Entraîneur de l'équipe canadienne de la téléréalité L'ultime combattant, le Québécois Patrick Côté sera dans l'octogone à l'occasion du gala UFC de Québec.

«La ligue nationale» des arts martiaux mixtes débarque à Québec

Québec n'en sera pas à ses premières armes en arts martiaux mixtes, mercredi, lors du gala UFC au Colisée. Mais toute comparaison avec ce qui s'est fait avant s'avérera inutile. «Ce serait comme comparer les Nordiques aux Remparts», illustre Patrick Côté.
L'Ultimate Fighting Championship (UFC) «est comme la Ligue nationale des combats ultimes. Il n'y a pas plus gros que ça! Ça va être la fête toute la semaine», prédit celui qui s'est battu pour la première fois sous l'égide du grand circuit il y a déjà 10 ans.
Le natif de Rimouski et ancien militaire basé à Valcartier fera les frais de la demi-finale de cette soirée de
13 duels. À titre d'entraîneur de l'équipe canadienne de la téléréalité L'ultime combattant Nations: Canada contre Australie, diffusée cet hiver, Côté (20-8) affrontera son homologue australien Kyle Noke (20-6-1).
À 34 ans, il admet y aller «un combat à la fois». «Mais le but reste toujours le même, devenir champion du monde. Sinon, je ne vois pas pourquoi je ferais ça», insiste-t-il.
Une occasion qui s'est présentée en 2008, quand le Québécois a affronté le légendaire Anderson Silva pour la ceinture des poids moyens
(185 livres), en finale du UFC 90, à Chicago. Côté a été le premier à pousser le champion Silva jusqu'au troisième round, mais une blessure au genou a alors mis fin à ses espoirs.
«Tous les combats sont importants, tout le monde est bon», souligne-t-il, à propos de son affrontement contre Noke. Tournage télé oblige, Côté n'a pas combattu depuis 13 mois, renonçant à un duel en septembre dernier, et Noke depuis 19 mois. «J'ai fait ce que j'avais à faire et je m'en vais là l'esprit en paix», résume Côté.
À l'écran, sa troupe a eu largement le dessus sur celle de Noke. Tellement que les deux finales de cette saison de L'ultime combattant opposeront des Canadiens: le Montréalais Olivier Aubin-Mercier et l'Ontarien Chad Laprise chez les 170 livres; l'Ontarien Elias Theodorou et l'Albertain Sheldon Wescott chez les 185 livres.
Chaque vainqueur décroche un contrat de plusieurs combats avec l'UFC, entente assortie d'un chèque «dans les six chiffres», selon les documents de l'UFC.
Objectif clair
C'est cette même série télévisée qui avait révélé Côté aux amateurs d'arts martiaux mixtes de la planète. En 2006, la quatrième saison, il s'était incliné en finale des poids moyens contre le Texan Travis Lutter.
Celui que l'on surnomme «Le Prédateur» aime la caméra, il est aussi commentateur à TVA Sports. Mais il assure ne pas dévier de son objectif principal. «Je suis sur deux victoires de suite et j'ai gagné six de mes sept derniers combats. Chaque victoire te fait avancer et si je gagne mercredi, ça pourrait m'amener vers un combat de plus grande ampleur.»
Preuve de ses ambitions, il vient de baisser de catégorie de poids. Contre Noke, il en sera à son deuxième combat chez les
170 livres, après sept ans chez les 185. La pesée a lieu mardi après-midi et il se présentera autour de 190 livres dans l'octogone, mercredi. En dehors de ses périodes de préparation, il pèse 210 livres.
«Ça fait trois ou quatre ans que je prépare mon après-carrière. Je suis impliqué dans quelques entreprises en immobilier. Alors je n'ai plus besoin du sport pour vivre. Maintenant, je le fais par plaisir.»
*****
Le retour de Bisping
Le gala de mercredi sera relevé au point où le duel des coachs de la téléréalité L'ultime combattant ne compose même pas la finale, comme c'est pourtant la tradition. Le clou de la soirée sera plutôt le choc entre le Britannique Michael Bisping (25-5) et le Texan Tim Kennedy (17-4), face-à-face de cinq rounds entre 2 des 10 meilleurs poids moyens de l'UFC. Bisping effectue un retour après avoir été victime d'un décollement de la rétine dans l'octogone, il y a un an. Kennedy est un militaire des forces spéciales américaines. Le vainqueur deviendra un aspirant sérieux à la ceinture des 185 livres détenue par Chris Weidman. Bisping est favori. Le combat entre l'Ontarien Sam Stout (21-9-1) et le Californien K.J. Noons (11-6) s'annonce aussi captivant. Dustin Poirier, Sarah Kaufman et Mark Bocek seront d'autres noms à surveiller au Colisée. La carte de 13 combats s'ébranlera à 15h15, avec la deuxième tranche à 17h et le volet principal débutant à 19h.
*****
Un manque de sérieux
Dans la foulée des années Georges St-Pierre (photo), l'intérêt pour les arts martiaux mixtes semble en grande croissance au Québec. Mais pas le développement des athlètes, affirme Patrick Côté. «Dans les dernières années, la progression a été stoppée beaucoup. On manque d'organisations sérieuses pour développer la relève. Il manque de promoteurs honnêtes et sérieux pour organiser des galas. Les jeunes combattants n'ont pas de place pour apprendre», estime celui qui bourlingue dans le milieu depuis 13 ans. Côté rejette du coup l'idée de devenir lui-même promoteur, sans toutefois refuser de prêter son nom comme outil de promotion.
*****
Comme en Chine
Qu'il se batte au Colisée Pepsi de Québec ou au Centre Bell de Montréal, Patrick Côté n'estime pas détenir un quelconque avantage de la patinoire sur ses adversaires. «Ce n'est pas plus de pression non plus. C'est plaisant d'avoir la foule derrière toi, mais une fois dans l'octogone, la tâche reste la même. Que tu sois au Québec, en Australie ou en Chine.» Côté s'est produit deux fois au Colisée, prenant la mesure de Todd Brown (gala Ringside 11) en 2011 et de Bill Mahood (TKO 16) en 2004. Il s'est aussi déjà battu à Victoriaville, à Boisbriand et sept fois à Montréal, dont ses deux plus récentes sorties au Centre Bell, deux victoires.