Français et Danois se sont livré un soporifique match nul de 0-0, mardi, où l'accrochage a régné en maître.

La France première au terme d'un match insipide

MOSCOU — Rarement un match nul l’aura autant été. L’équipe de France a rempli son objectif de terminer à la première place du groupe C, mardi à Moscou, au prix d’un 0-0 totalement insipide contre le complice Danemark, également qualifié pour les huitièmes de finale.

Le public du stade Loujniki à Moscou a même sifflé Bleus et Danois devant un tel triste spectacle... «On est capable de bien mieux faire et on va le faire dès samedi», a promis l’avant-centre Olivier Giroud en faisant allusion au choc éliminatoire contre Lionel Messi et l’Argentine.

Les sifflets? «Ma foi, quand on est spectateurs, on veut voir un spectacle, des buts», a noté Giroud. «On est désolé d’offrir ce premier 0-0. Maintenant, s’il y a une équipe à blâmer, c’est plutôt le Danemark, qui ne sortait pas et jouait la montre à la fin.

«En première mi-temps, c’était pas trop mal, mais en deuxième, c’était une purge. Cette équipe [le Danemark] s’est contenté de la deuxième place, on l’a vu en deuxième période, maintenant on ne va pas remettre la faute là-dessus, on aurait dû et pu mieux faire dans l’animation offensive. Il aurait fallu un peu plus de fougue, de folie, être un peu entreprenant et tenter plus de choses. [...] C’est le genre de match très frustrant, pour tout le monde.»

Pas de risque à prendre

Didier Deschamps, coach des Bleus, n’a pas caché que son équipe n’avait pas forcé, sans doute pour ne pas risquer de cartons —  Paul Pogba, Blaise Matuidi et Corentin Tolisso n’ont pas joué — et blessure en vue du huitième de finale. «Ils ne viennent pas, on ne va pas non plus aller les chercher s’ils ne veulent qu’un point. Il n’y avait pas de risque outre mesure à prendre non plus.»

«On a obtenu ce qu’on voulait. Maintenant, la montagne va se présenter, mais on est là, avec beaucoup d’humilité et d’ambition pour déjà passer la prochaine étape», a ajouté Deschanps. 

Pour les partisans de la France à la recherche de signes prémonitoires, les Bleus ont remporté leurs trois titres (Mondial-1998 et Championnats d’Europe 1984 et 2000) en battant chaque fois le Danemark en phase de groupes...

Les Danois ont entonné le même refrain. «Nous avons fait ce qu’il fallait. Nous aurions été stupides d’offrir de l’espace à l’équipe française», a déclaré le sélectionneur Age Hareide, dont l’équipe n’avait plus atteint les huitièmes de finale depuis l’Euro 2004 et la Coupe du monde de 2002.

La suite s’annonce ardue pour le Danemark, qui a rendez-vous dimanche avec la Croatie, dont l’équipe B a éliminé l’Islande 2-1, mardi. Milan Badelj (53e minute) et Ivan Perisic (89e) ont marqué pour les Croates, tandis que Gylfi Sigurdsson (penalty à la 76e minute) a répliqué pour l’Islande, qui devaient l’emporter pour espérer poursuivre sa route.

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PREMIER MATCH SANS BUT

Le score vierge qui a départagé France et Danemark est le premier 0-0 du Mondial, après... 36 matchs, où un but au moins a été marqué. Il s’agit d’un record dans l’histoire de la Coupe du monde, où jamais autant de rencontres d’affilée avaient accouché d’un but ou plus en début de Mondial. En 1954, aucun match ne s’était terminé sur ce pointage. Mais cette Coupe du monde ne comptait que 26 rencontres, contre 64 aujourd’hui. À noter que c’était presque écrit que les Bleus allaient mettre fin à la série. Au Mondial-2014 et à l’Euro-2016, ils avaient déjà terminé leur phase de groupe en annulant 0-0. 

Par ailleurs, le sélectionneur Didier Deschamps a dirigé son 79e match à la tête de l’équipe de France, égalant le record de Raymond Domenech. En charge des Bleus depuis 2012 après le départ de Laurent Blanc, Deschamps a remporté 49 victoires, pour 15 nuls et 15 défaites, parvenant notamment jusqu’en finale de l’Euro-2016, perdue contre le Portugal (1-0 après prolongation). Domenech (41 victoires, 24 nuls et 14 défaites) avait dirigé les Bleus de 2004 à 2010, avec une finale de Coupe du monde perdue contre l’Italie (1-1, 5-3 aux tirs au but) en 2006, puis le scandale de Knysna quatre ans plus tard, avec la fameuse grève des joueurs en Afrique du Sud après la mise à l’écart de Nicolas Anelka, qui avait insulté le sélectionneur.