Les quarts-arrières Trenton Miller, des Stingers, et Hugo Richard, du Rouge et Or

La fin de la longue disette des Stingers?

Quinze ans que les Stingers n'ont pas gagné à Québec. Une éternité dans le football universitaire. Depuis, le Rouge et Or a soulevé la Coupe Vanier huit fois, pendant que ses rivaux de Concordia ne remportaient que cinq petits matchs éliminatoires, aucun depuis 2008. Mais ses disettes tirent à leur fin, espère Mickey Donovan. Ce dimanche, au stade de l'Université Laval, il croit que les choses peuvent changer.
Encore mieux que très bien
«On n'a pas vaincu Laval depuis 2003, quand mon frère et moi jouions. Même que cette année-là, on les avait battus à Montréal. Là-bas, c'est encore plus que ça, c'est 2002. Ça fait trop longtemps!» lâche au bout du téléphone l'entraîneur-chef Mickey Donovan, qui dirige depuis quatre ans formation dont il a jadis été un secondeur étoile.
Mais le temps a passé. Les défaites se sont accumulées. Concordia montre une séquence active de 27 défaites contre le Rouge et Or. Les deux récentes victoires au calendrier régulier intéressent toutefois plus le patron des Stingers. Dont une raclée de 68-16 infligée à McGill, vendredi dernier.
«On a un bon rythme après une grosse victoire et les gars bâtissent leur confiance là-dessus. Par contre, comme coach, tu n'es jamais satisfait. Tu sais que des choses devront être rectifiées. Il faut être capable de jouer comme la semaine passée, mais encore mieux. On n'aura pas trop de neuf jours pour ça.»
Concordia compte sur le joueur offensif par excellence de la dernière semaine au Canada, le quart-arrière Trenton Miller. Ses six passes de touché contre McGill sont une marque d'équipe. Une de moins que le record de conférence établi en 2014 par Hugo Richard, du Rouge et Or.
Les deux pivots qui s'affrontent au PEPS dimanche ont connu une entrée fracassante sur le circuit universitaire québécois, étant chacun sacré joueur de l'année en 2014 et en 2015, respectivement. Les deux ont aussi vécu une deuxième saison plus difficile, mais les voilà de retour au sommet de leur art de passeur.
Contre McGill, autant pour Miller que son équipe, «tout fonctionnait». Mais «Laval fait très peu d'erreurs et contre une telle équipe, on ne peut pas en faire beaucoup non plus», enchaîne un coach réaliste.
Donovan rappelle les deux interceptions lancées par Miller en première demie de la demi-finale de conférence perdue 39-14 contre le Rouge et Or, l'an dernier. Le retard de Concordia à la demie n'était quand même que de 11.
«Si on veut rivaliser avec eux, on ne peut pas laisser notre défensive sur le terrain trop longtemps. Et à l'attaque, il faut produire à la porte des buts», résume-t-il.
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Jouer pour la deuxième place
À travers les coupes et les championnats, rare d'entendre Glen Constantin affirmer qu'«on joue pour la deuxième position». C'était les premiers mots de l'entraîneur-chef du Rouge et Or, jeudi midi, lors de sa rencontre de presse hebdomadaire. Et il a raison. Selon le classement actuel et comme Montréal (3-0) devrait anéantir McGill (1-2) vendredi soir, Rouge et Or (2-1) et Stingers (2-1) luttent dimanche pour le deuxième rang.
Constantin veut surtout bien faire comprendre que personne à l'UL ne doit voir plus loin que Concordia et prendre les visiteurs à la légère. «C'est un match important contre un adversaire que je considère comme très dangereux», tranche Constantin. «Ils sont gros et forts où ils se doivent d'être gros et forts et ils sont grands et rapides où ils se doivent de l'être.»
D'abord, une ligne à l'attaque avec au moins trois colosses de plus de 300 livres protège le quart Trenton Miller. Auteur de 478 verges de gains aériens, la semaine passée. Constantin estime le passeur américain «revenu en pleine possession de ses moyens», après une campagne 2016 plus ardue, en plus de dépendre de cibles de choix comme Vincent Alessandrini et Yanic Lessard. 
Dorénavant, la menace est double chez les Stingers. «Ils disposent du joueur le plus imposant de la conférence en Jean-Guy Rimpel, un porteur de ballon très physique. Il n'est pas du genre à s'échapper pour une très longue course, mais il gagne toujours ses cinq, six verges. Même s'il est stoppé à ligne de mêlée, parce qu'il tombe vers l'avant. C'est vraiment un demi à l'attaque complet.»
Quant à son unité offensive, devant les plaqueurs Wade Leroy Cyr (337 lb) et Michael Sanelli (313 lb) qui affichent un poids combiné de 650 livres, Constantin aime rappeler qu'«il n'y a pas de mauvaises journées pour courir». Le duo de porteurs Vincent Alarie-Tardif et Christopher Amoah aura du boulot.
Pour le reste, le barreur s'avoue encore plus aux aguets qu'à l'habitude pour les jeux truqués de toutes sortes. L'an passé, contre Laval, Concordia avait réalisé une feinte de dégagement pour convertir un troisième essai et poursuivre une séquence qui s'est terminée en touché.