L'ancien de l'Impact de Montréal Blerim Dzemaili (soulevé par son coéquipier Breel Embolo) et ses compatriotes suisses parviendront-ils mardi à remporter le premier match éliminatoire de l'histoire du pays?

La journée des pays «néophytes»

MOSCOU — Colombie-Angleterre et Suède-Suisse : les deux derniers huitièmes de finale du Mondial 2018, au programme mardi, enverront au tour suivant deux équipes peu habituées aux sommets planétaires. Les vainqueurs de ces deux matchs s’affronteront en quart de finale, samedi.

Suède c. Suisse (10h)

Suédois et Suisses se sont appuyés sur les mêmes forces collectives (solidité et organisation) et individuelles (Shaqiri, Xhaka côté helvète, Granqvist, Forsberg chez les Scandinaves) pour atteindre ce niveau.

Reste la dynamique... Dans ce domaine, les Suédois partent avec un avantage après leur succès sur le Mexique (3-0) qui leur a permis d’arracher la qualification, après un scénario rocambolesque, au détriment de l’Allemagne. Surtout, les Nordiques rêvent de faire mieux que la glorieuse équipe de 1994, troisième du Mondial américain. Sans parler des finalistes de 1958, lors du Mondial disputé à domicile.

En revanche, les Suisses promènent un problème sérieux dès qu’approchent les matchs à élimination directe. Quarts de finalistes en 1954 à domicile, à une époque où on accédait directement au top 8 après le premier tour, les Helvètes ont échoué à trois reprises en huitièmes de finale (1994, 2006, 2014). Ainsi, la Suisse n’a jamais remporté le moindre match éliminatoire en phase finale de Coupe du monde.

Mais la «Nati», sixième nation mondiale, possède quelques individualités susceptibles de faire la différence, notamment Xherdan Shaqiri, d’origine kosovare, auteur d’une performance de haut vol face à la Serbie (2-1).

Colombie c. Angleterre (14h)

Pour vivre heureux, vivons cachés... Depuis leur seul titre mondial, décroché en 1966 à la maison, les Anglais brandissent leurs ambitions à chaque Coupe du monde. Sans résultat. Cette fois, ils ont opté pour la discrétion : camp de base retiré, discours policé, polémiques évitées avec les journaux tabloïds.

Et la recette semble fonctionner. La sélection de Gareth Southgate, habile jusque-là pour déminer les conflits et assurer l’ambiance, s’est montrée convaincante et propose un football offensif. Avec ses richissimes cracks de la luxueuse Premier League, l’Angleterre a presque fait oublier sa longue tradition de contre-performances.

Sa défaite contre la Belgique en clôture du groupe G (1-0) a toutefois rebattu les cartes, même si elle a permis de faire reposer les cadres, dont le buteur et capitaine Harry Kane, meilleur artificier du tournoi, avec cinq buts. Son duel avec Yerry Mina constituera l’une des clés du match. Le défenseur central colombien a déjà inscrit deux buts et, surtout, participé au renouveau des Cafeteros.

Les Colombiens, après un début raté face au Japon (défaite de 2-1), ont enchaîné avec deux performances convaincantes face à la Pologne (3-0) et au Sénégal (1-0). Problème : les Cafeteros, quarts de finalistes en 2014, sont dans l’incertitude concernant la participation de leur joueur étoile James Rodriguez, à nouveau touché à un mollet face au Sénégal.

Qu’importe... La sélection de l’Argentin José Pekerman compte également dans ses rangs, outre Mina, quelques individualités susceptibles de faire basculer le match comme le gardien David Ospina, le gardien d’Arsenal, Juan Cuadrado, l’ailier de la Juventus, ou le buteur de Monaco Radamel Falcao.