Les deux plus grands capitaines de l'histoire des Sénateurs, Daniel Alfredsson et Erik Karlsson, étaient réunis sur la patinoire extérieure de la Place TD, vendredi.

La grand-messe du hockey

Comme cerise sur le sundae des célébrations du 150e anniversaire de la confédération, quoi de plus Canadien que de tenir une grande fête du hockey sur deux patinoires extérieures ?

En préparation depuis un an, le rêve qu’était la Classique 100 de la LNH est vraiment devenu réalité vendredi alors que les Sénateurs d’Ottawa et le Canadien de Montréal ont tous deux mis les patins sur la glace aménagée à la Place TD du parc Lansdowne, où ils s’affronteront samedi soir devant environ 36 000 partisans lors d’une rencontre qui se veut historique.

Un mois après la coupe Grey présentée au même endroit, cette partie vient mettre un terme aux célébrations du centenaire de la LNH, dont le premier match officiel opposant les deux mêmes équipes a été présenté le 19 décembre 1917 à l’Aréna d’Ottawa, le Tricolore remportant un gain de 7-4 grâce aux cinq buts de Joe Malone aux dépens du gardien Clint Benedict, qui ont éclipsé le tour du chapeau de Cy Denneny contre George Vézina.

Ce sera le 23e match extérieur de l’histoire de la LNH et il y a une possibilité pour que la capitale nationale éclipse le record du match présenté dans les conditions les plus froides. Certains météorologues anticipent que le mercure se retrouvera aux alentours des -16 degrés Celsius en soirée, sans le facteur éolien. Le Canadien et les Oilers d’Edmonton, qui ont lancé la mode moderne des parties en plein air, ont joué alors qu’il faisait -18 Celsius le 22 novembre 2003 à Edmonton, moins-30 en prenant le vent en considération.

Comme les conditions atmosphériques seront les mêmes pour les deux équipes, l’entraîneur-chef des Sénateurs Guy Boucher veut d’abord que son équipe se concentre sur l’adversaire que représente le Canadien, lui qui a remporté ses cinq derniers matches contre Ottawa, incluant les deux premiers cette saison. 

« Ce que nous devons faire, c’est parler de ce match comme si c’était un match normal. On sait tous que c’est différent, la surface glacée n’est pas pareille, on doit l’essayer et s’y habituer. Être dehors, c’est autre chose aussi. Mais quand la rondelle va être mise au jeu samedi, on va s’être préparés en conséquence. À ce moment, il faudra donner un show... C’est gros, mais c’est plus gros à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’équipe. C’est surtout excitant pour beaucoup de monde », a dit Boucher avant la séance d’entraînement des siens vendredi matin.

Son club n’a gagné que deux de ses 14 derniers matches et a grand besoin des deux points au classement, tout comme Montréal d’ailleurs, qui joue pour exactement ,500 cette saison. 

Les dernières semaines depuis que le club est revenu d’une série de deux parties à Stocklhom ont été turbulentes, avec toutes sortes de rumeurs concernant des échanges et même la vente possible de l’équipe par le propriétaire Eugene Melnyk. Ce week-end devait être une occasion d’oublier un peu tout ça, jusqu’à ce que ce dernier rencontre la presse vendredi soir en marge du match des Anciens disputé sur la Colline parlementaire.

Plusieurs joueurs de l’équipe ont déjà vécu l’expérience de jouer en plein air. comme Derick Brassard (deux fois) avec les Rangers de New York, et Dion Phaneuf alors qu’il était capitaine des Maple Leafs de Toronto et qu’ils ont affronté les Red Wings de Detroit devant 100 000 spectateurs à Ann Arbor, au Michigan, pour le Jour de l’An en 2014. « C’est toujours plaisant d’y prendre part, c’est une fin de semaine spéciale où on peut célébrer le sport que l’on pratique. J’ai grandi à Edmonton, avec une patinoire que mon père entretenait dans la cour arrière. Ça rappelle de beaux souvenirs », a dit Phaneuf.

Pour le Gatinois Jean-Gabriel Pageau, il s’agira d’une première, lui qui était un régulier sur la patinoire de son quartier, à St-Jean-Bosco, avec ses amis en grandissant. « Un match à l’extérieur, ce n’est pas quelque chose qu’on va vivre tous les jours. Pour moi, c’est une première fois et c’est excitant. En pratiquant ici, on va avoir une meilleure idée de combien d’épaisseurs de ‘combines’ on va avoir besoin », a blagué le Gatinois.

Jean-Gabriel Pageau et sa conjointe Camille Beeby ont profité de cette séance de patinage devant le parlement alors que Carey Price et le Canadien s’entraînaient à la Place TD.

Un match entre son ancien club junior, les Olympiques de Gatineau, et les 67’s d’Ottawa viendra clore ce week-end de hockey en plein air dimanche après-midi.