Nick Van Stratten

La fin pour Van Stratten et Tissenbaum

La défaite de samedi en finale de la Ligue Can-Am a été très difficile à avaler pour les joueurs des Capitales, mais encore davantage pour Nick Van Stratten et Maxx Tissenbaum, dont c’était probablement le dernier match en carrière.

Pour Van Stratten, un voltigeur utilisé comme frappeur désigné durant les séries en raison d’une blessure à l’épaule, la décision était finale et sans appel malgré la profonde tristesse qu’il ressentait.

«J’ai obtenu ma certification en prévention des incendies et je pourrai donc devenir pompier l’an prochain. C’est le temps d’accrocher mes crampons», affirmait-il, les larmes aux yeux, après la partie.

Résidant à Kansas City, l’ancien espoir des Royals maintenant âgé de 33 ans n’a pas caché que sa blessure à l’épaule avait joué un rôle important dans sa décision.

«J’ai reçu une infiltration de cortisone, mais après le troisième match contre Rockland, je ne pouvais plus jouer en défensive à cause de ma blessure. C’est dur d’essayer de rester en santé à chaque jour.»

«Si ce n’était pas de mon épaule, je pourrais trouver un poste dans une équipe de la Ligue du Mexique et tu peux gagner ta vie à jouer au baseball là-bas», poursuit celui qui avait joué pour les Broncos de Reynosa et les Salaperos de Saltillo en 2015 et 2016.

«Il est maintenant temps de m’installer quelque part pour de bon. Je suis venu ici et je ne gagnais pas beaucoup d’argent. Mes parents me demandaient ce que je faisais là, mais j’ai apprécié chaque jour passé à Québec. C’est une ville fantastique avec des partisans fantastiques», a-t-il poursuivi.

Amertume

Quant à Tissenbaum, il prévoit retourner à New York et tenter de trouver du travail dans le domaine où il a étudié. «J’aimerais trouver un emploi où je pourrais mettre à profit mon diplôme, que ce soit en marketing ou en vente», poursuit celui qui a passé trois saisons comme receveur et deuxième but avec les Caps.

«Je crois que c’était mon dernier match... J’aurais aimé que ce ne soit pas aujourd’hui, mais je crois que c’est le cas, même si rien n’est certain», a-t-il déclaré, lui aussi étreint par l’émotion.

«Je croyais qu’on pouvait gagner, je crois vraiment en ces gars, mais c’est le baseball, tout peut changer avec un lancer, un élan», analysait-il à propos du douloureux circuit décisif de Martin Figueroa des Miners de Sussex County.

«Vous savez, le baseball, c’est tout ce que je connais! Toute ma vie, je me suis rendu au terrain de balle à chaque jour, je me suis entraîné et j’ai joué des matchs», poursuit l’athlète de 26 ans, ayant de la difficulté à réaliser qu’il passerait bientôt à l’après-carrière.

Tissenbaum gardera lui aussi un souvenir positif de Québec et des Capitales. «Vous avez les meilleurs fans qu’on peut avoir. Je ne pourrai jamais remercier suffisamment les Capitales. Quand j’ai été libéré par l’organisation des Marlins de Miami en 2016, ça n’a pas été facile, mais j’ai retrouvé l’amour du baseball à Québec.»

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Scalabrini laissera tomber la neige avant de penser à 2019

Encore sous le choc de sa première défaite en finale de la Ligue Can-Am comme gérant des Capitales, Patrick Scalabrini a l’intention de «laisser tomber la neige» avant de penser à la prochaine saison.

«Je sais que j’aurai du travail avec les départs de Kalian Sams, Nick Van Stratten, Maxx Tissenbaum et (le receveur) Adam Ehrlich. Mais je préfère ne pas penser aux Capitales pour une couple de mois, passer un peu de temps en famille car j’ai été souvent parti récemment», a-t-il affirmé samedi après avoir parlé à ses protégés.

«J’ai pris quelques minutes pour les remercier pour la saison, sachant très bien qu’il y avait des émotions difficiles surtout pour les gars dont c’était le dernier match. J’ai été fier d’aller à la guerre avec eux. Ils ont représenté les Capitales avec beaucoup de classe.»

Dix ans plus tard

La défaite aux mains des Miners de Sussex County survenait dix ans après la seule autre défaite de Scalabrini en finale de la Ligue Can-Am en 2008. Il était alors le joueur de premier but des Capitales qui s’étaient inclinés en trois matchs contre les Skyhawks... de Sussex.

«Il y a beaucoup d’émotions... Certains ont le coeur gros et auraient aimé mieux finir ça d’une autre façon. J’aurais aimé mieux ne pas connaître cette sensation», poursuit celui qui avait remporté toutes ses finales depuis qu’il avait pris la relève de Michel Laplante comme gérant des Caps en 2010.

«On l’avait... on pensait déjà au lendemain, au match cinq, à Jay Johnson, notre meilleur lanceur, qui aurait débuté ce match.»

«C’est un moment dépressif et il faudra s’en remettre. Mais là, on tourne la page, on va prendre un million de bières pour oublier ça», a-t-il illustré. Scalabrini ne mettra cependant pas le baseball totalement de côté. «Non, car j’ai mon programme sport-études de baseball (à l’Académie Saint-Louis) et je retombe là-dedans dès maintenant», reprend-t-il à propos du programme qu’il dirige depuis un an après avoir été associé au programme sport-études des Canonniers de Québec.