La finale tant rêvée

À revanche espérée, reprise d’une finale rêvée note notre journaliste Olivier Bossé. Le 54e match de la Coupe Vanier oppose les mêmes équipes que l’an passé, encore les deux meilleures du football universitaire canadien. Équipe hôtesse et champions en titre, le Rouge et Or et les Mustangs de Western sont les deux clubs les plus titrés de l’histoire, en plus d’occuper les deux premiers rangs au classement national depuis deux ans. Et contrairement aux duels contre les Carabins de Montréal, attendez-vous à beaucoup de points!

Plus de risques

Le Rouge et Or veut soulever la Coupe Vanier une 10e fois, ce qui donnerait une deuxième bague en trois ans. Mais les gars de l’UL doivent stopper la séquence de 23 gains consécutifs des Mustangs, deux de moins que le record de 25 du R et O de 2012 à 2014.

«On est passé par là, tu ne penses pas que tu peux perdre. C’est une confiance qui flirte avec l’arrogance. Je les comprends : la dernière fois qu’on a joué contre eux [en finale 2017], ils nous ont battus [39-17]. Et ils ont la même équipe ou plus forte», analyse l’entraîneur-chef Glen Constantin.

Le chemin à suivre jusqu’à l’ultime victoire s’annonce donc inhabituel pour la bande de Constantin, dont les succès reposent d’ordinaire sur une défensive hermétique au possible. «Il est impensable de croire que Western ne marquera pas de points», analyse le coach. L’offensive des Mustangs a été la plus productive au Canada avec 387 points durant le calendrier régulier, contre 307 pour Laval.

Le Rouge et Or devra donc être plus agressif à l’attaque. «On doit offrir une production offensive plus intéressante que contre les grandes défensives de Montréal. On ne pourra pas jouer timidement, faudra prendre des risques», admet le patron.

Surprenant par ailleurs d’entendre cette semaine des joueurs du Rouge et Or clamer qu’ils seront mieux préparés qu’à pareille date l’an passé. Surtout quand la grande force qui porte le club de l’UL dans une 11e finale canadienne en 16 ans, sa troisième de suite, c’est justement la préparation. «L’an dernier, on les a sous-estimés», a reconnu le quart-arrière Hugo Richard.

Constantin table aussi sur le fait que ses effectifs sont en meilleure santé qu’il y a 12 mois. Moins de blessures, en plus de ne pas avoir eu à quitter Québec depuis le 13 octobre. En 2017, les dernières semaines s’étaient vécues dans les hôtels de Calgary et de Hamilton.

Le contrat ne s’annonce pas moins imposant. «Pour être champions, faut battre les champions. On a une chance de remettre les pendules à l’heure», conclut Constantin.

À la sauce québécoise

Même si les Mustangs font brillante figure à la recherche d’un huitième titre canadien et d’une deuxième saison parfaite consécutive, la Coupe Vanier de l’an passé était seulement leur première en 23 ans. Près d’un quart de siècle, aussi longtemps que l’existence du Rouge et Or.

Le retour en force des résidents de London, en Ontario, coïncide avec le recrutement de plusieurs Québécois au cours des dernières années. Les joueurs issus des cégeps sont plus âgés, donc plus prêts autant sur le terrain qu’en classe, confirme l’entraîneur-chef Greg Marshall.

«If you can’t beat them, join them!» résume Marshall. Ce qui se traduirait par «si vous ne pouvez vaincre vos ennemis, faites-en vos amis». Pas moins de 10 Québécois font cette année partie de l’alignement des Mauves, où Cedric Joseph, Grégoire Bouchard et Philippe Dion occupent des rôles prépondérants.

À l’instar de leurs rivaux de samedi, les Mustangs comptent sensiblement sur les mêmes éléments que l’an dernier. «Je ne dirais pas qu’on est meilleurs, on est très similaires à l’année passée. 

On a perdu quelques morceaux importants pour la LCF et deux autres à l’école de médecine. Mais les gars qui sont encore là se sont améliorés, comme notre quart de quatrième saison Chris Merchant et nos receveurs», estime Marshall

Nouveauté toutefois pour les protégés de Marshall : l’ambiance et le bruit du stade du PEPS. «Ce sera une grosse différence par rapport à Hamilton. On a beau s’être entraînés avec du bruit cette semaine chez nous, les gars ne pourront pas vraiment comprendre avant d’embarquer sur le terrain», reconnaît le Mustang en chef.

Voilà une porte ouverte dans laquelle le Rouge et Or pourrait s’engouffrer dès le début de la rencontre. En deux participations au match de la Coupe Vanier à Québec, les Lavallois ont eu le meilleur les deux fois avec assez d’aisance. On sait que l’an prochain, la Coupe Vanier sera aussi présentée à l’Université Laval pour une sixième fois.

Western visera samedi à devenir la sixième équipe à gagner le gros trophée deux années de suite.