L'intérieur vide du Rogers Arena, le domicile des Oilers d'Edmonton. 

La LNH et la NBA au temps de la COVID-19

Ça ne fait qu’une semaine.

C’est tout. Seulement une semaine complète depuis que le centre Rudy Gobert, du Jazz de l’Utah, a subi un test positif à la COVID-19. Seulement une semaine complète depuis que la NBA est devenue la première ligue professionnelle en Amérique du Nord à suspendre ses opérations. Une semaine depuis que les sports, dans les faits, se sont arrêtés.

La LNH a rapidement enchaîné le pas et placé sa ligue en pause. La Major League Soccer et le Baseball majeur ont posé des gestes semblables. Le golf a duré une journée avant que l’on ne décide qu’il n’était plus possible de jouer et le sport automobile a été forcé de freiner brusquement ses activités. Les championnats universitaires de basketball aux États-Unis ont été annulés.

La situation, du moins en ce qui a trait aux sports professionnels, est différente pour la LNH et la NBA. Les deux ligues s’approchaient des séries éliminatoires. Elles sont en suspens maintenant, comme à peu près tout le reste dans le monde, et le seul adversaire des meilleures formations de la LNH et de la NBA sur la planète est un ennemi invisible qui se nomme COVID-19 — le coronavirus, une pandémie qui a fait arrêter la Terre de tourner sur elle-même.

«Je lave mes mains tellement souvent, a confié le directeur général des Warriors de Golden State, Bob Myers. Je ne suis pas très porté sur les lotions, mais mes mains sont en train de devenir sèches. J’ai l’impression que mes jointures saignent. Nous avançons tous vers cette inconnue... Ce n’est pas quelque chose que nous avons vécu dans le passé. Ce n’est pas quelque chose que nous pensions vivre un jour.»

Mais voilà, tout le monde entre dans une nouvelle réalité.

Tests positifs

Il y a sept joueurs de la NBA — dont quatre ont été identifiés — dont on sait qu’ils ont subi des tests positifs au virus. C’est aussi le cas d’un porte-couleurs des Sénateurs d’Ottawa.

La NBA, selon une personne au courant des projets, savait qu’elle devrait mettre un terme à ses activités dès que quelqu’un subirait un test positif, en espérant que la pause ne durerait que deux semaines.

Oubliez deux semaines, maintenant. À ce stade-ci, même deux mois semble être un échéancier très optimiste.

«On ne sait tout simplement pas», avait déclaré le commissaire Adam Silver la semaine dernière. Ses sentiments étaient les mêmes lors d’une entrevue au réseau ESPN, mercredi soir.

Dans la LNH,le commissaire Gary Bettman et son personnel gardaient un œil sur la situation moment par moment, pendant que divers plans d’urgence étaient élaborés. À partir du moment où un joueur allait subir un test positif, a dit Bettman aux membres du Bureau des gouverneurs, tous les scénarios sont possibles. La NBA a émis des indications semblables.

Le jeu de dominos

Tisser tous les liens est une mission impossible parce qu’il est improbable de trouver quand et comment Gobert, ou tout autre joueur, a été atteint du virus.

Le Jazz a rendu visite aux Knicks de New York le 4 mars. Les Capitals de Washington ont affronté les Rangers de New York — et fait usage du même vestiaire que le Jazz — le soir suivant.

Les Pistons de Detroit ont affronté les Knicks le 8 mars et, là encore, utilisé le même vestiaire. Environ une semaine plus tard, Christian Woods, des Pistons, subisssait un test positif au virus.

Plus de tests dans la LNH et la NBA

Le test positif de Gobert, annoncé juste avant le match du 11 mars, a créé une onde de choc dans le monde du sport. Des matchs de la LNH étaient en cours, mais Bettman et d’autres personnes sont passés à l’action.

«C’était clair dans mon esprit que peu importe le scénario selon lequel nous allions continuer de jouer, avec ou sans spectateurs, il était inconcevable, certainement improbable, que nous allions compléter la saison régulière sans au moins un test positif», a confié Bettman.

La LNH a eu des moments de frayeur. Le Lightning de Tampa Bay a suivi le Jazz de l’Utah dans la même enceinte sportive dans deux villes, incluant le même vestiaire à Boston. Les Hurricanes de la Caroline ont utilisé le même hôtel de Detroit que le Jazz, et le commentateur John Forslund s’est placé en isolement après avoir appris que la personne qui était demeurée dans sa chambre avant lui avait subi un test positif.

Il a fallu presque une semaine après la suspension des activités dans la LNH pour découvrir un premier test positif chez un joueur. Tard mardi, les Sénateurs ont annoncé qu’un joueur non identifié était atteint de la COVID-19 et que d’autres employés avaient reçu la directive de demeurer en isolement et de surveiller leur santé.

Selon les Sénateurs, le joueur en question souffrait de symptômes légers. Mercredi, l’équipe indiquait que d’autres joueurs étaient testés et faisaient l’objet d’une supervision médicale. La LNH n’impose pas de tests sauf si quelqu’un affiche des symptômes, a précisé le commissaire adjoint, Bill Daly.

Il y a une semaine, peu de gens avaient vu venir un scénario où tout serait arrêté, partout dans le monde. Les dirigeants de la LNH et de la NBA disent qu’ils veulent continuer, mais la réalité est que personne ne peut prédire quoi que ce soit.