par la grande majorité des Stingers.
Analyse qui trouve écho auprès de son entraîneur-chef, Mickey Donovan. «Nos joueurs ont joué contre Laval, ils savent à quoi s'attendre. Ils savent que lorsque ça se met à tourner contre toi, le Rouge et Or met la pédale au fond. Comme groupe, il faut savoir affronter cette pression. Garder notre sang-froid, rester concentré et continuer de chacun prendre ses responsabilités sans essayer d'en faire trop ou de faire le travail de l'autre», résume le Piqueur en chef.
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«On manquait de chien»
Le couteau entre les dents? Ce sera peut-être plus tous crocs sortis que le Rouge et Or se présentera face aux Stingers de Concordia, dimanche, au PEPS. Spécialement les joueurs de la défensive, qui ruminent encore la récente défaite.
À 5'9'', Kevin McGee ne sera jamais un grand joueur au sens littéral du terme. Avec ses 210 livres et les biceps tatoués, le robuste maraudeur de troisième année mène néanmoins d'une main de fer la ligne tertiaire du club de foot de l'Université Laval
La défaite de 21-16 contre les Carabins, il y a deux semaines, n'a pas passé. Autant auprès du coordonnateur défensif Marc Fortier que de ses protégés. Dont McGee est l'un des chefs de file. «Ça nous prenait un match comme celui-là, ça nous prenait un reality check. Dans notre manière d'approcher le match, on manquait de chien», lance le numéro 24, sans faux-semblant.
Le demi défensif Kevin McGee a encore sur le coeur la performance de l'équipe il y a deux semaines contre les Carabins de Montréal.
Le plan de match pour affronter Montréal «était super bon», assure-t-il. «Ce revers-là revient sur le dos des joueurs. On a vraiment donné une mauvaise performance... et on est au courant», confirme McGee.
«Des fois, c'est plaisant de gagner, gagner, gagner. Pas que ça prenne des défaites pour te rendre compte que tu fais certaines choses de la mauvaise manière, mais tu peux grandir plus d'une défaite comme ça que d'une victoire contre, mettons, McGill.»
Quinze jours donc à «chacun se regarder dans le miroir. On a tous quelque chose à améliorer et on a travaillé là-dessus depuis deux semaines». Pour la tertiaire, avant tout fournir plus de temps aux coéquipiers de la ligne défensive pour leur permettre d'atteindre le quart-arrière adverse. Puis resserrer les couvertures, défier davantage les receveurs adverses au corps à corps.
«Il faut être plus dans leur face. On ne peut pas dire que Concordia va payer pour Montréal, on va jouer notre football et arrivera ce qui arrivera. Mais on sait qu'on n'a pas joué à notre pleine capacité contre les Carabins. On va se relever de ça et on va être meilleurs qu'il y a deux semaines», promet McGee.
Contre son bon ami
Il aura entre autres à affronter son bon ami et ancien coéquipier des rangs collégiaux Yanic Lessard, membre étoile d'un groupe de receveurs intelligents chez les Stingers. Lessard a été nommé meilleure recrue offensive au Québec en 2015 et son collègue Vincent Allessandrini pareil, en 2016. Ajoutez James Tyrrell, autre receveur de Concordia à respecter pour sa vitesse, selon McGee.
Que Lessard se le tienne pour dit : McGee ne lui fera pas de faveur au nom de leur amitié. «Des fois, je lui fais des petites jokes sur le terrain. Mais si j'ai la chance de le frapper, je n'irai pas à moitié! 
«J'ai des amis dans quelques équipes et ils savent que s'ils attrapent le ballon au milieu et que j'ai la chance de les frapper, je ne vais pas y aller à peu près parce qu'on est amis», atteste l'auteur de sept plaqués solos et une interception jusqu'ici cette saison.
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Chaque point compte
À ceux qui craignent dimanche une nouvelle domination du Rouge et Or avec à la clé un écart de points non justifié, Glen Constantin a déjà sa réponse toute préparée. «Même si le match devient hors de portée, il faut jouer 60 minutes au complet. Le différentiel de points est très important au classement. L'an passé, à la lumière du classement final de la saison, il y a quelques jeux contre Concordia que j'aimerais ravoir», fait valoir l'entraîneur-chef du Rouge et Or. Au terme des huit matchs réguliers de 2016, seulement six points accordés différenciaient la première de la deuxième position, les Carabins du Rouge et Or. En cas d'égalité des fiches et des points contre, le critère suivant concerne les points marqués. Encore là, la différence l'an dernier était de sept en faveur de Montréal. Samedi, il y aura deux absents notables dans le camp lavallois : le demi défensif Louis-Philippe St-Amant et le receveur Marc-Antoine Pivin.
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Courte victoire des Carabins
Les Carabins (4-0) ont eu le dessus 16-3 sur les Redmen (1-3), vendredi soir, à McGill. On s'attendait à un écart beaucoup plus marqué en faveur des représentants de l'Université de Montréal. Les meneurs au classement québécois devaient toutefois se passer des services de trois de leurs quatre receveurs partants - Guillaume Paquet, Louis-Mathieu Normandin et Raphaël Major-Dagenais -, ainsi que de leur principal porteur de ballon, Gabriel Parent. L'attaque des Carabins n'a ainsi produit qu'un maigre point, sur un placement de 31 verges raté! Quatre touchés de sûreté et une interception de Marc-Antoine Dequoy ramenée sur 66 verges pour le majeur sont au compte de la défensive. Dequoy a réussi deux des trois interceptions aux dépens du quart-arrière de McGill Frédéric Paquette-Perrault (31 en 46 pour 343 verges), tandis que son vis-à-vis Samuel Caron (19/28, 159 v., 1 int.) voyait ses options plus limitées que de coutume.